AVR1U
feu, les fleuves et les mers -s'évaporeront et formeront autour, du globe terrestre une „nue empourprée, et le : globe terrestre sautera en morceaux, qui voltigeront, comme l'es grains de sable dans l'ouragan, se heurtant . et s'émiettànt ,au ïnilieu du chaos en fusion ., Mais aucun de nous ne verra ni la pluie de feu:, ni la nue de. pourpre. Le crémier coup nous étourdira et nous tuera tous. La prison sera détruite, les chaînes brisées, lé millénaire prisonnier délivrent ma millénaire douleur enfin, s'apaisera ! ." ., A Fouïe de ces paroles, la foule un instant demeura. .
.: stupide, mais bientôt, se remfettant,elle éclata en cris : 5 Pardon I pitié ! nous voulons vivre I > Et la conscience dit : : . ;
-r- O gens ! Enfants déraisonnables, épris d'un jouet . que voias-mêmes ayez défigurèèt avili I La vie n'a-tellè pas été empoisonnée par votre haine et" votre mensonge — et vouscriez : nous voulons vivre ! Vous ïm- ^
;.plorez mon pardon, comme .si -fêtais vènûè venger sur vous une personnelle offense. Vous ne : crôyez pas à .
, ma sainte tristesse^ parce que vous ne comprenez que la tristesse de l'ëgoïsme blessé. Non, je ne suis pas: venue venger, mais vous délivrer du destin,. semblable à une aigle, qui, désespérant de défendre ses petits contre un ennemi plus fort, les tue elle-même. Car, .-. toute, je suis amour et compassion. Par amour pour vous, j'ai conçu de là haine pour la terre, le ciel et le . destin. Quand meurt le jour fatigué, vous oubliez lés souffrances passées dans les embrassements du sôm-. meil ou dans la fièvre de la passion; Mais; pour moi, . le jour qui meurt est une nouvelle flèche, pénétrant .' dans mon ■ cœur, un nouvel . anneau, dont là froide éternité entortillé le monde et étranglé tout ce qui vit. Je rôde sur le payé refroidi, et tout le. tourment et . toute l'ignominie du jour écoulé s'amassent sur moi, pareils aux pesantes 'vapeurs qui, le soir,. se conderi- " sent sur les grandes villes, Àlorsy la pitié s'embrase en moi jusqu'à l'extase, 1 moi seule je survis à la vie assoupie de Inhumanité, et, c'est comme, si tous ses , . cris,. tous ses sanglots voulaient se fondre en moi en une clameur ihsensëç et ébranler l'univers et éteindre la lueur des astres impassibles. . Et en . même temps ; que cette pitié, une haine me secoue* Je hais la terre, qu'en un ^jôur ont foulée tant . de pieds, chancelant <le maladie et de douleur ; je haisl'àif, âaris lequel steii-
. lement- se sont rperdues tant, de malédictions et de
30ù MERCVRB DE; FRANCE
..Jp.Jll->-liMi l LU |q m
plaintes ; je hais le ciel,, vers lequel vainement se sont. tendues suppliantes' tant de. mains tremblantes, " Et, par-dessus tout, je hais le destin, cfct invisible, geôlier qui nous jette dans la geôïe du monde jet; se. tenant caché derrière le mur des chos^ jouit malU gnement du spectacle de notre infortune. Ce n'est pas vous, ô gens, que je suis venue maintenant mettre, en cause, mais le destin; je yeùîc par la mort, vous arracher à ses griffe?. Si vous pouvez, metfcez-vous . sous sa protection; prouvez que la vie n'est gais une inutile souffrance, que la mort, n'est ïpas une : criante injustice, une offense insupportable, irréparable, déchirant Tâme ! Convainques-moi que dans le monde il. y ait quelque chose de saint et de .Seal, et je me réconcilie avec nion sort, je bénis les souffrances et j'ordonne d'éteindre ces feux menaçants.
