II
« Oui, vous serez mon premier amant, enfant, et vous serez le premier. .
« Et dans le nid de mon sein je vous élèverai ; et, •— que plus d'une dise que vous l'avez baisée sur la lèvre pu lajoue T — votre chaîne je briserai et laisserai choir sur le gazon, afin que vous me quittiez, si vous l'osez I Et nous folâtrerons ainsi rentière nuit, après le jour I m
c Mais, — me laisser être votre second amant, Madame, me permettrez-vous, — le second?
« Je frapperais, alors, si gentement à la vitre de votre fenêtre ; et je me glisserais où jamais homme n'a reposé, — entre les rideaux ; et jamais je ne quitterais ton côté, que l'étoile du matin n'ait fait signe, — dans le lacis de soie de Tembrasscment de tes jeunes bras I »
« Bien; tu seras mon second amant, gentil enfant, tu seras le second.
* Et je veillerai dans l'attente de ta venue, en ma solitaire retraite; et je m'abandonnerai dans tes baisers, — tel un bourgeon au spectacle d'avril, ~ du lever dé la lune jusque l'heure de l'aube, signifiée par la cloche de la tour;, et dans mes bras, je Renfermerai, silencieux, sous le charme, »
« Non I je serai* ton troisième amant, Dame, je serai le troisième ! : . ;
« Et je me précipiterai sur toi — qui te baignes dans un bois solitaire; et je te porterai sur ma selle; et sur le torrent et les. pierres' nous chevaucherons ; et je. te- presserai bien, et, bien, te baiserai, et je ne dirai jamais un mot,-, . jusqu'à ce que tu aies repoussé le bord de la coupe d'amour !»