C. Mxi v
Un Amant?, par Emily. BaoNTfij préface de T. de Wyfcewa (Perrin et Cie). — Malgré la tendresse de M, de Wyzewa pour tout ce qui n'est pasvune découverte ^française, nous pourrions découvrir pas mal de névroses basbleuesques dans notre pays moderne, tout aussi douées que peut l'être Emily Brontë, datant de 1848, ère anglaise. Mais Emily étant morte prématurément, les dieux d'aujourd'hui l'aiment à n'en pas vouloir voir les défauts. Il faut mourir d'abord, être Anglaise ensuite ; le reste vient de soi-même ^ Un Amante traduction de titre aussi grossièrement choisie que possible pour un livre dont toutes les tendances sont indiquées par cette phrase : la colline battue des vents (titre anglais), est une histoire . racontée par une gouvernante avec tout de' luxe de détails que comportent les scènes anglaises. Il y a un tzigane fatal, une jeune fille affolée d'amour pudique et beaucoup d'enfants. Le drame va d'une génération à l'autre. Sauvagerie sinistre d'expressions n'amenant que des faits vulgaires ; et, n'en déplaise a M. de Wyzewa, pas de perversité pour un sou.
Printemps sombre, par Chàjlùïs Cotetl (Bruxelles, La combles), — ■ Ce petit livre acerbe pent être, rots sur le même rang que V Albert de Louis Dumur. Même désespérance en fa.ee de la vie et de l'amour, même abandon de la latte quand
vient l'été de Vàge. Il est certain que M. Charles Cudell est de ceux qui disent bien haut : « Mais laissex-noùs pleurer puisque ça nous amuse. » Au fond, il a raison comme Albert, et termine logiquement une existence condamnée, dès son aurore, par le spleen des révoltés. Très joli morce au de description dans le passage de la mort de la jeune fille <jtte 1 on enterre en état -de putréfaction. Cette pourriture vierge et cependant pourriture infecte est supérieurement rendue par un matéraliste élégiaque. Ecrit avec soin et de-ci de-là poétique, ce petit roman a tou^ le poivre que comporte un livre de blase. ^* %
!La Bataille de Tire-tes-Grègues, par Maxime Ogbt (Savinè).— Bien de l'incohérence en beaucoup trop de pages.
Peau de Satin» par Paul Ponsoixb (Savine).— Il ne s'agit nullement de la polka qui porte ce nom, mais d une femme du monde, « sorte £ animal paresseux dont on masse Ucmr tous les jours », aurait dit le regretté Cladel. Cette femme du monde vit dans un singulier milieu ou on. rencontre des hommes qui se liguent, comme au temps des Habtts notrs, contre la vertu des belles, et font le serment de les deshonor rer pour les punir d'être froides: Puis le plus propre de ces hommes -là . montre des lettres .damantes, après boire... et finit par épouser tout de même la Peau de Satin en question. Vaime à croire que M. Paul Ponsolle, vivant dans le meilleur mondera voulu se distraire de sa profonde monotonie en inventant un autre meilleur mondé plus mouvementé, mais absolument étranger au premier. Chez les viveurs de haute marque, on est quelquefois stupide; seulement,on a généralement peur de la correctionnelle. ^
Poésies, par M me Gvimàn (Savine). — La « prière danser er .jointe à ce livre avertit la presse que M™ Guzman est «Tuteur » d'un legs de cent mille francs « dont les intérêts accumulés périodiquement, serviront a recompenser le meilleur fabricant ou le meilleur inventeur, de moyens d'investigation astronomique, et le capital sera ensuite acquis à celui, quel qu'il soit, qui aura pu établir une correspondance par signaux avec les habitants d'une planète autre que; Mars, àéjà bien connues En tant qu'auteur de legs, M™ Guzman ne laisse point que de se montrer originale; il est malheureusement impossible d'en dire autant de 1 auteur des vers : pièces de circonstances, suivies de proses et de poésies en anglais. Combien M™ Guzman nous eût davantage captives . en nous entretenant de ces habitants de la planète Mars, qu'elle semble si bien connaître ! „
La Dragée haute, par Féunb m Combbeotjssb (Perrin). — Les héros s'appellent Gradinat, Destroipond % Pahngru, Orrftuil, Vauctotson, et enfin il y a un jeune romancier de la.
