PAUL ADAM W
tout humble de sa gaine humaine, (Paul AbAMj ' £/r?).
. Cinquante vers d'un poète suffisent pour que les personnes qui ne sont point affligées dune irrémédiable inintelligence se.rëprésentent nettement le génie particulier de ce poète ; s'il n'est point un simple mesureur de. syllabes quelconques, assemblées au hasard des rhythmes, ce bref .fragment de son œuvre signifiera assez manifestement le monde obscur de sa pensée et illuminera d'une puissante clarté les jardins de fleurs terribles et douces, les lacs calmes, les tumultueuses mers, et sous le ciel funèbre ou joyeux les architectures magnifiques peuplées, par lui, selon les heures, de foules hagardes et sanglo-
. tantes, de héros superbes, de dieux déchus. Car la volonté souveraine de ne choisir parmi les formes diverses de la vie que les plus expressives, celles qui résument en elles tout un passé confus d émotions et de rêves, accomplit, alors une sorte de miracle : Têtre nouveau, né de l'inconnu, le Poème, en sa beauté sommaire et totale, apparaît comme l'annonciateur de l'univers teL qu'il fut conçu dans l'intelligence visionnaire et créatrice d un démiurge momentané. .
, Le roman, au contraire, non libéré des apparences sensibles etimmédïates, est toujours d^ine mterprétatiori plus, difficile, Ilfaut que derrière la multiplicité des incidents nous prenions la
(ï). A propos de z Les Cœurs utiles, (Ernest ïtolb).
sans laquelle il n'y à point d'œuvre d'art/ Parfois même ce sera peine perdue, Tidée directrice étant absenté de certains romans,, dé la plupart même parce que les médiocres écrivains qui lés conçurent ne purent : s'élever jamais jusqu'à couipreiidre rien ; et contrôlèrent mécaniquement, à., * la manière des gens <jùi pointent dans la rue le passage des voitures, l'apparition successive. -et , ■ >' incohérente dès phénomènes. Naturalistes et psychologues depuis quelques années se. plurent à cette besogne,. moins dissemblables qu'ils ne le . prétendent, contrôleurs . les uns- et les autres, * mais de voitures peintes .différemment. M. Emile : '■: Zola réclamerait bien l'honneur d'avoir Ulustré dans ses livres Thypôthèse de Théréâ;ité, et il est arrivé que, M. Paul Bourget consentît à ne point faire, simplement des gloses et des paraphrases touchant la belle, subtile et vaine monographie de r^fe/%i^ par ,M.\ H: Taine; Mais c'est comme. malgré eux et surtout à rencontre de leur - désir d'analyser. l'un les gestes, l'autre lés sentiments des përsônnages,que les deux illustres fo- * manciers . échappèrent fort heureusement aux ^ pauvres théories dont ils se crurent et . seproclà- . r nièrent esclaves avec une sorte de vanité bien proche., si l'on y réfléchit, de la moins explicable
.modestie. '" . ■' ■ ;/ .■ ^ , ." ..""'*.'.
Au moment même où triomphait ainsi daïis le roman le goût de. la description psychique et du catalogue charnel, M. Pauî Adam. naissait à la littérature : il hésita d'abord un peu et s'attarda, ♦ mais point trop, à des études telles que Chair . Moîtè 'i et à des fantaisies comme Le Thé che^ Mi-
. randà ; puis, aussitôt il entreprit une ; double se- • rië de romans, où le mode d'expression seul changeant, ici plus hautain et concis, la. plus : immédiatement accessible et moins tendu, il montrait
. l'Homme victime éternelle d'une insoluble àntino- . mie, : irrésistible, attaché ;à ses moelles, avec la
vie,, un désir l'emporte de se développer à l'infini ■' de prendre uoe conscience. intégràSesoiSS • et déposer aux autres êtres la tyrannieS
&atfarme davantage, il devient une cause de plus en . â^S n ^f? ,toiCe8 ^ de d ^ e £ nfarauéSr fi &1 V ^ ** P ro P« apothéose est . Sitent ï£~ • * desdésas ^es, qui. serépèf-
cutent nécessairement en lui par le reeret etTlb
feue ce drW f^f- ^ï «™ &»E?ôù -Ç dan? 1, W? 6 ï^-^î pluS Q«- moins élevéls ■ nen? rtcte 10 ?? intelïec tuelle, elles compren-
Sfre lfdnnwl nt a ^ C , U ^ e ^ nkiété oindre ou pire la aou Die cruauté.. de î — n '" ' -.---""■
Adam les condamne' à l'é
didede L'Epoq.ue(i) ou au:
VOLONTÉS MERVEILLEUSES- (s) -
autre ii£l%'? U ™ déjà Considérable a une ' de raconte^ fîu ^ T e t k ^^ P^occupation
dnur e Td'hieÏ S TmériL 'Sr '^ d > jOUr " admtfeMvec^ueUe^^^^
tmoSoTo T^a^à ressentir tonjSta k même ■ dS dSï S" U - elq + U - eS fi #* ** em Pruntées à-chacune ■ °fs feux séries témoigneront en sa faveur, plus victorieusement sans doute - que de pâles et ? en ' . nuyeux axiomes critiques. P *
L^oSDarfe ^ ab0 " d * es >^onnettês de lVu ? w ;. a ° ' le pre ^ Ier dç ses romans que Marthe cilîf VO "\ paS '. ^oïsme mesquine sans imnSï n foutît qu'à des catastrophes ceSeSK? n ^ P ° Ur ^ Utrui ou PPir eUe-même; . ia propriété elle aime à se voir dans lés «la ces Een^etT ^ ^ a PP^nt. incoSSS croï ses'v e r^^ eme eUâ s ï ™ m Plaît à ce qu'elle croit ses vertus, a cause qu'elle les imagine sin- - '
L^^^^^^^^^^^Le Vue Filial.
