‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 37 sur 86 · LA TOPAZE · texte numérisé non relu

LA TOPAZE

La couleur .complémentaire du violet est le jaune. Embrassons la chrysolithe Topaze, gemme d 1 or lucide en fusion, du regard patient de. la mé-

ditation.

divine va pouvoir agir par -la lumière . et par le , feu. Toutefois ; la bonté de Dieu a précédé, Pacte t humain, et cest.èlle. en vérité quia déterminé - d'une ; manière secrète l'accusation, afin de manifester visiblement la clémence.

« Le feu, dit Rusbrock, ept un ;élétn ent qui coel- : :vertit à > : sa propre. substance toutes lès. matières: .capables d'accepter son, action >>, réalisant ainsi : /.rUmté.Lés, jeux, humains qui ont via le Saint- 1 Esprit en: gardent le; souvenir comme d'une :flammè très ardente. Lé feu de, l'Esprit transforme ■en amour tout ce qu'il dévoré, et lé mot f eu . est

v synonyme du mot amour. C'est: pourquoi 1g To- , paze qui semble. une étincelle de /feu vibrante et *■ moirée est son. expression élémentaire,--

.A Foriginë nous voyons que V Esprit de Dieu

ét&ii porté \$uri lèseauxt pacifiant le chaos et Ta-

■ ■ .Mme. .Ne rions donç^pointlorsqueies-sages anciens

; nous ^affirment que .la. Topaze possède la vertu

. apaiser, les flots courroucés. Ils connaissaient le

. sens des paroles. .qu'ils; ont^ proférées. Le monde

étant IIP'* ï«^eeor.+ô orîmflù- ,-,« «^-L"jC4.«>i1 -: — *r~.l '

;tément,

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instantané et cette fois le chaos .nlintervjiendrait . que poux préparer le néant. Car nous savons que .' la vie n'est qu'une admirable combustion. Ainsi . Ton peut dire qu'il n'y a point d'existence là où le feu fait défaut, et l'Ecriture marque profonde- ; méDLt la part \dé. 1 Amour divin dans la création en appelant le Saint-Esprit un don, le Don par .exceûepce. . / ■;... . -\ ; "■- ■

. : L'enfant t qui .naît a la lumière est une .masse de chair inconsciente et . misérable, mais ,npn" pas innocente; L'inçbnsciehee ne doit pas être confondue àyèc Tétat innocent. ; llncbnscience ^ peut . vivre dans la fatniïiarité dû mal, niais elle est exclusive *~' * ** "'■' ~' ■—■--■ ■- -

par T est

en dérision à cause de cette avance seront précisément les disciples de ceux qui, pour la découverte des grandes lois . d'atavisme et d'hérédité ont été glorifiés ajuste titre. .

Mais V Esprit de Dieu était porté sur tes eaux. . L. est-a-dire que la souillure ayant, connu la vertu de 1 eau et la Bonté opérant sa lumineuse puis- ■ sance, lame devient une matière assimilable au- : teu divin et capable de s'élever avec lui au-dessus de 1 abîme, dans «la voie suréminente de la Chanté » ou les tempêtes sont inconnues. Le mouvement du feu est de bas en haut et il tend sans : cesse a s élever.

ta naïve histoire de la Topaze nous fournit er£

core un précieux renseignement sur le mode de :

répartition de la Grâce. Elle raconte en effet que

la gemme est sensible aux phases de la lune, que

son éclat grandit en intensité au temps que l'astre

est dans son croissant et qu'elle se ternit lors de

son.decours. H importe peu que la science mo-

. aerne ait controuvé un phénomène, si la raison

peut en pénétrer le sens intérieur. Et pour ce qui

•est de la Topaze, symbole de l'Ësprit-Saint, par là

singulière propnété rappelée tout à l'heure nous

entendons que la Grâce ne se mesure pas selon

les circonstances et les besoins, mais seulement à

la bonne volonté de l'homme.. ' .

La Bonté de Dieu agissant en l'âme produit là grâce sanctifiante, ou harité chabituelle : agissant «nia matière organisée, elle produit l'amour, où magnétisme intersexuel : en la matière brute, î& pesanteur et les affinités, Û ne peut être ici qûW tion que du monde intellectuel et moral; Pour- : " " suivons : . •'■',■''•'.''■.

; La contagion dé l'Amour divin dans l'àmè hul -maine affecte trois états distincts, selon la pureté : plus ou moins complète de la substance ignifiée.

Le mélangé de la charité avec les concupis* •>• cences de la. chair provoque cette redoutable ''■■'' passion qui bouleversé le cœur let^.lui cause :.de

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.: émisantes brûhifes, sans toutefois le consumer . jamais. C'est pourquoi, et bien qu'il ait hérité de sa noble origine la marque (Tune encore éblouis- "* -. santé beauté, Famour humain se glorifie en vain d'être un. effort vers TUnité.