OCTOBRE 1891 ni
nouvelle école qui répond au nom de Gaston LesseParbèt (Georges d'Esparbès lé saiMl ? }. On se croirait chex ¥wl de Kock, n était fa grrrrrande psychologie de IWvre I En effet, il y a une femme qui se fait faire la cour par Lesseparbès sans vouloir lui accorder même le petit bout de son doigt à sucer... C'est absolument monstrueux de sa part, aussi lesseparbès épouse une jeune fille quelconque et l'aime de guerre lasse. —Il faut aue j'aime cette femme (la jeune fille) parce qu'elle m aime . Et Fauteur s'écrie ; Contre- s en s, déraison 1 . Le cœur n'accepte pas de conditions! —Neuf, originalement conté et de bon goùtl ...
In Morte Virginia Valentini-Zanardelli da Maoe-
rata t Trecento Sont Ht di Tito Zana&deuli (Bruxelles, |J. Morel). — V. Mercure $e France ^ tome IV, page 365;
Pour l'amour des Vers, par Cornélius Pricb (Lemèrre). — M. C, Price a sans doute écrit ses poèmes après de strictes lecture* du Traité dé Banville ; il a tout sacrifié à la richesse de la rime; jamais la consonne d'appui n'est absente, il est vrai — et' cela ne suffit pas poux qu'une rime soit bonne — mais presque toujours le, vêts est rempli avec des mots quelconques, sans couleur et sans harmonie. Et pourtant, à lire quelques vers épars ça et là dans le livre, il semble que M.. Price né manque pas d'un certain don, et peut-être, quand il aura perdu la superstition de la consonne a? appui» trouver rart-il plus souvent l'image et la mélodie, et nous donne rat-il un livre dont la lecture aura quelque charme.
Côrallé, par M™ Guzman. (Savine), — Épisode de ïa Révolution de Saint-Domingue. Un jeune précepteur d'enfants créoles s^éprend ii'.une Jeune fille fiancée à un noble espagnol. Descriptions du pays. Beaucoup de noms d'arbres et de plantes exotiques; la passion dû héros s'en ressent et finit par être décrite en une langue imagée qui ferait le bonheur de deux grands chefs indiens se proposant réciproquement d'entrer dans le sentier de laguerre. Corallé, Tidole, meurt au milieu-de la révolte des noirs, t ce. qui fait pousser au héros quelques anathèrnes bien sentis contre ces misérables préférant leur liberté à la douceur du bâton de leurs bons maîtres, les blancs colons, toujours si gracieux... en la personne de leurs filles sans doute:
Les Vibrations, par Ambdbk Amorxc (Vanier). — M. Amédée Amoric a un faible pour l'aphorisme : il s'en trouve bien une douzaine dans les cent lignes de. sa Fantaisie-Préface, « L'amour ne naît pas, il existe depuis le commencement du monde et s'éteindra avec lui.-...'» A parler franc, nous nous en doutions un peu. « Qui dit amour dit volupté ; la volupté est l'affolement dé la sensitivité, âi-je écrit quelque part... » Sis repetita placent, sans doute, mais... Quant aux poésies,
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elles débutent par un bien mauvais vers ; « Qu'es t-ee que l& tkaason! la ekinso* * % è*t U vie.» *- D'antres Talent mieux, (-. sans jamais toutefois atteindre à Tàxt.
L,* Apostolat Positiviste au Brésil, dixième- circhlair*
annuelle adressée aux cooférateurs du. subside positiviste brési* tien, par Micn&L Lraos ^Rio-de- Janeiro, 30, rue Benjamin- Constant, — Gloria). — Brochure dont le' seul énoncé du titre dît l'importance et l'intérêt.
*»* Dicta ©t Symbole s , premières pars ies r par Jjastou vs. Pon. (Vauier)* — 11 y a un peu de ^out dans la minuscule plaquette de M, ûastori le Poil :. nne dédicace à E* Faguet; un A-propos dit au ba nqnet de la Saint- Charte magne ; un Prologue pour 'une représentation artistique et littéraire ; des \chan~ £on$, des monologues, des calembours faciles et du mauvais français. Il uy manque que des vers.
