‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 54 sur 86 · LILIA · texte numérisé non relu

LILIA

(fragment)

A Siuàrt Merriti*

« — Lilia, chère amie, apporte-moi tes mains ' . . ; Qui sont des lys, ta bouche où dorment des . demain s - De promesse e% de joie, ô ta bouche,. arrosée . D'un miel frais qui rend si frais les baisers, tes seins, Doubles amphores, et la tempêté apaisée De tes yeux, qui sont des miroirs où je me .pense ; Apporte tes cheveux, fontaine de Jouvence 1

— Au rire de mes doigts déchirant des glaïeuls, .

Je revois trépasser le Prince mon aïeul- )ont j'immolai jadis la vertu décrépite.

Enfant, je suis Satan et sa beauté, maudite I. . . '. Je t'aime, et mon remords cependant c'est toi-même : Les dieux ont prononcé sur moi cet anàthème Que mes baisers soient sans réveil et sans pardon Et que je meure et tue en en faisant- lé don.

— Alors mourons ensemble et ta main sur meè yeux : L'enfer de ton amour est plus grand que les cieux. Verse-moi rélixir des pâles belladones

Qui cernent de leur mort ton front mystérieux 1

— Maïs je suis la Perverse et qui: veut qù*on se donne Irrévocablement à ma Virginité ;

Mais je suis quelqu'Hécate aux amours dangereuses. : ,Mon âme noire -haït les âmes trop heureuses Comme elle hait le calme ingénu des étësl

— Qu'importe ? Tu sais bien que je suis La Triste,

Si je yeux, LOia, périr de ta caresse, - ■ ■ t- est que je sais déjà ton méprisant orgueil ! '

Et SK a t r jq, ? s ^ J° ué ou s'éclôt te jasmin Et, puis, ta bouche avec ses roses de Lahorei »

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YVANHOÉ RAMBOSSOKt

*4â MERCVKE DE FEUNCE

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