Et une confuse espérance anima la foule, s'éleva en un grand tumulte inquiet. Oh t avec quel joyeus délire la foule entière, comme un seul homme, se serait jetée . sur la conscience et sur ses sombres conipagnpnîs, Jee ' aurait liés, traînés en prison, les aurait livrés an cruel supplice ; mais leurs mains tenaient les torcheg . ter- . * ribles, , contre eux rien né pouvait, être tenté par la force, il fallait les convaincre f Jf ;. Et les gens sedemaudaientavec alarme s'il ne se trouverait pas quelqu'un qui sût ce qu'il y avait de saint, et de final dans le monde,- Mais aucun de ceux qui remplissaient la place ' et les rues ne lé savait. Il y avait là des. guerriers, dés , politiciens, des mondains, des virtuoses, des artisans. Avec effroi, ils reconn aïssaient que jamais ûs n'avaient médité sur les questions de l'existence, ie.s tenant pour d'oiseuses balivernes, et se moquant, de ceux qui,, plus ■ haut que la gloire et îa richesse, avaient placé telles idées inconnues. Maintenant, la foule se souvenait des rêveurs dont elle avait ri. Allons '* efix! crièrent des voix: inclinons -nous, promettons-leur richesse et puissance, pourvu qu'ils nous; sauvent et qu'ils fournissent quelque raison à cette femme insensée, Qui peut les amener ? 5errons~nous, ouvrons-teur : un passage !.
Et quelques-uns allèrent chercher un ermite, qui demeurait au bout de la ville ; d'autres se dirigèrent . du coté de la prison, où on avait, enfermé un jeune homme pour sa. foi au bien social; on : se souvint d'un, artiste inspiré, d'un misanthrope, d un savant. Longtemps la foule s'agita bruyamment, suppliant & conscience d'attendre; que. vinssent les meilleurs :.
AY&Q ï$$3 ■ '■' "' .*.'3°7
d'entre; eu^, qui lui diraient tsnt m qu'elle demandait.; ■ «— Il vient, il Vient, faites plage ! » retentirent des . yôiaç ■;. et la, foulé s'ouyrit, sionn'ant passage à Termite, . un grand yie^i.ard; yoftté, au yisage âïîr , bruni , comme pétrifié, autour, duquel des ]boftG]Le§ • HaRches semblaient l'écume qui. vient battre une rocke contre Je : rivage, ^ïême; â la lueur rongé 4©$ tombai, son visage restait >ysaiigu^. Soutenu ^J3ug les. feras, il s'avança lentement jusqu'au pi^â de .la baufeeur sur laquelle ".se tenait la. conscience, et U porta sur elle ses regards • éteints.: ■■ ', /.' *'.. ^
; -^ Ecoute, écoute^;! pria la, f^îe^é^st un saint . boïùiney étranger à la cupidité et au péchë, vivant de
contemplation.
, Et j'erniite, réglant |a ejjnseienee r dïfc 4lune voix
calme et unïfprffteL ponime Je Bruit désgauttes d^eâji
dang un ^Qi^terfaiw hupi^ie : . V
-m Ils jn'ont a#Len4 ?r . lis djLssnt que. tu yeux tuer -
toute yie., , Tue.-,. Je n'ai .pas peur de la, mort. et je ■ ne puis pas mourir. .. Moi-même je me. suis .donné la
mort, j'ai fondu l'être avec le non-être,. \ Je suis' si: .
tranquiUe|que je ,ne suis pas jpyiepx -du repos. '., si ; peureux, 4ue je ix'aï pas conscience 4e la félicité. . ^ Ne l r écôute pas -^ crièrent de la foule des. voix
indignées '-": il est fou J insensé ï ' ■ - ' ; Et des gaines 4e mains se tendirent pour entraîner - Vvïeillard. '■..'-": '-.■■* .■■"-
Ip4fëérent, Jî se tourna : vers Ija foule, et bientôt.
disparut en elle, reçu par des outrages j des coups, .
poussa toujours plus . loin, de l'uïï â l'autre,' pareil à .
un corps niôrt Rejeté par Lee vagues 4e la mer.