JOURNAUX ET REVUES
le défaut d'espace nous empêcha, le mois ? demier T de signaler ^il fallait plus qu'une mention) î*étude que donna Marcel Schwôb à la Revue des Deux Mondes, François Villon, d'jprès des documents nouveaux* Moins nouveaux, ces documents, que nouvel le m ent combinés» mais sagacement confrontés les uns avec les, autres, jusqu'à ce que jaillisse Videntité et la véracité de faits et de gestes jusqu'alors pas clairs. Cette notice semble définitive, au moins tant que telle mattendue poussière d*archïvc s n*aura pas été remuée, — et. c'est vraiment agréable de lire un tel travail , après qu'un incompétent, sous la tutelle d*un pins incompétent encore , nous infligeait à ce propos (a la portée de peu) une dissertation de vaudevilliste sentimental (qui fut malmenée ici même). Bans la présente étude, il faudrait lé «savoir spécial . de M* longnon, peut-être, ou de M. Byvanck, pour relever telle hvpothèse simplement vraisemblable, mais pas tout à fait vérïnée ; du moins certaines appréciations déroutent, et Villon fut-il si foncièrement que cela « petit, f ai oie, lâche » — et eut-il tant « l'art du mensonge » , le poète qui semble, en son œuvre, si dûment passionnel? Les faits disent oui, mais les faits, eux aussi, «ont l'art du mensonge* » Enfin, cela
farait assuré et cela nous donne nn Villon pervers, habile i attitude, chef de bande, qui. fait marcher ses compagnons sans marcher lui-même, retors et adroit à fondre aux mains du prévôt, heureux aussi,- càx logiquement la potence avait des droits sur luû C'est grâce à l'étude du milieu, des entoura, .<jue Marcel
OCTOBRE i«ç* f^
Schwob a pu redessiner ce curieux Villon ; aussi «** artidfe eut tout un tableau des mœurs au xv* siècle '; mours des Parisiens, des provinciaux, des goliaids vagabond», deè ecw a euri enfin, ces compagnons de la Coquille auxquels Villon s'vffilaa: Comme 1 auteur nous le fait avec raison remarquer, cette «ogr»hie «permet déjuger phw fténeaseumrt llhowm i coté de som owtyre * ; elle est même pl«s que swrsnaate, — elle est. ■
Une discussion courtoise entre gens dé lettres, des écrivains qui veulent bi.en.se donner la peiue de comprendre Tadversaire et le réfuter an lieu de 1 injurier, le fait vaut qu'on le note. M, Brunetière. détourne ses lecteurs d'apporter lenr obole pour l'érection dW monument à Baudelaire. Pourquoi?
M, Brunetière, écrit M: 'Charles Morice dans le tîo&al i^ septembre), « a pris un parti dans la vie spirituelle, et selon le mot de Diderot « il y reste attaché ». C'est là sa force. — Hélas, c'est aussi sa faiblesse.*Pour ne pas se contredire, M; Brunetière s'entête; c'est la crainte de se tromper qui lui fait commettre ses pires erreurs. Il a n'es principes qui donnent. à sa. vie intérieure une forte unité, mais qui la resserrent et la restreignent étrangement* Ses préoccupations de moraliste ont toujours gêné en lui- et, à la longue, ont dépxavé le littérateur, Yartiste soucieux — • d'abord ï — de beauté. Comme il est sur "de ses principes, il, réprouve tout ce qui ne s'harmonise pas avec eux ; par malheur, il les consulte souvent hors de cause et il arrive que ce juge sévère condamne, alors que .« l'espèce » n'est pas de son ressort, Cest pourquoi il est rarement d r accord avec les poètes : à l'ordinaire nous aimons ailleurs, lui et nous, et sa violente attaque contre Baudelaire . — fût-elle la, première ~ et c'est une récidive — n'était pas pour nous surprendre. »
. D'autre part, AL . Georges Rçdenbâch, dans le Flgarp du 6 septembre/ trace ce petit portrait de M. Brunetière ; â ; Son .style est austère, protestant. Sa parole aussi,- incisive et froide comme un giaçaii. Etdesyeux qui ont l'air inexorables, derrière le givre du lorgnon l Et le minimum de gestes ï Pas d T orne- . ments pour, dire sa pensée.. Pas d'ornements non plus autour de lui* Il faut le voir dans ce petit cabinet de travail de la Revue des Deux Mondes où U passe sa vie, vide et froid, avec sur le mur un papier de tenture vert, d'une couleur exaspérante, un casier aux cartons verts, une pauvre lampe avec abat-jour vert. Tout est vert, d*ùu vert de prairie, acide et implacable, d'un vert nu T sans tableau ni une gravure piquée, ni rien ï Cela aussi prouve combien les idées seules intéressent M, Brunetière ; combien l'esthétique dans la vie lui est aussi indifférente que l'esthétique dans les livres. La Beauté ne lui importe pas, mais lé texte. Encore une fois, c'est un proies- "tant* ».