; La Charité proprement dite comporte la compréhension, de Tunité du Feti qui actionne là Vie, autrement ditle sentiment de la solidarité universelle. Ne tombons point dans Terreur de ceux qui : . ravalent la Charité au, niveau, de l'aumône, sa . plus mesquine interprétation à la portée des âmes ...basses. La gracieuse- Charité ne juge ni ne con- - dânuie, n'étant point la Justice ; elle ne possède : : point, sachant que. «.la ferre est à Dieu et que nous . -" ne sommes que des étrangers, habitant che% Lui ». - •■ La vie dé là Charité consisté à se donner elle- .;■' même et tout entière à tous, sans cesser aucur nement de. jouir d^elIe^même, puisqu'on, se don- . -.'■'. nant elle? alimenté le Feu unique dont elle est une "-■ émanation i et que sa vitalité s'en trouve augmentée d'autant.

! Enfinles âmes do&t-la substànceest d'une homogénéité parfaite etsans aucune compromission ter» ..: restre sont complètement assimilables au Feu, et . .. le Feu les dévore desortè qu'il ne subsiste d'elles .-' aucun résidu. après : son passage* Elles .atteignent ; . alors le pripciçe même du Feu et elles embrasse nt . dans les éblouissements de. l'extase l'Etre qui ne saurait être.ni contenu, ni retenu. > .". .

Là Foi agissant sur là Charité produit cette inconcevable et terrifiante merveille. Ce qui s'ex- . primerait par cetteTopaze. dont . l'or se teinte de rouge : car 1 orangé est une combinaison de jaune et de roùge^ et la pierre écarlate qui est l'Escarbpucle signifie la Foi. Ôr la couleur complémenr taire de rprangé est bleu, ou Saphir, lequel représente pariai les gemmés l'Intelligence : comprenez que l'Intelligence est la couronne de la passion amoiireûse de Dieu.

: Ainsi se trouvent évoquées les. -par oies : de

i? 8 ^MERCVRE DE FRANCE '

Christ : « Cetuiqui m'aime, je me manifesterai moimême à lui y> m

fm*

PÈMER&XJDE

L'esprit pieux, revêtu d'un corps vraiment pur; que pare la gemme Emerau de, reçoit en partage — les docteurs précieux en font. fox — la clairvo^ yance des au-delà et les paroles prophétiques; En effet, FEmeraude conjugue en sa couleur l'or de la Topaze, qui est Amour, avec l'azur du Sapïiir, qui est Intelligence. Elle signifie donc ia prescience de l'harmonie et la voie de l'amour. Telle "' est la genèse de la verte Espérance. .

Pline parle : « Il n-est pas de couleur plus aï-* mable à contempler que celle de FEmeraude. Nous voyons certes avec plaisir les prairies verdoyantes et les forêts feuillues.;. Mais combien plus TEmeraudenous séduit, elle dont les vertes délices l'emportent sur toute verdeur. Seule d'enjxe les gemmes : elle rassasie les yeux sans les lasser.,/ Elle ne perd jamais son lustre ni au soleil, ni à l'ombre, ni smxlumières artificielles, brûlant continuellement quoique doucement à. Ainsi fait l'immortelle Espérance qui survit aux ténèbres de nos agonies comme aux éphémères feux d'artifice de nos joies, victorieuse de la mort et des séductions du temps.

Le roman de FEmeraude s'exprime ainsi ries Griffons, monstres hyperboréens dont la tête et les ailes sont d'aigle, sur un corps de lion, émus d'une incroyable avidité de toutes choses étincelantes et rares, s'en vont jusqu'aux déserts de l'Arabie déterrer TEmeràude dans les sables ardents. Mais les Arymàspes monocules guettent leur retour et, engageant avec les bêtes dès corpsà-corps sublimes et sanglants, ils leur arrachentles trésors dérobés, éelon qu'il est écrit : « Ne jeie^ point vos perles aux pourceaux ?>„> et <i Prend-on le pain des enfants pour le jeter aux çhïens? »

: Les Griffons, ce sont les palinodies, les contra-

t dictions, les inqualifiables débâcles dé l'imagina-

tioh. que la malice dû Mauvais met en œtivre pour

yole* l'Espérance des Vivants. Les périples- à Pœil

unique, ce sont les vaillants et les forts qui ne

. regardent pas à la fois adroite et à gauche, mais

qui voient toujours devant eux et qui triomphent.

Car l'Espérance;, a un but et elle ne s ? en laissé oas

■ distraire, : "- - : .■ . ; \ : "• ' .-../ ; ; ; ■ ;

iiTï ^ te. contemple^ flamme onctueuse, de.

. lEmeraude, . Espérance 1 infatigable direction de

: lame vers la Beauté inconnue et devinée, face

. s éternellement tournée, vers l'Orient 1 Que.ie te :

contemple, et- que l'acier de mes prunelles .s- en-4

fonce danss lé mystère^ non pour le violer, comme

; nn qyi briserait un œuf, pensant y surprendre le secret de la génération et qui dirait : « La vie n est point ici % ; non pas pour dénuder la majesté du . silences, mais poûrs'ytreinper en un bap^

> terne de clarté,, afin/qu'elle défie à jamais ht' '■ rouille léthif ère du do ute 1 '

■ Àtiiâgesde sève et de jeunesse, lorsque la Foi habitait le monde, la terre, dit-on,- posséda le prédëUX calice oft Itiar 1f>s sniriQ A& Twc^tSIiM' A i-;™«+l^«

..qnesgouttes dusangde Jé$us. Durant les sïécïes,nuit et jQ.ur, soiis. là lampe inextinguible du sanctuaire,

; des chevaliers très purs et très beaux .veillèrent là Merveille, jusqu'à Tépoque où Percevàl, dernierné des héros, vit remonter au ciel le vase miracuteux et sç retira dans un couvent pour y mourir.