La conseiênç^ ayeç une .tristesse înfiriieyté suivit '. dû regard et.n^urn^ura :
.- — Tu as fuTL'amour-propre* et cependant tu ne t'es
: . spueie que 4e toi, et e$ de ; longues années jde privations
£iï t'es habitue '.4u : gï?ût de: la ■ mort, afin que son
; poison ]te parût; après jnoins anaery T# es. sorti dix
., f oruin" de la fanfaronnade }iurpaine,e.t cependant tu ne
yis que 4e la fanfaronne Gônspiencede ta supériorité
sur les lâches frumains. Tu' a$ repoussé l'enivrant
Tu. appelles je npn^êtrèle Jb|en suprême^ et cependant si c'était un bien, fâ vjsieri de Ja yîë ne. t'e&àyerait jpas ? tïi n'aiirais pas peur 4e Ja mort e£ tu n& .vaincrais pas cette peur pa? Tepïrçies 4u.; non-être. Vraiment
3o8 : MEItCVÏtE DE FRANCE
valait-il là peine de lutter toute sa vie contre la force des passions, d'aiguiser sa volonté pour la dompter, pour à la fin des fins étire changé eh cadavre vivant, . en pierre respirante ? Ne valait-il pas mieux détruire en une fois la connaissance, que de la mutiler par, morceaux?... .
Et la conscience porta, ses regards sur ses compagnons. Un d'entre eux, aux paroles de Termite, s'était troublé. S'il est possible de ne< pas craindre la mort, pourquoi aller au-devant d'elle ? Il éteignit, sa torche * et, au milieu d'un général frémissement de joie, quitta . la hauteur. Mais ceux qui restaient se serrèrent plus : étroitement autour de la conscience et élevèrent plus haut leurs flambeaux. \
A. ce moment sortit impétueusement de la fqule une ' jeune femme élancée et noble ; tordant ses beaux bras .. , au-dessus de sa tête, elle" dirigea ses yeux non sur. . la conscience, mais sur les personnages pâles, qui se tenaient derrière elle, et, d -une voix sonore et palpi-, tante, elle s'écria : .
— Pardon! ■ ; '""
Et ce simple mot, sortant de ses lèvres, semblait .. prendre un sens profond, parce que ses lèvres étaient jeunes et florales, parce que son cou et sa gorge blanchissaient au travers de son vêtement léger, transparent. Dans ce vêtement, une heure .auparavant, elle . régnait sur une joyeuse orgie. Entendant dans la rue le vacarme, et apprenant que Dieu sait quels exaspérés voulaient anéantir le monde» elle avait seulement prononcé: « Des hommes? ^ .Et, ordonnant à ses compagnons d'orgie de la suivre, elle s'était jetée dans la fouie, au milieu de Laquelle, protégée par un indissoluble cercle dé corps, elle avait passé, intacte et lumineuse.
— Pardon : — sùppliàr-t-êlle : je yeux vivre t Je suis jeune — j'ai un tel avenir dé bonheur !. Combien de fois, sur cette poitrine, des gens jurèrent qu'ils étaient plus heureux que dés dieux. Pourquoi vos . visages. . sont-ils si austères et vos regards si peu caressants? Est-il possible que vous n'ayez personne à baiser sur la terre? Venez à nous,et je yous apprendrai à sourire.
Ainsi parla-t-elle, souriant elle-même entre ses larmes, suppliante et agaçante. La lumière des torches jouait dans les brillants de ,son collier, sur la rosée de ses yeux et de ses lèvres .Et elle était si belle et désirable, sa jeune voix passionnée pénétrait si profon-,
dément dans le ■ cœur, que les torches tremblaient ■; dans- les mains des sombres personnages ; et Fun d'eux," un adolescent au visage maladif, éteignit la sienne; . En une minute, il fut aux pieds de la belle créature;, et, brûlant du fèù de ramoûr, pressa sa robe sur ses lèvres ardentes. - : "■-'■■ ■"'.. * '■;;;■■ ' -'[
.- Et la conscience, en une mélancolique extase,regarda la belle créature et dit : L .