Dernière heure. ^— M. Brunetière déclare dans le Fig*r*
S o septembre} que son cabinet de travail n'est'' point vert-;ais il persiste a dénoncer une Une Charogne } de Bande -
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laire comme une « idée banale dégradée [encore] au moyen de moU«îe» .'- Pourquoi M. Brùnetière n'a-t-il pas repondu à l'S "précité de dharles Morice? Ily ert ^«ment dit que l/»« ckarognt est une poésie hautement spmtuaUste.
Dan» Maranin fur Litteratur (20 août), sous le titre de pT^M^FTrHistotre littéraire une intéressante etud e de M Alfred Kerr sur la genèse des œuvres littéraires. Sans coupait le, livrés d'Emife Hennequin, M Kerr critique adroite-, ment la théorie des milieux de Taîne. L'écrivain ne fournira pt?» d'nïttks document, sur les mœurs de «on époque mais 5e son œuvre on conclura à sa propre ■**!«««£«»£ ™ " lui-même l'objet observé et contribuera ^««« &£*** à la connaissance de l'âme humaine. • Wilhelm bcnerer a posé ^mme principe de critique de scruter jusque dans «s,
aeuVs S»e P nce que la vie h ^^^^f^^A modèles étrangers ont exercées sur un ouvrage » £ essentiel serait de connaître Iftat d'esprit du poète pendant la «**"£ Les auteurs font silence ordinairement sur les affres qu ils
t«versenï"endant le W^.yW^SC Si la ioie est grande des premières conceptions artistiques,
combien ne ?JL pas retenus F"™*™^£K?SS d« naoier « On verrait d'étranges choses, dit quelque part le compositeur Robert Schumann, si l'on pouvait poursuivre chaquTœuvre d'art jusqu'au fond même de son ongine^ >» I3er aimait à écrire, dit-on, en respirant des pommes nourries, Sterne ne travaillait que malade. Pourquoi *«hard $a£er ornait-il son appartement d'enigmaùques chiffons et inexplicables falbalas ? Novalis avoue ne lire des ouvrais* philosophiques que pour y chercher des inspirations poétiques OuTntl M. ludwig Tneobul Kosegarten, qui n est P^ùl poète immortel, il ne peut faire de vers que couche sur le ventre- v JH. À." ■ ' *'
L'Art Moderne (Bruxelles, n°' ■*»'«.*** f^l publie une traduction inédjte de l'essai de R.-W. *™«^ sur le Potte. - « Le signe auquel on reconnaît le poète est elui-ci : il annonce ce que personne n'a prédit avant lui. 11 est le seul vrai savant ; il sait, il dit ; luï seul nous apprend du nouveau, cor il était seul présent aux m »*»^« "S: mes des choses qu'il décrit (5'est un contemplateur ^«^ il énonce les choses qui existent de toute nécessite comme les choses éventuelles... 2 Poète : prophète. Vo.La quinous sort un oeu des si vaines discussions d école. «...Nos poètes sont desCmmesde talent qui chantent, ils {« ^»V£ 8 J£i££* de la musique! Pour eux, la pensée est la *<%£%?g£L* le fini la ciselure des vers est le principal... » Kien ae enauge sou ™e soleil. •-. Car ce ne sont pas les rythmes, mais la ^e, créatrice du rythme, qui fait le poème i™&™ si passionnée, si vivante, que comme IW'^-f^S ou d'un animal, elle .1 une prchtUcturtquilutjst^oprc^ orne la nature d'une chose nouvelle... Le talent, peut folâtrer
