‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 27 sur 86 · CRUELLE · texte numérisé non relu

CRUELLE

Cruelle, vpns .m'aviez tendu -de belles chaînés . , O& l'or,, les perles et -les gemmés scintillaient : lyre, je ra'êrt chargeât et' vous "remerciai- D'avoir voulu que' je -baisasse vos. pieds frêles, ■ ' ■ '

Ivre, fou'; furieux,' vraiment, ô' dure reine! ■ : Grelot de là marotte ! .oreille du bonnet!

Esclave !■'■ triple esclave ! fou ! fou.'.à lier! ; ' Que n'ai-je dédaigné vos gestes de sirène!

Qïuandjè me réveillai-, ■ mes chaînes .n'étaient plus

Que les entraves exécrables de ce fer

Qui brise maintenant mes membres et me tue ':: -

Et le palais, on mon. servage sut vous plaire,. . .' ■ " Cruelle , -était.— par. quel" sort louche? — devenu Ile cachot noir et froid où tu ne m'aimes pas. .

VIENNE JUECÔtrx. PRINTEMPS.. .

Vienne le doux printemps, J'irai sous la chênaie. .

Veux-tu, mignonne, me chanter- lés airs d-espoir? '..

.Peut-être lés" saiâ.-tu? Le. vent est triste, oh !■ triste î

. Dehors, dedans, il pleut, il pleure, il fait si rioïr I .

■ .- J'ai, peur de;, ton frisson perpétuel, j 'ai peur .

Je, croîs' qu'il fut un temps où l'aube était de rose.. Je n'en suis pas bien- sûr, ce fut jadis , jàdîs«.. Tu n'avais : pas,, mignonne, ce sourire las Et tes grands yeux' flétris rêvant .dé vagues choses.

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Jadis, ce fut, je crois, une saison d'azur "• Ta robe fleurissait, les. vertes sentes gaies : ' Ton nre étincelait. . , Je n'en suis pas bien sûr» . Vienne le doux printemps, j'irai sous la chênaie:

BERTRAfli , /■...'.

' lïf lst * ^ ertram » "ta sympathique voix ■ ■ Me cause des épreuves infinies.- . ■ -

Voudrais -tu, pas que je te dise le pourquoi ■ Du. sort qui te livra sans honte aux gémonies ! \ .

Mon pauvre ami, si pauvre de nature ' -

în fortuné dé cœur, si pitoyable,

D où prenais-tu que tes semblables

Se. pussent au jardin cueillir les pommes d'or?

Vélins narquois où tu traças d'une main blanche S,* 01 ?, griffons avi te devaient leur belliqueuse gloire, Papiers jafunis déjà,, sinistres parchemins.» ■ '■

Que n en fis-tu pour ton brasier un îeu de ioïe !

Doux chevalier, pâle Bertram, triste figure.

Que ne fis-tu ? pour ta tranquillité future,

Ue- tes espoirs aux redoutables charmes :

Le fleuve de l'oubli qui luit parmi les larmes ? : - ■-

Vaine beauté ! tombeau muet! mot vide * rime impure I g^f 1S -J^. ^ présent -c^est le passé détruit. P ' Que feras-tu ô désormais? Es-tu le fruit L e ourn qui se détache et tombe en une éclaboussure ?

Vraiment! .vraiment! c'est une chose puérile ■ De rechercher ainsi que toi les vagues OphéHes - ' Que ne courtisas-tu la brune reine de Golconde ; Dont les trésors en trombes d'or s'abattent sur le monde?

Valeureux sire ! don Quichotte! simple niais! Volas-tu V %s un jour les ailes d'un oiseau de proie? C était. son bec qu'il të fallait, :.-•*'

Son bec, ses serres et son ventre. insatiable.." '

ïfÉVRIER 189?

, •:■::/ ;:LE'-Mbm'STÈRE.V'';

J J ai 'fui ton ceil : ton œil divin quand tu m'aimais! La rose, de l'église seule a ma prière ; Mon 'cœur est las* d'avoir aimé un cœur de pierre ;■ \ ' Ma lèvre est'-lasse des vains mots d'amour. La paix ? I "i'

O monastère: r c'est à toi que Je promets Le sacrifice çLe ina vie; à toi ses rêves. ;

Mesjpieds sont' las d'avoir erré le long- .des grèves: ' Ma lèvre est lasse.des vains mots ^orgueil; La paix.,

J'ai cru à la. souffrance: Souvenirs- mauvais, ' ..' ' Désirs exaspérés, j 5 aï feint votre torture. .Moii front est las d'avoir, cnercné la loi future ; " - . ' Ma lèvre est lasse des vains mots de mort . La 'paix*

Louis. DumurV j ., .. ' :

ro6 . MERGVRE DE ERANCÈ

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