L'ECOLE DES PRINCES
Les Ïdeen sont incontestablement le chef-d'œuvre de Mul- ■ tatuli, et TEcolebes Phinces est une des plus belles, des deux
. mille et quelques idées qui se trouvent en ces. sept volumes où sont traitées toutes les questions politiques, littéraires et philosophiques des temps modernes,
Le canevas du drame est une vulgaire intrigue de cour. Des
■ -courtisans, jaloux de la puissance "d'un ministre, essaient de le
. faire tomber en disgrâce en l'accusant d'être , l'amant de la. Reine. Mais I'Ecole des Princes est surtout une idée. En ce drame, Multatuli a exposé ses opinions politiques. lia voulu indiquer la route à suivre par les rois des siècles futurs. Il se montre adversaire de la monarchie héréditaire^ qui peut mettre le pouvoir en des mains incapables, en no us présentant ce personnage grotesque, le roi Georges,, et -par la reine . Louise, la principale figure du drame, il veut nous prouver
.. -que de tous, les pouvoirs le .pou voir 'absolu du plus intelligent
\ est le seul juste et le seul beau.
Louise est un caractère admirable. Elle voit, ou plutôt elle ■ ■sent , l'abominable misère morale où est tombé le Peuple. Elle
. cherche la Vérité et voudrait remédier autant que possible à-. tout ce mal en créant une société nouvelle qui' a beaucoup deressemblance avec l'idéal socialiste- ' ,
Etant d'une intelligence. absolument supérieure, elle aie plus profond mépris- pour toute cette cour .qui l'entoure et; ■dont elle est seule apercevoir la mesquinerie," la nullité et 1 imbécile méchanceté.
Malheureusement," l'Idéal qu'elle voudrait- conquérir n'est pas très nettement dessiné-. Les plus belles pages. du livre — et celles-là sont de parfaits chefs-d'œuvre — sont :celles oùelle décrit l'état révoltant de la société actuelle.' Tel ce ■ fragment delà seconde scène du premier acte :'
". ■ SCÈjtfïï U ' " - '
La Reine-Mère, Reine liouise
'EEINE-MèRE-
Le cours de cette nuit était un peu long! Mes yeux se fermaient eïi t'éco.utant, mes oreilles tintaient de toute cette statistique, de toutes tes. ■questions, toutes tes recherches !...(Ton désir dé
savoir est temps vaii
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; : .Trop longtemps ? oh I . non ! Et fatigué ? Je t n'étais pas- fatiguée ï Mais il ne m'arriveira' plus mère, df garder- si. tard, le coutte Otto .et de. vous priver ainsi de. votre sommeils; Quant à sa fati—
;guç;~ hôl.bàl Cela n'a aucune importance 1 Cela lui fera du bien, au coatraif e . . Un peu de.' cette
T gymnastique donnera de la souplesse à soii întel-
jligence de politicien quelque peu engourdie par la routine. . '■■•■■■". ■