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et jongler;, le génie réalise et ajoute*.. Tout le monde est. quelque peu intéressé à l'avènement d'un poète, et nul ne sait combien il peut en profiter... Il dit la parole la plus traie — entre toutes "les paroles qui ont été prononcées — et sa* phrase sera la plus opportune, la plus musicale .la plus infaillible des voix de la terre a ce moment* —-Tout ce <|uc nous appelons l'histoire sainte atteste, que la naissance dun poète est 1» principal événement d.e la chronologie»., * ■ -
De Nieuwe Gids (Août): De Slag, description de bataille tirée de l'historien arabe Tabari par le IK G. van Vloten ; — Het Beginsel der Psycho-Thérapie, jjar M. Erederik van Eeden ; — deux articles de M. Delang, Filû\ofie et Zuke Prins ; —*Eigendom en de Maatschappelijke Deugd de Zedelijkheid, par M. R-M. Wibaut; — Met tegemooordig &tandp**t-der Crimineele Anthropologie en der Toerékenhaarheid r par le D* A* Aletrino ; — Anaxàgoras of over de smart^ par M. Ch.-M, van Devênter; — Dragamosus (suite), par Ary Prins; — Gekken (fin),paTM*Jac.van Looy;—de M. Trans Erens : De Processie et Wind;,— Mélodie en Gedtchfe, par '"M. Alphonse DUpenbrock : excellente prose ; v— de M. G.-K* van den Bosch, une courte prose : Blee k Mietje t et deux poésies : Woor eem. lief Meisje et Woor een èrnstig; Meisje ; — Kunst, par M. Jan Veth. ■" " :■'■''..■ " ■ - -
. ■ :. ", ^ < a. Vo
En Angleterre, la « petite revue ». la revue d'art, la revue . sans préoccupations commerciales n existe pas. Ce genre de périodique, toujours fondé par dé jeunes écrivains auxquels sont fermé» les journaux â caisse et les recueils à chèques, n'a aucune raison d'être en un pays où soixante magazines, sans compter les américains , prospèrent, appuyés stfr un large et . . solide public. Il n'y a pas, comme eu France, un, surcroît de copie : la. demande couvre l'offre, et tout s'imprime et tout se paie, — bon ou mauvais, pourvu qu*on y respecte « Miss Grundy ». Je ne vois donc à la Pagan Review (dont le premier numéro nous arrive de Rudgwick Sussex) d'autre but avouable que de choquer systématiquement la pudeur de l'honorable et traditionnelle vieille fille. Mais Miss Grundy ne capitulera pas. Elle sait que rhypocrisie est un solide verrou . qui garantit sa liberté, et elle continuera à faire ses mines pourvu qu'on la laissé s'en faire faire d'autres en catimini, se saoulera l'ombre dé sa feinte candeur et se payer lés Highlanders dont les muscles lai plaisent.
Maintenant, il y a sans doute dans Pagan Revtew un but artistique' et même philosophique, ~— mais le prospectus . est obscur et ce qui le suit ne l'est pas moins. D'assez jolies pages, dans le goût de celles qui encombrent les «petites revues», françaises, et, à côté, du pseudo-naturalisme tel que ce roman intitulé The Sangans et où les personnages, français, usent pour ébaubir Miss Grundy d'une langue que Fauteur croit du
Îtarîsien,. mais qui n'est que cet international argot parlé dans es romans' suisses — légers. The Black Mddonna^ par W.-S. Fanshawe, est assez étrange. A la fin, des notes et Panalysc
iSa MERCV1E M F1AKCE
L épigraphe «t spirituelle : Su tr*m»t g I*n
..* rar/i rfrt^acrt xro article «ecroiogiqiK: »*""*• 7 . »
. Stuart Hemll.