.— Merveilleuse enfant, née pour enchanter, combien tu me- fais dé peine ! Ta vie devrait être éternellement célébrée, et jamais ne ' devrait t te toucher le . poison dé la pensée qui me fait semer la mort. Je te contemple,, et quelque chose d'étrange; se passé en . moi, Pas un sage rie pourrait remuer mes -doutes autant que cette luxueuse chevelure; sur ce petit front, ces yeux bleus, ces lèvres capricieusement reco- , -., iquïliées:.. je ne: veux pas inè laisser aller à leur poésie, maïs avant que la pensée mûrît dans ma tëte> déjà, . .Dieu sait, pourquoi, j'étais sous 'la puissance de ta ".- ". beauté, , arraché par elle à la terre et à ce qui est terrestre j: entraîné dans le monde de lumières, où la tristesse ne se distingue pas. de la félicité. Et tout ce quia été tué.;par là raison £t l'expérience 7- Fimmortalité^ la foi, la divinité *-^ tout ressuscite soudain par ,1e soufflé de la beauté, et les larmes, depuis longtemps pleurées, gonflent de nouveau dans les yeux. Oh! combien dé fois, comme maintenant,. at-je tremblé . devant -le vivant mystère de la. beauté ! A la poupe du vaisseau, àTheure dorée du. crépuscule, — au pîçd des glaciers, sur lesquels la lumière de là lune ! reposait , immobile, tomme privé dé : sens par; Tinsatiable passion, — dans le calmé clé la forêt: enchantée^ — : par- . tout je succombais au même doux tourment. Et. alors, il me semblait que tout était clair * expliqué, résolu. Et je pie disais : Spûviens-tpi t imprime en toi . |>ouf l'éternité la révélation, de ces minutes. .. Comme dans .un milieu étranger le son dVurie parole^ connue, je devV. nais et distinguais soudain l a sensation de la beauté ; au: milieu des autres sensations de la vie. Et la beauté. des eaux et des montagnes mfe semblait encore plus attestée que là beauté Humaine. . L'amour pour elles : est si désintéressé et si pur; Je n;e réclame d'elles ni caresses, ni . réciprocité. Qu'est-ce que j'attends, .de rétoile qui file^ de la brise qui Rendort, de la. vague qui meurt?..- Je sais qu'elles n'entendent pas niés transports, que cette vague est prête à m'ènglôutir, . .
n° . ■;■ MERcy&E, fii France
qtifc tetïe brise fre se tftmblri-bft ^** au
je tead, à elle delo^f fe^^ S
cette qù 6s ti 011 . â quelle tffSt Se la h£w ' ^
' cttjttf, pourquoi l'âfe™ làfle t riS ^ ^^ ? atl0i ^ de
. l'elfe dy fitSK &2iîr^iP n ^ P*^ ■ • que dé aên'ét^t ïao .? i èt dé ^ a u m e semblait fàtion de l4m fîàSS^T d**^*» £? aiê Uflé disëiïaUi ' symbole- dS£fSS , ^i? 1 ' làBétoté eëtlë '
Crime doùt^ri/»c d fi? f ^W * efhtfaîfle-frelle àû ost-as Loto £S S etles dotode «as» '
pour avoif revêtu la stileùdetodti^^I?! 111 W*?*. cœur dliû seul pirate S HW 1 "^ ? Le temple la splendeur de^r^ «^ 0lïi ? 0ur avoif 6od - ''' dû couchant ' NoT „îw £°lft d ?* J^S«*» àu * "feu*
torture aiifc trinînd *q»* ri*^ ^ / ^ Cb -iP stni .roents de ■
. soif, AJ ffeuiff ^' f S le ;«*** ^.
montrer le cùemih r* « w I,'* ■ ,« ^ , sl & d - e > s artS
t jd rf*- rt '» j A ^.vie, je n aitnais pas I Et tnainff*Hb«f : f ■Le désir de -Vivre gmi-p a rtithr^j*r -, ; ■^ ûtî -' i -
«« respire ce seul», appeler stif Son visage
AVRIL ï 893 '; ..;':■ . f lz .
