‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 26 sur 86 · THÊOD ORE DE BANVILLE C · texte numérisé non relu

THÊOD ORE DE BANVILLE C

La riànté immortalité d'un poète résoud les questions, en dissipé le vâguë, avec-un. rayon.

^ Ainsi, par ce midi, l'autre Dimanche:, automnal; quand plusieurs ou tous qui honorons son culte j . le vers, et aimons, la mémoire du Maître, -inaugurâmes le monument, dans un ]ardin v à.Thépdôre

.de Banville. L'auttLéntiquetombé .^arde les restes ^ et présenté une dure pierre aux genoux de veuve

, èndôïprie ou dé prôcsne I Je -me figure— et devance la décision bientôt prisé relativement à une résurrection, fraternelle y par. le marbré ou le bronze attribués à Baudelaire — que. convient, pour la quotidienne apothéose, un cimetière désintéressé, profane,glorieux ? comme ce Luxembourg ; ouvert ; au ciel particulier qui demeure sur les citadines '. futaies, lés.Vases décoratifs, les fleurs, ainsi qu'au

presque Yçbaque jour. Son traditionnel et neuf

■(■} Le Mercure de France reproduit, cet article,- inédit à. Paris, dune revue anglaise célèbre \ : Xhe National Oèsèrver' commentant le- buste, de Théodore de Banville^ Son signataire ) M. Mallarmé, y. invite à là publication d'un Tombeau comme '.ceux écrits pour Gantier ou Baudelaire- .Nous .aimons avec : lui prendre l'initiative dW nommage "suprême rendu par. les poètes au;, pur. lyrique. \ -, •■- ; .-. ; ; --■.'"

esprit, auparavant, là introduisit .une de ses modernes évocations mythologiques ; .

Un soir de juin, 'bercés ;par les. flots- attendris .Les rns pâlissants, croissaientau bord de l'onde ' ' ht dans le Luxembourg* ce. paradis du monde "'■ ' Les marbres de l'Attique, amoureœtde Paris, ' ' '

voyaient l'air et les cieux. etla terre- fleuris : ■ • "

''. . {Malédiction de Cypris.)

Toujours, aussi près du Panthéon se prend-on -a regretter qu'Hugo ( eux, lés savants, les politiques, plus ou moins, s'accommodent de la vide .coupole sous quoi la -Mort .continue une séance de.parlementet d'institutjhabiteun froid de cryptequand avait lieu de renaître .pareillement i parmi des ramiers, ou l'espace. . ' F

^ Affection à. part si se. peut en parlant poèmes, omettrele souvenir de l'auguste tête fine que le '

K, Wr£ é T me P 6j Z le Promeneur etl'amî, je vouai à Théodore de Banville, un culte. xW'

S?! 1 ^ 613 clart \ en , kqùefce je l'admire, frait - . unique et comme absolu, s'aidera de la brièveté de ma causerie. Non que n'importe dé signaler des dons excessifs, divers ; mais je lés confonds ■ ■ en tant qu éléments d^un miracle. -Même afin de prouverque je vois comme tout le monde, moins bien certes, j'exhume, sans pitié' à mon égard, une &fTYT S P a S e s qu'écolier je traçai dans fa solitude à la louange du dieu dont je ne trouverais, pour.le celébreraujourd'hui,. qu'à dire mieux les mêmes choses; ouhe.les calquant sur le tour etk manière a lui propres et n'empruntant sa voix «.Si mon esprit n'est gratifié d'une ascension aux 525 ^ystiqnes : las de regarder, l'ennui dans le .

S fSL™ A Un - mTm ' - et cependant aux . heures oïi lame rythmique aspire à l'antique délire du chant, mon poëte c'est Théodore de Banville qui n est pas quelqu'un, mais le son même de la lyre • ■Avec lui, je. sens la poésie m'enivrer, ce que tous les temps ont appefê la poésie, et je bois I là fonterne : de lyrisme Fermé le livre, les yeux avec de grandes larmes de tendresse et un nouvel orgueil.