14 Grmndi* Tus PiUGam.
hmne 2*»rr,cwi sacre « article 22S2S • Dteitfc !*«
„n vrai *«"£«* ' » Veriew tout ce qa'U U«cbait, plu» au commue, prenait au «*»?■* " ■ ^ manifestations ;
SS& "AfiïSÏ «ffieeïS* jusque grotesque,
gien barbare »W«» *«* £ ^S "££ dans tout ce qu'il S^^bïïJTJS^ *i«Ar, sans restriction,
"T SïïS^Ste lui a pas pardonné. Là-tas, où les différences
■*. te lgStaî t à I ÏÏÏÏ?dV:» bateuu de pêche en-pleine mer, et *' M-^Ërnolm analyse ensuite, arec l'intensité qu fK^
ve les de g^W™^ Anarchistes , avec des notes sur. SS*l&fc ^ Fi- ^potkin,, lès Jouxnalistes.de la
sur le P. A^moArpio de ..Velasc oc lerc^ reçu . ^ cette théorie a reçu *oa expieswwii ** r
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Leitrts «^ Têdùc*lîou esthète*** de Schiller. — Ponr M. G*yau, a» «ratraire, Fart, bien foin d'être la fbrtoe supérieure «t idéale du jeu, nfca présenterait aucun' des caractères saillants et ne. serait autre chose que le développement de l'utile et de l'agréable... » L'auteur examine les deux doctrines t puis conclut par. un* moyeu ternie t «... L*art n'est ni le ^dérivatif dujeu m une forme de Futilité, mais bien la résultante d'un sentiment sut gcHcris absolument irréductible.» — Dans le même numéro, M. Alexandre Cohen signe une intéressante biographie de Multatuli (Edouard Douvres Deï&er, I03O*-iS&7V l'original écrivain hollandais, dont il a traduit plusieurs fragments -pour la Revue de- l 'Evolution. Maltatuli fut d 1 abord fonctionnaire supérieur du gouvernement hollandais dans les Indes : « Nommé au commencement de 1856 assistant-résident à Lebàk, dans la résidence de Bantam, il s'aperçât aussitôt " que la, misérable situation matérielle de la population indigène, était due principalement à roppressi on e3P /exploitation éhontées.du régent indigène de ce district, un prince javanais... soutenu par le résident de Bantam en personne* » S'étant im- — posé la tâche de protéger les indigènes contre, toutes lès exactions, il envoya de nombreux avertissements au régent javanais, qui, protégé par le résident, n'en tint pas compte. . '."«„. t)ouwes Defcker se crut enfin obligé de s'adresser directement au gouverneur général, pour réclamer la mise en accusation du régent; — Pour, toute réponse., il reçut une missive \. lui exprimant le mécontentement du vice-roi et lui annonçant son déplacement dans un autre district dé Java < ou.il -dépenu drait de sa conduit* ultérieure' s'il pouvait être maintenu
gouverneur)
pour expliquer sa conduite. Et c'est trois ans après, en 1859, que, sous le pseudonyme de Multatuli, conservé dans la suite, il publia Max-BavcUiar^ «... un livre extraordinaire, étrange/ ou s'entremêlent, la douceur et la colère, le sarcasme impitoyable et le sentimentalisme confinant à la mièvrerie;;. Livre qui, dans le inonde parlementaire hollandais *t parmi les marchands dé mélasse et de café enrichis par l'exploitation coloniale, fit Y effet d'un pavé lancé dans une légendaire mare à grenouilles-;. T>e ; partout Multatuti reçut des lettres d'injures, de menaces, et il se; vit T à la fin,, obligé de quitter la Hollande
Ïour habiter d^abord Bruxelles, ensuite en Allemagne? à Nîederngelheim». une petite ville sur lé Rhin, où il est resté jusqu'à sa mort, survenue le 19 février 1887. — L\»nyre.&e Multatuli est considérable, et il. a bouleverse complètement les conceptions littéraires en Hollande- Depuis l'apparition du Max- Haveliar jusqu'en 1887 il a publié treize volumes in~? d'une impression fort compacté,: au total quatre mille pages. ITun style mordant — • tenant de Henri Heine et de Voltaire — la lecture de ses- écrits, en dépit du peu d'esprit de suite, peut^ être à cause de cela même, offre un charme, particulier.' »
l84 MERCVRE DE FRANCE
WAltul&A Kuillet-aout) continue dé nous intéresser à
vSSrtfi iffiature et'de. «P«*»«» P-g*»^ •£ „T,i 4e bonne» ou curieuse» contribution», soit que la ma «if^uiîT »Û que le. folk-doriste» se lassent, les der- ** ~ «ffi£» ne valent pas les anciens. Signalons néan-
X V 4 r A iiVvm e et Fritz de Zepetin.- Les proverbes re-
taUer«naU « sont dWres qui les tirent. » Les auteurs annoncent un recueil de légendes et un recueil de ebansons danoises : ces travaux sont les bienvenus. R Q
Excellent* numéro de l'Ermitage (août), avec MM.Hu- «ruefRebeU, LeCardonnel, Verlaine, Degr^n, Paul Masson lierre Dufày, Rambosson, Tardivaux Matel ^K «très bonnerchoses , un JW«« surUCrtU g*, d - k do lph e
■rSiST^S? n^re^l^pi^W suiSê Partan? %, choisissons cette proposition d'un .Genevois s^j^.ï^-.s^ ïALT.