tantôt le sourire, tantôt la rêverie.;. provoquer et apaiser le désir dans* '.son sarig, ; . ê entends-tu, dans; . son. sang 1 dans ces membres souples et doux î Ils frissonneront^ frémiront dans le délire de Tétan- chement, et c'est jriioi- qui serai la vivante source de ; sa félicité -~* moi 1 Aïe pitié d'elle 1 Aiè."piti<£ de moi 1 . Ainsi balbutia^ Vâdolescenty et la conscience rintèi*-' . rageai- '- * '. V.,-". ■ . -'•■.". .•■•
■ ^— Consens tu à ce 4nie d'autres' que toi aiment et caressentcètie déesse?.;: ".'■'■.'
L'adolescent se redressa, fouetté par cette question, . et- s écria *■,;'■ * ^ ■ •
~~ J'ai surpris dans ses yeux le rayon de l'amour réciproque. J!ai . senti, qu'elle a Répondu a ma pression; Interrogera. -Elle est mienne devant le ciel et devant les hommes I Je ne l'abandonnerai à qui que ce soit" qu'à mon dernier soufflé* .-. \
— Je, reconnais le langage de l'amour, dit la coris-
ciende\ Non, mon arni 7 -celui qui a trouvé la véritable
divinité n'en est pas jaloux; mais/ au : Contraire,, est
. prêt â tous lés sacrifices,, pour que tous aiment aussi
sa divinité et lui rendent hommage comme lùi r même.
. Mais . l'homme qui. s'éprend d'une femme et la femme
. qui s'éprend d'un homme, se trompant l'un l'autre par
les noms dé sainteté et de divinité, meurent d'angoisse,
si leur divinité reçoit les hommages des autres, .
Et f regardant au loin ., la conscience poursuivît comme pour. elle-même : / . .
-f. Il fut un temps ou les hommes considéraient comme sacré le service de FEtat. Alors l'amour; entré homnie et femme n l était pas élevé à là. hauteur d ? un sentiment céleste, mais était ce qu'il doit être ;.un
f;age de naissance et d'éducation de robustes citoyens, 1 arriva . une autre époque où l'amour, fût tenu, pour . une, faiblesse, et s'il resta. consacré, ce fut au nom delà famille, jjour. que né séchassent point les seins des : femmes. Mais cette 1 époque aussi passa, les ècêurs se refroidirent pour TËtatgur ïâ terré et pour lé règne dans les cieux /Alors, ne sachant de quoi remplir leurs âiiies oisives r lés hommes commencèrent à s'adorer l'un l'autre, l'homme, la femme et là femme Thomme, ils détournèrent Tamour de la famille et Térigèrent ■* sur un piédestal particulier/. Ils rassemblèrent tous les débris des idoles précédentes et les refondirent en une. . idole delà nouvelle divinité; ils coulèrent les anciennes : prières «il une prière a la beauté féminine, car/l'âme
temple de l'SsS'cJ^ *»™s, que le
Dieu et de l'éternité c&èbren^w * es ' OVL ™eux de r+ la <«•.,!- -. "TT - j,' > eiet}re °tl entraînement du san«r f,"f T a décidé. que cela seul était di^n^ffi yéntable Jamais n?ont retenti des hymne? auS >?
mente, la Inmièré/le s ^ f rén^ation " ï^^ leuse harmonie dés forces de £Tfal- ^iracuciel la sympathie ^SS^-^SS^SSS£ — à 1. exception, cependant, du rival- T^EowI e ' . au nom de l'amour est nne^S'i abaissement
spsÉsgliiP
Et la vérité violentée se veneè Celui' nm >* iV trbmoerieWlP^iL 7 -trouver inévitablement la
. tss^^sss^'^ss^ * *<>-*•
que lorsqu'ils l'ont bu ïï^-jS^T%S?%ïï?*.
