‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 23 sur 86 · PO · texte numérisé non relu

PO

Harmonies CkrétieïUQLes ; Poésies Eucharistiques; La Mort ; A.U Ciel; par j£jjj'Ç&siER(Anguste, Siffer, Gand}*— . M* Jean Casier, poète et jésuite de robe courte, patronne à

■ Gand. une revue nltramontaine où des veaux, mal éduqués;. in- .' ', jûrient ma éole en leurs momêùts perdus, Un de ces ruminants

"touchant je.- n'e sais quel Vitrail (imprimé d'ailleurs depuis

catholiques pieds manquant aux choses que j'écris» Et Casier, dévot confrère, induisait Txoplong à/uVénvoyer ainsi; par, la ■ .margoulette le sarcophage 1 de Rnamsès. - ' Me^ voilà .donc en- bonne posture .dNsxprimer à Vânteur SlAu Cte l tout le bien que je pense -de lui :onue m'accusera pas-. . de le gratter à la; façon des bourriques pour'qu'il m'en fasse autant* I^plaqnette louable* encadrée d'asur/que M. Casier nous ' propose aujourd'hui,, succède a trois volumes d'une élégance. Indéniable;' Harmonies <2krétie7tnes t Poèmes eucharistiques 7 et La Mort, qui parut . naguère dans lé format du CîV/,: niais .bordé de noir,; ainsi qu!il çbngtuait à ce théine dolprifîque. En sa .qualité de « personne , jpiëuse », Jean Casier exclut Tamotrr de ses vatïci&atibns ■ ' Je ' . ne ; connais . pas, : . au : monde , un poète plus exempt de génitoires. .C'est au-dessus de la . cravate exclusivement qu'il éjâcùle ; encore sont-ce des bou~quets spirituels et de mepi&uentë"$ oraisons* On " songe, en ' parcourant ses J&arpiotues Chrétiennes y an rat de Juvénal, qui

n'eût. pas osé pénétrer chez là Bonne Déesse armé/ de son calibistris : ...

« ïlluc, iesiîculi sibi consciits undc fugit mies »

En revanche, M. Casier ne nous laisse rien ignorer des bouquets artificiels qu'il glane à l'ombre des naos, ni quelles roses impollues changent lui-même . en: « Reine Thor ». Cela confine à Tolstoï et dégotte Wyzewà. Mais que Charles Frémine, . ^impeccable abattèur de neufs, épargue sa hugotesque raillerie ï. C'est, en effet, un spectacle de quelque beauté que celui d'un- . poète aussi doué, après tout, que la plupart de nos Levantins, s-'occupant ainsi de digestions eucharistiques et racontant aux personnes le plaisir qu'il éprouvé k iortorer sôh bon JDièu (j'ose ■ emprunter ce vocable à mon excellent Météniér). M. Casier ' déglutit le Père, grignotte le Fils et rote le Paraclet : c'est le Grandgousier de la Sainte-Tabïe . !Oa ne le rencontre guère que l'estomac gonflé de son Créateur, Tronchin jugeait le Viatique « un peu collant » : M. Casier l'avale comme une simple marenne et paraît se trouver, bien de ce. ragoût sanctimonial. ■

On nVst jamais sincèrement commenté que par soi. Aussi, je- passe la "parole à M. Casier et transcris intégralement . deux notices qu'il voulut bien me confier en l'honneur de ses volumes : .,

« Après' les Harmonies Chrétiennes , auxquelles M. Ch. Buet » joignit une élogieuse préface, M* Jean Casier, nous donne,;

' u en ses Poésies Eucharistiques, un. recueil de vers plus mince, » mais non certes inférieur. Des poésies jaillissant o? un cœur » naïf aux heures de rêvé et de prière, et lentement, mois » par mois, année par année, s'ajoutant les unes aux autres » et se complétant pour -un liturgique et .solennel ensemble :' * telle fut,, croyons-nous, la genèse du présent volume. L r âme » est d'un .croyant profond et d'un poète, les vers sont d'un - » rimeur soigneux, et habile.

» M.- Georges Rbdenbach, le subtil poète dont Le Règne du • » Silence vient de. consacrer la réputation, a félicité l'auteur » en ces "termes : .

« Je vous remercie de l'envoi de vos Poésies Eucharistiques, » que j'ai lues avec un vif plaisir d'art. Vous y* avez acquis » un maniement parfait -des vers et de là langue, une langue » bien appropriée à vos thèmes ..religieux et qui garde un '" » parfum de latinité et d'hymnes catholiques, Baudelaire, » disait, las de son art ; «r L'important, c'est d'être un saint]

> pour soi-même.- » II semble que vous ayez réalisé sa pro-*;

'» fonde parole -par le moyen même, du livre, à la fois d'un ■ » saint,, dirait-on, et'<Tun artiste. » * -.

Page 1