ReUr^ns-U etdtsonV: « Un*é£t ke est un paysage..» Voilà une base .excellente.:... »
Dans les Ewai. d'Art IJbre, une jolie *°^u J 1 **^
de Guurmont, sur Celui qui ne <L™PrfJ\* \ZftSt est . «laUirs nue ©eut procurer la Littérature, le plus délicat est P - • .TXt ~ « lie nas être compris ». Cela vous remet à "^ nUce dans le bel isolément d'où l'inutile activité vous « a * £Ït sort*' réintégrer la Tour et jouer du violon pour "s «athées! qui - elfes - sont sensibles * la musiqu* ^ » Suit Û ^ono«aphie de Celui, qui « ««P™»*^ * a j£
flatte m vanité qui est « Ne pas comprendre », un éventail • df plumes de pâli, lui sort d/derrière, et *«£»<£' plume en guise d'oeil, il y a un rond où est écrit ; « Moi, je ne-cora prends pas !» .
I m «ublications dites « petites revues », si nombreuses aioârE furent ce mois-ci particulièrement intéressante?: mK faudrait deux fois plus'd'espace que nous «'en avons m*i3 « **«« „™,„f» it -nous derons nous restreindre a
TljStaK ?rkomme scnsibU (Paul Adam), la Commune
OCTOBRE 189a i8«,
J/Parw(Bakounine\Ztf Chevauché* a?Y*Jdis, un long poème de F. Vielé Griffa, Portraits (H. de Régnier), et de* critiques littéraires de Bernard Lazare. — À la Jean» Belgique, des poème» de Fernand Séverin, Jàmile Verhaeren; Petites études de poétique française: Le Verset la Prose (Iwan Gilkin). — A la IteTua Blanche: des Fragments de Nietzsche, un JJon CW*/ d'Eugène Morel, Réponse de la Bergère au Btrçer (Edouard Dujardin).— Au B*int~GrftAl : S?/tv(Jean Moréas) ; Romans baptisés : article d'esthétique, d'Emmanuel Signoret; La Révolte des Saintes (G, Vicaire), Léon Bloy : silhouette par Rambosson: un Z/wt Cladelàe Degron. — LTdée Ldlm, nouvelle .série, avec une couverture où un symbolique dessin de Schwabe : Souvenirs sur Richard Wagner (E. Schuré), Bertha ^Swinburne), Survivances {E r Besnus), Lamennais {É. Guinaudeau), Gestes (Alfred Mortier), V Embarquement pour Ailleurs (G; Mourey), Critique de L'Individualisme et de TMcole (Jules Bois)/ ~ ,
CHOSES D'ART
■ L'étonnante administration du Louvre -vient encore de se f jire ridiculement voler par un habile truqueur; il s'agit du petit bronze qu'elle a acquis récemment et quiVest qu une maladroite- contrefaçon. .
Tous les musées d'Europe Pavaient refusé, -- mais le Louvre est. là» providence des faussaires* Déjà, il y a quelques années t . on lui a : "passé un faux Frans Hais que Berlin, Londres, Amsterdam, Harlem, etc. , avaient évité, — faux ou si stupiV dément repeint î .
L'éminent auteur de la Tasse de ., Thé prépare, dit-on-, une « Salle des Gaffes », qui ne sera pas au musée de la Marine.
A voir, chez Gérard; boulevard Montmartre ,Xa Tribu errante nouveau tableau de Henry de Groux..-