. (2) Etre. En Décor. L'Essence de Soleil..
gulièrës", exceptionnelles et rares, et elle en res- : sent la joie un peu enfantine . d'un numismate maniaque qui possède .une monnaie unique et qui n'a plus cours, Comme elle. ne put jamais concevoir dé très périlleuses. ambitions, sa chute ne descend point au-dessotis d'un ennui convenable, . à. peine interrompu par la satisfaction presque animale de goûter en dilettante dçs liqueurs exquises et des viandes savoureuses; Le procureur, général G. de Senci \Rokes Rouges) appartient déjà a une espèce oùla vanité moins, basse amène, avec une. conscience plus nette, des actes et des . conséquences autrement graves :1e magistrat su» . përieur à ses collègues^ qui a. lu et compris . Spinoza et Schopenhauer et qui ne répugne point à faire couper une tête dans l'intérêt de son avancement, perçoit en même temps qu'H: est coupable-d'une assez lâche, ignominie et souffre -plus pour développer son moi, Maïa/et Sonia" [Les Çœttrs utiles)^ les deua^ petites bachelières, pourries de toutes leë sciences de la pensée et. de la chair, torturées depuis Tenfançe. pair la pauvreté honorable, institutrices, puis, écuyères de cirque
: représentant des pantomimes métaphysiques et se
; vendant. après de savants, calculs ;.Maïa et Sonia, .
..qui s'excusent" elles-mêmes en . s'atfribuant la ; vaine intention de consacrer là massé d'or ainsi
> gagnée, aux pauvres diables qui peinent au.fond des: ," taudis et des. bouges, mais oublient vite leurs projets méritoires pouf faire dès achats dans les magasins, déchaînent, autour d'elles la guerre et la mort, et, plus aptes. à la lutte,, éprises de rêves, presque grandioses, retombent et roulent dans un . abîme de désolation, x . ,
Bien que ce roman appartienne à lia série de L'Epoque,, il ne serait point indigne d'être compté ". parmi les Volontés merveilleuses; C'est là,dans En décor et surtout, dans Eire^ que la pensée maîtresse de M. Paul Adam se révèle en toute 'sa magnificence.Certes, Manuel Héricourt, sombrant dans la folie pour avoirs trop agi et trop contemplé
' ïroslSt SS leS t ! U: ^ de hobereau grossiers et ridicules, est un faiitôme d'humanité
aSsTSÏSf^^ 6t SU P erbe - Maisîoujou v
8SÏÏ flK^wî**- a ?P«M9n.--l» comtesse
samafetté 'Slf d ^ ssedans . no ^ mémoire, en sa majesté, de magicienne qui a connu les «4,,'îr.
mondes ennemisde Tespritli delà S r luIoS d elj e , les tempêtes tourbillonnent, les danses ■ vST W ^^elacent, les armées marSt
mi les étoffeïSm^eS. C Ss I 2u^r^ '
ÏÏÏÏÏAf ^^ degré Se S sciW?ou p^ar" qui elle accrut sa puissance et sa doire m,„™
? a ar / lle - etp . OUF èll *> et *>* désespIS SSS sa domination. Aura-t-elle.au mSins ISuvé dlns
dïi& SiGfiniet l-P-4on d es c h ; e 4 a - La comtesse Mahaud semble, dans l^nvr^ -n.
pensée de M. Paul Adam. .Saiis doute rimnre«;™ si impéneuse produite par Efr° V rov£$ de ce ■ q-ae le roman est, plus évidemment que tous les In SS c< ? m P° sé COmme ™ Poème .VIS les
vfinntnt & V î * ^ S^ *» th W^ inter?
Slorte tn ft 1 ë T e . d > tè nnèdes où fauteur ■
SfnttetoS^e^^
les ; visions de feene. Quand il revient au con
a agonisant ou nous nous débattons. en vain ce
ma S KIn U r? e , lâ ^ epitié ^^Paredïï^ .
vïrès Îï^ÎZ s Vineux: de\- des&onies sau- .S, ce ni ? sardonien si pénible aux . oreilles des brutes environnantes. •. .- «renies.
rifL htU H S se 7 eri g«nt comme elles peuvent £££ T f ° Qt métièr d'annoricer à leuS ' lemblattes ks œuvres dignes d'éloge et de notoriété.
ont accoutumé de se taire sitôt que quelqu'un se montre, qui troublerait leur quiétude; ainsi des â-nés à la queue desquels on aurait .suspendu de lourdes pierres, pour qu'ils hé puissent pas braire. ÏJeur hostilité, sans douté r est légère à.M. Baul Adam : ne sait-il point. que, : hoirs du troupeau, quiconque aime les .lettres françaises admire avec ferveur là-fîère beauté de ses conceptions/ et son imagination prodigue, et .sa Verve sarcastique/et sa langue éclatante et pailleté0 qui sçmjble tour à tQurune impératrices ou quelque audacieuse elownessè ? '.*■;,."./ . • *. . ■■. ,: " ' .
,:'.■' '.-.■' "Pierre QuiLtAJtiy. ' .-.*" ,
46 MERCVRE DE PRANCE