‹ Mercure de France, tome 6Chapitre 73 sur 125 · SUR LE PESSIMISME I · texte numérisé non relu

SUR LE PESSIMISME I

L'énergie manque aux â mes supérieures énerme 3mU m U I e M^ï Cap * e de les ^tourner 'du otï «entes qu elles sont delà vanité delà vie?

f rt £°£Ï£ i? ™> n ' eSt conséquent que s'il est à la

Î&SZ& - et - e « tisfa «ant de la matière

V optimiste qui aurait recours, pour soutenir «on optimisme» au monde spirituèlet à la vie future avouerait par cela mênfe llnsuffiince 'de Ï'S tence actuelle et serait pessimiste. ;W

néant

iZ n ^% 2 > ulem ?nt dans î'ÎÎTOÔthese" de l possibilité d'une, vie inconnue et supérieure.

Toutes lés religions sont pessimistes.

Le pessimisme seul est capable dés grandes actions : toute grande actiou étant u^révoUe contre ce qui est pour l'établissement de qS chose qui n'est pas encore et à quoi l'on ne iln!

SmiCel?!^ •* *** i^nsSCnt P ; e Le

pessimisme est lame du progrès.

Le pessimiste a l'esprit plus noble et t>lus »or té vers le beau etle bien que l'optimiste S?lnV vait pas un idéal supérieure la Sre il ne trou" verait pas. celle-ci Insuffisante. Le nessimTste esï donc, en^réalité, un idéaliste. Le pSTsmë est le signe de l'aristocratie intellectuSueU foule ne sera jamais qu'optimiste, incapable quelle e* dégrever un univers différent ie celui qu'elle

1*4 MERCYÏOS DE FÏUNCE

Il existe un pessimisme transcendant, qui juge

inutile la destruction de ce qui est, persuadé que ce qui sera ne vaudra pas mieux. IL est pourtant de même essence progressive : mais il méprise les degrés infimes de révolution et ne

tendrait & nen 4e moins qu'à l'abandon définitif

de tout ce qui e*t du ressort terrestre pour l'a-: vènement d s un état surhumain tellement au-, dessus de ce qui existe, qu'incapable de le définir et même de le concevoir autrement que par de vagues désirs, il retombe par cet excès même à l'inaction, se bornant à attendre, à souffrir et parfois, effrayé de son rêve, 'q. désespérer,

Pourquoi le roman naturaliste est-il en général pessimiste ? N'est-CQ pas dire que la vie considérée dans sa réalité est un mal ? La gaieté ellemême nW-ellè pas essentiellement pessimiste, fondée qu'elle est *ur le malheur d'autnii ? I/ins^ piratjon de la majorité de* œuvres gaies n'est, eh effet, pas antre cno*ç que la peinture des ridicules. Je cherche en vain des œuvres joyeuses : celles qui font pleurer font pleurer, et celles qui font rire devraient logiquement faire pleurer.

Le pessimisme s'exprime plus encore pqr le

rire que pjir les larmes;

ïo Le rire est un accès de méchanceté d'un caractère particulier.

il ,'•'!'.

Le sourire peut parfois être le signe d'une jbie

bienveillante, le nre jamais.

ia

Pémocritç était un bien plus grand pessimiste

qu'Heraclite*

Le joie n'ert p« joyeuse,

Au temps des fables, on aurait pu dire : Dieu,

QCTQPRE t fo «5

yoyantle triste sort de rhomme, imagina t>oùr

du^al°^ e è * le tr ^ U ^ SOnt ^ s d ^ modes

«tffe^r? eStUn d *™"*»t que nous jetons sur le mal pour pouvoir le considérer avec plaV

sir» .- * ^*

sunlrii^ r ^^ ^ ««» ou inférieur, ! ou êtee égah ' ap ^ éc ^ r ' « '*'•*■■ -jA» que lui

Nous jugeons de la vie par Ja nôtre Pour arri

a une sorte de plébiscite s«r la vie Et serai t^A ^eme^certain ^e l0 k ré. fl lât à « ïléwSttî! Z3w lï*? de 4 **i i»fr 4e latituSe à latitude! SSïïiVl? ^^f^iS^tPire et les configura:

£??£ d a ?/^^?« r8 ?^ e ! Pes »towteau nord; optimiste au midi I enthousiaste en quatre-vingt-neuf désespéré en quatre,vingt r trèize ! 8 * '

S'il y a du. ridicule à haïr là vie v il v a de U mesquinerie à l'aimer. ! ' T . . ■ U

Soyons tristes, si-tel est notre tempérament, mais pour les autres paraissons gais : on se détourne des tristes comme des lépreux.

La joie est plus inhérente au cœur des hommes

que la tristesse. Ils sont souvent joyeux dans le

malheur, fort rarement tristes dans le bonheur..

Si Von considère le malqui règne dans le monde, on devient pessimiste; mais si Ton songe à celui qui pourrait y régner,, on redevient optimiste,

Louis Dumur. .

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