Ce que j'ai d'enthousiasme et de bonté musicale et de pareil ares rois citante. et f aime.I faime naître, j'aime lés lumineux r sanglots des femmes aux longs cbéveiix, et ^voudrais tout confondre dans

s, clà Ai*^ «-J.O,-- u.^t^>5?^ s^*- viv*uuLL partui ae cnarme oublié des héros et des roses. Sa parole est; sans fin

. l'ambroisie, que seul, tarit le cri. ivre de toute

; gloire... les vepts qui parlent de Feffarementde la nuit, lés a bîmes pittoresques de la région; il ne les veut entendre ni ne dbxtles voir: il marche 3 trarers l'enchantement édennéen, désignant à jamais la. noblesse des rayons et l'éditante blancheur du lis enfant— la terréheureuse I Ainsi dut être qui le premîerreçut des dieux la voix et dît . .Tode éblouie, avant notre aïeul Orphée, ïiistitue.ô mon rêve ,lâ cérémonie d'un triomphe à évoquer aux heures de splendeur et de féerie, et l'appelle la . ;: ' ■ Fête du.Poëtê: Télû est cethommeaunom prédés- .tiné, harmonieux comme un poêmè et charmant

; comme un décor. Dans Fempyréé , il siège sur un *: trône d'ivoire, ceint de la pourpre que lui a le

; droit de. porter, le; front ombragé dés géantes feuilles du laurier 4è la Turbin J'ouïs, des :stro^ pies; la Muse, vêtue du sourire qui sort d'un , jeune torse, lui verse l'inspiration — cependant qu'à ses pieds meurt une riue reconnaissantes La grande lyre s'extasie dans ses mains sacrées js> . Le pauvre trumeau, suranné;, et pardon.

Je recueille quelque fierté, reflet concédé parle prince dé lettrés £ 1 -admiratéttr vrai, qu'un seri~ ' timent après un qua rt: de siècle, se reconnaisse '■' fidèle^ pareil mais/développé ou affiné dans un sens très; aigu, qjiê je vais Rappliquer à définir, .

. peut-être; -subtilement^ ; : .

La Poésie, ou ce que lés siècles commandent tel* tient^usôlj avec foi, à la poudré que tout dé meure; ainsi que dé hautes fondations, dont l'ombre sérieuse augmente ïè squbasséntent^le conf o nd : ;et l'attache. Ce =crï de pierre : s'unifie veris le ciel :

:ên les piliers interrompus/ deëarçèàitix. ayant un -jet d'audace dans la prière ; mais enfin, quelque ^immobilité. J'attends que, chauve-souris éblouissante et comme Tévêntement.de la gravité, soudain, du site par une pointé d'aile autochtone, le *fol, adamantin, colère, tourbiUonhantgénie heurte ia ruine; s'en délivre, dans la voltige qtfil est, ■seul. ', * ■ ;, •

Théodore de Banville parfois devient ce sylphe

suprême..

Celui, quand tout va s'éteindre ou choir, le dernier; ou Tînitial, dont la sagesse patienta, près une source innée, que des. tonnerres grandiloquents, brutaux fragments pat trop étrangers à ..ce qui n'est pas le petit fait; de chanter, abattissent leur colosse : pour, oui I paraître comme lte couronnement railleur, sans quoi tout serait ■■'vain. ■'..;.■.*.

Si je recours, en vite d'un éclaircissement ou .de généraliser,- aux fonctions de rOrchetstre,' devant lequel resta candidement; savamment fermé notre musicien de mots, observez que les instruments détachent, ;sëlon ïin sortilège aise à surprendre, la cime, pour ainsi voir^ de naturels ■paysages ; les évapore et les renoue, flottants, dans un état supérieur. Voici qu'à exprimer la forêt, fondue en le" yerf horizon crépusculaire, suffit tel accord, dénué presque d'une reminis- . cericè de chasse; ou le pré, avec- sa pastorale fluï-. dite d'une après-midi écoulée, se mire etfuitdans' des rappels dèruisseau. Une ligné, quelque vibration, sommaires, et' tout s'indique. Contrairement à Tart lyrique comme il fut, élôcutoire, en raison du besoin strict de signification. Quoiqu'y confine une suprématie,- ou déchirement de voile et lucidité, le Verbe reste, de sujets, de moyens, plus massivement lié à la nature. V '•

La divine transposition^out l'accomplissement dé quoi existe l'homme, va du, fait à Vidéah Ôr, grâce à de scintillantes qualités, 1 épanouies aux deux siècles français aristocratiques dont Banville -

FÉVRIER ^893 "v / ' ici

; résuina la tradition en ce mot : l esprit ( car il isl ; été le seul spirituel que ce fut donné; d'entendre

— dites, ses. amis! ^- et la été lyriquément et '.