réussissent pas à ^ ImT*-^ a* J^ ACII 4 iere }?}&• oils ne
de^our,^^^^^^
22 3& °? SC P 1 ^ nen ï de ^SsseTeïuSe OU "
cueillissent comme 3,'uri signe .de maturité de. coeur. Et quand on voit comme de. génération en génération se transmet le culte insensé, des embrasséments amoii- . : réux; que les uns .célèbrent avec une douce piété, lés . autres avec une démoniaque arrogance, ; ceux-ci avec une pudeur manifeste, ceux-làavec une impudence dissimulée -7T-, quand on entend comme retentissent to.u- . jours de nouveaux serments, oubliés en un jour, et de .
nouvelles railleries sur ces serments, des dithyrambes . aux : divinités dernièrement découvertes et des malé- . . dictions sur ces .divinités, bh ! quelle lassitude s'em- . pare de l'âmë} comme oh voudrait ne pas voir et rie rjas entendre 1 Cours à ta ..déesse, rampe devant elle, baise la poussière: que ses .pieds ont foulée,— ta. fureur ne ; m'étonne ni néme touche 1 . .
\Ainsi parla la conscience, mais déjà l'adolescent était . loin-. Emporté par-ie reflux de la foule, il avait entouré de. ses bras sa bien- aimée évanouie, l'avait ranimée sous ses baisers et sous. ses larmes^ •'*[
Alors la foule poussa eh avant un nouveau défendeur. Çétait un. vieillard à Failure assurée et tranquille, au front haut et développé, au regard pénétrant. Sans hâte, il s^avança *jusqù'au pied de la. hauteur et. dit : . .-Sitodésxres'savoirquelestlebutto^
ferai mieux de me taire et dé m'éloigner. Demande cela aux poètes et aux philosophes . Ils aiment tant disser- '..' ter dé ce qu'ils ne . savent pas et. de ce qui est ihacces- ■ sible au savoir! Moi, je hais la demî-vérité, qui est en même temps le dèmi-mensonee^ IL me semble pius ; . digne d'avouer que le but de la' création est uicom^ préhënsible, et de diriger ensuite toutes les . forces de mon esprit sur la recherche plus modeste des relations de l'univers, visible. -Reconnaître l'univers tel qu'il parait-, ne pas mentir consciemment — voilà le plus grand ; - .bonheur èty.si tu -veux ,1e but final, de notre vie. "Et ce bonheur m'est accessible .' La nature découvre de- . yant moi. mystère après mystère, voile après voile. La force terrible par laquelle tu veux maintenant anéantir /la . terre, m'est, connue, et je sais combien elle est perr 4 . mçieusé. Mais si tu aimes effectivement la vérité, ordonné; déteindre ces torches. Tout n'a pas encore été . recherché ;■' r édifice de la science n'a pas encore été couronné. Laissé d'abord atteindre aux bornes extrêmes du savoir accéssible,décoùvrir l'unité dés éléments, Tu^ nité des fôrces^er. alors,situ *^eux,anéantisla terre!. ./ . Ainsi parla ' lç vieulara, , et dé nouveau un des per-^
3*4. MERCV1E DEipRANCE
■«t?*aI? sc î ence ' La science l - éclata la foule eri un . en- de soulagement et d'espérance : ; voilà là chose sainte de notre vie 1 Pardonneras, au nom de la science 1 Nous tous l'adordfls, la soutenons, levons Regarde combien nous avons créé d'univers tés Sa-
sons les élèves de toutes les charges de la vie. noue donnons de lWe« pote les rëcfches noï ÏÏS pou des expéditions, nous payons pour des ftSfiX,et tout cela au nom du savoir 1 ■ /V»««s,
Et la conscience^ se tournant Yëtê le vieillard, dit :
et J^ t£ n * 1S ' m P étta **>^ Kêtre de la science et, peuL-etre, personne ne nie -serait si. proche et si
SSES'^*?- L f f qUe je * 9 *' œnnai s sanc?les sédalfnt Tnfcf C - £ lemenson S f e somagea n tme,po S =
