‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 43 sur 86 · LA; LANGUE DE DIEU · texte numérisé non relu

LA; LANGUE DE DIEU

■A mon ami Àïcide Guérin.

Quel; est donc le premier sot qui à dit que le latin est une langue morte ?

..;'■• Cmn -Makchemoer,

LàNÇTUSBeatje Marm Vir- : GWts.Làmëtitat ions delà Bienheureuse Vierge Marie! Telest .TaccompUss.eim.eiit , la fleur suprême.' 1 . ; "

: Depuis les Douze Tablés jusqu'à Pétrone et de Commodiehà saint Bernard, seize ..siècles environ s'étaient écou- •lés pendant lesquels oh avait écrit ou parlé latin. Il n'avait

"«&" t. ■* i> ^ î * P as ^ u moins pour que ,1e Stabat Mater devînt possible. * ^

. Il n'avait pas été agréable, ni utile, mais absolument nécessaire que l'univers, fût dompté, con- ■ i qu l' : P e1 ta, amalgamé par soixante portées consécutive^ de. la Louve, et que trente ou quarante peuples fussent cloîtrés mille ans. par dès verbes : .

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implacables sous dés gérondifs çn marbre noir et dans des supins d'airain.

Il avait été prodigieusement indispensable que s'opérassent des immolations infinies, des supplices de multitude, des attentats indicibles contre la Ressemblance coupable de Dieu. '.-■ ,

On avait écorché vivants le.Mède et le Perse, brûlé les Carthaginois et les Numantins, aveuglé les Daces, mutilé les Grecs et les Egyptiens, avili: les Gaulois et les Espagnols, prostitué jusqu'aux Germains et jusqu^aux Bretons.. Enfin on ayait abattu sixcent mille Juifs à la prise dfe Jérusalem.

Tout cela réparti, sans, interruption ni futiles . attendrissements sur un tiers du globe, en l'espace de dix fois cent ans, pour accréditer un impératif, .un. unique Impératif qui sauvait le monde :

Crucifige I... '■.' ':''■ .. '

. Après cela, les Barbares étaient venus pâturer la syntaxe du Commandement et de la Prière dans les plaies du Christ. :

Ils apportaient naturellement avec eux les cailloux du Rhin, les durs et coupants silex de Fran- ' çonie ou de Saxonie, lés émeraudes gothiques, . Tes granits armoricains, les gemmes du Septentrion, les escarboucles et les saphirs du vieil Orient, les topazes, les onyx et les opales mystérieuses des monts; inconnus,.

Il fallait aussi tout cela pour décorer les Heures douloureuses de la Compassion de .Marie, sans préjudice de nouveaux massacres plus denses, plus rigoureux, plus syllogistiques;..

La Langue de Dieu se récupéra comme la vierge souillée du Prophète <n projetée sur la* face de la- . terre- en l'abjection de son âme et foulée dans son sang ». Le sublime latin du Moyen Age, dont les cuistres ont horreur, fut recueilli à tâtons par des. peuples agenouillés dans le crépuscule est trié mot à mot, de leurs mains. tremblantes, parmi les corolles pourries des anciennes fiteurs: maquillées âe sang. , y ■■■-.,;.' ■'■- :

" "Ges pauvres mots si précieux dôntNoIxe'Damè

et si fo? Lï fe It . t t ^ t ? è ?atxence pour les. clarifier,

"rîSi S; -* ¥ ^^ W les âmes amoureuses périssaient en: saaglo tint 1 V

jxiajs aiors,. c était terrible à penser qu'on nonvaït très bien se tcomner de ™tf f>V,l~ oÂ^lff™*

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ou .pendait le mauvais apôtre I '■■'■

' enm^d'K' P ^ tànt ' d é, /générations résignée^ à . ;Cou ps ,d humbles, cœurs , battant .. par - millions

-gîté, I ergastule classique, un beau jour, se décoif- -fa de.son^mbre, les gouffres dei cieux ImS-.:

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ko^^nf & X bo ^oîs fatigué d'un salé ,në, ' S?eSnff P lor ^- s f s « usions »én déelarànt,'.

r^l ? q " à , de ? Profondeurs qui- découragent. .Car la vie n'est, pas si- bête que lé croient lès

■"SSSÏÏSr^ ^to"^^ il **" ^Sèment fS 3 an >We grondent les pieux éternels; '; ■'• .

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lité^ ^ - U non de c ^stianisme,. il est, *i' réV : Sacrée Diëu.pour

uÎ^Ta^ C ° rp 1 S é ! SQEi Sa ng. G ^ la dit tout. . . ; Même dans ses: langes, elle tenait-là foudre.

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Tacite fut un de ses- balbutiements, et Junéval en : fut un autre. Les paradisiaques doxologïes du. Moyen Age, hymnes ou proses, ne prolongèrent pas seulement les. Sacrées Prières qui sont les oracles à jamais de l'irréfragable Eglise .; elles furent aussi, plus profondément, la séquence, régulière de l'énorme Triomphe Romain, ,

L'arbre de fer avait obombré, de ses branches inflexibles, tout être, vivant. Lorsqu'il dut périr à; la fin, lorsqu'on eut fait des lances barbares de ses moihdrevramuscules et qu'il ne resta plus., de lui qu'un tronc insulté, mutilé, pourri, entrouvert, toute la sève dés Victoires une dernière fois , monta jusqu'au faîte et devint cette fleur divine/

Mais, sait-on que le latin est la langue imma- : culée, conçue sans péchés pour qui n'est pas faite la loi commune, et que c'est en .elle que furent inscrits les symboles qui ne peuvent pas mourir? ,

Qui donc osera dire, une bonne fois, que cette . langue dedëvorateurs, prostituée aux nations, est elle-même le plus authentique symbole et la plus palpable image de la Vierge très clémente par qui le Verbe fut enfanté? Beat a Viscera quœ portave- ' runt.**. Beaia Uberaquœ îactaverùni..; . .

C'est à crier d'admiration de penser qu'Horace, par exemple, l'imbécile et joyeux Horace, .dont les exécrables odes ressemblent à du crottin de

Srofesseur, quand on les compare aux Chants du bréviaire, a tout de même servi, dans son ignorance profonde, leshumblesmaçons.<jui devaient ■ construire, un jour, la Basilique lumineuse* .

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