‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 14 sur 86 · II · texte numérisé non relu

II

." Tout homme a le droit de sortir d*un. lieu où

• il a été introduit. par surprise* Et même y. eût-il ' donné son assentiment, ce droit lui resterait acquis. En recevant la vie, personne ne s'est -en T .

'gagé. à vivre. : ■ ■

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■ ....'■ ; '. SUR L'A Ma .■.'■'":■

On croit communeinent à' '.'l'immortalité" }de j

...l'âme, imâis point assez sûrement pour qu'on, se

conduise en conséquence/ * .'"■'■:

..Nul besoin ; h'çst d'imaginer Pâme comme spir

rituelle, c?est-à-dire d'essence autre que la ma-

: tière. Nous connaissons trois états de. la matière;

il est probable; qu'il. "7 en a une infinité : et, grâce

à cette. plausible hypothèise, nous . laissons ïâme

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matérielle et nous né détruisons pas. l'unité philosophique de la substance. ■"...' ■

Il faut croire décidément à la dualité de Pâme et. du corps. Remarquez que plus ; Ton ; s'exerce à penser, plus semble s'opérer une sorte de désagrégation de l'être, qui Ta jusqu'à la constitution •d'un être intérieur presque indépendant et très différent de l'être extérieur. Nous percevons alors en -nous une personnalité que nous; sentons devoir être très pure, quoiqu'elle soit toujours im-

mœurs v d'habitudes, -d'instincts, de^ facultés plus ou moins^ adaptées qui. ^emprisonnent* Elle ne

peut, se manifester extérieurement .qu'à", travers cette accumulation d'obstacles ; et encoren'arrivet-elle au jotfr, quand elle le peut, que chargée et empêtrée de leurs alliages, qui la rendent méconnaissable. Celui qui est arrivé à discerner en lui ce personnage intime, privé de- toutes ■ commun!-

«^ *v^w u^ oa ±iau±i& m nuiam jljl reconnan i influencé de l'hérédité dans seë sens, ses goûts, ses manières, ses gestes, le vêtement de ses paroles, ses conditions morales, ses passions et ses vices, autant il voit son âme comme lui étant foncièrement personnelle et dégagée <T atavisme. Cela lui devient. une certitude, à mesure qu'il, constate les incessantes contradictions qui régnent entre ses lointaines perceptions internes et toutl'attirail de sa vie. Il est timide, il est lourd, il est souffrant, il est embarrassé pour. exprimer sa pensée : et là-bas, dans le silence des nuits* alors que le monde se tait, que ses facultés dorment, que lé souci d'agir et devoir commerce avec les autres n existe plus, il sent, . au fond de son cerveau, une entité calnïe et sereine, étrangère aux faiblesses humaines, rayonnante, pensant sans mots et d'une insigne noblesse. >

'.. ""* ' .' Louis Duhur.

. Fin des Petits' Aphorismes. .

JANVIER. i%

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