: tomme la foudre), ntius eûmes cette impression d'extrême,: de rare et de : superlatif. „; La sienne, une poésie, je dirai au degré au-delà, rtiàispointde féconde main op. artificielle. Je sais, il se devinait à ce point, l'héritier, choyé et ; impropre au inéchef, que de tiret, par -un témoignage très tendre ou de respect, qui. en iliuminaïtla beauté.ënoïrme; à même Hugo, sa fusée de clair rire. Jeux second

: daïr^s, caractéristiques-, Qui, des. modernes, à coté-ou comparable; selon ce tempsr-ci ne vouianj aucunement en finir $vec un art éternel et vieux comme la vie,. mais le dégaget, en toute pureté, ..ainsi qu'une vocalise; à mille éclats? Je nommé

; Hëine,';sà lecture préférée, si autre! et. un, que les lettres d'ici revendiquent autant, Poe, en de certains airs cristallins, -brefs et jeunes. Ai-je dit cela ? précisément, . il le fallait ; pour marquer que ce n'est par rëtincëUemént de la gaîté (encore qu'il inventa du coup, avec les Odes Funambu^ lèsques r le comique versifié ou issu de là prosodie,;

■;. rirçiès et coupès£ ni par l'ironie, . dardée souve^ . rainer mais «Taprès la nécessité . d'un rôle vierge, et jusque maintenant inconnu; que l'auteur £es

; Cariatides.) des Stalactites et dés £xilés y diL Sang de la Coupe, des. Odelettes, dès Améthystes, de Nous Tousï Sonnailles \. et .Clochettes^ Daits la Four- . naise r enfin, d'un; .Théâtre prestigieux, pour ne, rien dire de tant de prose égalée par sa seule

de pierrerie r .qm. brille, domine,, effleure..

Voilà nia pensée, apport à une récente cérémonie exempte d'intrus ; et depuis - lors. Coppée, . excellemment, présida;, disant entre : autres pà^ > rôles, qui me confirment: «...J C'est pourquoi, chez lui, l'inspiration "et la .forme sont d'une égale -originalité; c-eàt pourquoi Ton ne peut ouvrir son, livre à n'importé quelle; pige, sans s'écriera

*oa MERCVKE DE FRANCE .

— C est du Banville; — et sans y admirer cette *erye defeu, ce lyrisme qm court et bondit avec la liberté d'un torrent, ces cris de folle .allégresse, ces pathétiques sanglots de douleur et d^amour, cette aisance joyeuse dans là production, où les rythmes et les verbes semblent lui obéir 1 comme des oiseaux charmés^ M en dès etRichepïn officièrent, offreurs d'odes, filiales-superbes. Leur écho ravive mon souhait: ou, comme ce fut déjà f ^f et v le sera encore f), que l'hommage à Banville s'achève en là dédicace d'un de ces; volumes collectifs, rituels dorénavant de quelques hautes gloires, dès la Renaissance appelés Tombeaux,

une publication étrangère, pas; je me. souviens que le poème, le premier, qui après, le décès du Maître, apparut, imprimé parles journaux et de nous aussitôt su, montrait, avec grandeur et sous une effusion lyrique congénère, .la signature- de votre Swinburne. Un joyau de ce genre ne se perd.:, il occupera l'endroit éminent en T ornementation de Turne funèbre littéraire, où la cendre se remplace par le juste encens. -

. STÉPHAmMÀÎXAKMiÊ-

laiil P ° Ur Th ^ me Ganser, naguère- sous peu pour. Baude-

EÉVEIER1893 . ->IQ3.

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