; Citait le Saint-Graal, taillé jadis aux confins du tenips en le grain subtil et dense d'une éirteraude ravie à l^côùrbhne de. Lucifer, l'archange orgueilleux et rebelle, au soir de rirréparable déchéance; On dit qu'invisible à. la curiosité inutile des païens, il rayonnait comme letoile unique du crépuscule: K tous yeux vierges de souillures, prodigue : de* richesses et de; grâces envers ceux qui le servaient : dévotement.- : ;. '.-.'■" / "''" ■

ï6o MERCVRE DE FRANCE

Gravissons l'échelle d'or de la légende.

Par la sainte coupe émeraldine du Graal en laquelle l'homme juste recueillit pieusement les escarboucles saignantes des plaies dominicales, ,. il nous est signifié que la Foi, — la Foi dont l'âme active est proprement l'Incarnation douloureuse de Jésus, — est contenue dans la vivâce Emeraudé de l'Espérance qui est la jeunesse éternelle dé l'âme.

Le Désir ayant pris conscience de lui-même,. — c'est l'Améthyste-Humilité," — se place sans le sayoir dans la direction de l' Amour-Topaze, car le jaune est la couleur complémentaire du violet. C'est alors qu'intervient le Saphir-Intelligence : le Désir qui rie sommeille plus acquiert la notion de l'ineffable amour qui est son. but" et se réalise en l'avatar supérieur de l'Espérance. ; ;.

Ainsi l'Espérance n'a rien à craindre du temps,

Ïmisqu'elle s'en va, confiante et bienheureuse^ vers 'immortalité de Dieu. C'est pourquoi .. elle est appelée jeunesse éternelle* Et s'il est vrai, comme l'expérience naturelle ne se lasse pas d'en témoigner, que la jeunesse a reçu en bien propre, et à" F exclusion de tout autre âge, le don de l'amour fécond et des embrassements efficaces, l'Espérance ne sera pas déçuedans son fruit. Or, de même. que

à l'heure, ne saurait engendrer qite l'a resplendissante Charité. Cette . Charité-là, nous la.communierons un jour dans l'Immuable et dans TAbsolu d'où elle . est descendue à l'origine pour être le Principe- . ,

Tout homme qui n'a point en lui la Charité est un cadavre ambulant, un arbre inutile qui sera jeté. au feu, une négation. Or la négation ne s'accommode pas de l'Espérance : car qui pourrait espérer, niant au même instant l'objet de son espoir? C'est pourquoi la vue du Saint-Graàl était refusée aux païen*. Et par les païens ilfaut entën-

'-'"= ■ if^^^ ^étodfië volontairement en eux

; ,tre les fidèles ^^SS^tS^ ...germei .en leur coeur, chacun.selon soù pouvoS Et malheur au rocher aride, au terrain ail £ • ronces ont couvert! " «rram que les

•: .'■ ; ;.' '"■/■■ .. ;-;•;-.'.■-''.■•.. '; -"■'•.". ' .'■■•; : ■-.'.. ■'■'.. ■ V, • ■'.■■■■.■ •.' : .La légende raconte } encore que tEmeraude se ' détachant de la couronne, naccompagna pas l'ai * ,, change, superbe dans sa caWopherefeU? ne '-&■■'

... U^sta savoir que 1 Espérance éprouve de la part"

de 1 orgueil jzne antipathie plus grande encS?

■silest possible, que l'Humilité euf S e Car ï

,. lEspérance est un désir en voie de redisais

:, comment ^onc "orgueil pourrait-il efsùpporS "

i STf S T e; lU1 •** » e Se complaît qu'ÏFsofet

'■' 3^ ÏÏT 3 5 SanS Se Tenier wai ^ent chercher horë' .:■ , de s ?* et de son moment la joie et le repos > ~

.-: Seigneur I nous sommes devenus par nos péchés ;-. .e^ptre orgueil partie intégrante de <^£fw

I>?Faud°r^r^ rable 4M»* plmS- •- ?^nl ^^^M*. 1 * d <>nc . que notre Espérance soit

Qui, Seigneur ! il faudra qu'en cette coupe non- " Son r^-^^^^larmesde nos humâa- ' -, ^ tions et le sang de nos blessures , afin que nous

" ^™ST^ DOilS - mên?es ^ e GelnséS ..et notre ^Go^otha* et, à causé de la solidarité

;., universelle, à cause L du Feu unique dont tdutevie • ■ . faille, les. membres pantelants de l'agome dK- ,i ■

■ '■■ ri * "/ 7' / ; , LOUIS DENISE.

. J.aJr/1 dans. Uprochaine livraison, '

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