lia SJ. i S i dlS ! 1 ^ S, £ 0mœe Ies oaib * e5 de ** &** a la lumière de la vérité, tu transformas le ciel en dé^ ;
sert sans fond, les étoiles ■- en foyers qui s'éteSient sans avoif été allumés par personne, il mJSSSl ■ harmonie de l'univers - en lutte aveugle de fS w^ a | m , eS . eB P. éfan ^s, ma foi, et* après une furiS lutte, séculaire, je me réconciliai avec toi, j'entSla
SBÏlï 1 S?*"*? 6 - cour ^^enient je mSai ou?în^"' 6U - J ^P^t.qpe tu tae donnerais plus que ce que j avais abandonné. Ett effectivement iurtZ ■ procuras beaucoup de jouissances très puSS, dÏÏs la tranquillité du cabinet, au milieu des éniffmatiouea
delà déduction, maigre elles te découvraient leurs -se- Zf^r 3Ur ^«iteiir ' de l'observatoire où tu te dtlalu^TÏ A ? té ° n ' pOUt *&* les «ouvemênts
éto les l ÏÏ™ SE?" ?° US t0li regàfd in q«isite«r. les étoiles les plus éloignées, — au. seuil des ëlacee éternellement ténébreuses, où tu avais dirig^fon chemfn fam?1i?!f *, nS ^ nt i a T ie et mettant alëdessusde la ,
ÏÏÏS X It gl01 i •' f ** n^^-td.rtVB que tu ap! pelais le pôle, -=> la, ton. inséparable compagne ie me
tes ^ Jh? c V1 f^ es ^ é . s ^ b laient inébranlabtes, Sue Sritï *! ffv ab i eS ' et J fecro 'y^, enfin, que l'antique verifé allait enlever son voile et que le verrais ses traits immortels depuis si longtemps £S£&1 ■ par moi. Et en outre de.cette bienheureufe sfrSIStu me donnais encore à goûter. le sentiment du t^omphe ..
AY^LhhS^ ',.■""'■" ; "' ■ \ >*5
et dé l'orgueil iHiociitésj quand, je Voyais à tes pjeds'j déjà vaincue et chargée de fe*s f là riatuféy prête â accomplir tés xtésirs et même tes caprices ; Tu brisais . la puissance du, temps et de l'espace ». Pouf la seconde fois, tu dérobais le feù du ciel et suscitais là lumière . devant laquelle là. ïuîï.e ne jiataîf ^qu'une tache jaunei Tu . permettais aux nommes de cbn verset à travers l'océan* et le mugissement de la tempêté n'était .pas capable d'étouffer leur faible voixi Tu abolissais l'esclavage de l'homme ^ et j délivré) ceîui=ci iînposait le joûg dû ira- . vail à des esclàVëà d'acier aux muscles de fer* Oh ! combien pitoyables me 'semblaient devant toi les impuissantes invocations des poètes à;. l'âge d- or j leurs paroles sonores en face de tes silenèîeusês ac« tibnsî je croyais qu'au fond de tes côrnliès tu trou^ yeràis non. seulement là venté, mais^ la liberté et le bonhetirdérhuniani^.Combidntoon désenchantement
■ fut ininiefasé 1 ■.'"'* ■ - .
. Aubôufe de .chacun dëë chemins ou tu t'engageais
avec: le flambeau du savoir .— que te fût cette Voie
lactée d'étoiles oiij '.-.plus fin qu'une toile .d'araignée* le
. réseàU sanguiti de ton eofp& — tu es venu te hèurtef
à un seùiî infranchissable ■"— à une' porte ferâtée oia.
■ était inscrit ;-■'*. Mystère »', Alors" tu. as dit i.« Ignora- " bïmtïs »j6t tues revenu eu arrière* cotaptant orgueil- V leusemënt lès pas faits* Je ne pouvais pas revenir en. . arriére aVec, toi ï là où finissait ton triomphe, cohi- , ; mençait met peine * Je souffrais de ce que je ne comprenais pas à, qui il était utile ique je vécusse^ entourée
. de mystères j ignorant nia destination dans lé mondes Et toi K non seulement tu n'étais pas de force à me cqnsbler/ mais, tu rie partageais pas - ma: douleur , impitoyable et grossier, tu te moquais de mclL -Périt • être, â ton sënfe^ âvais=tu iràïsohj car tout ce qtd." se trouve aUrdelâ du seuil, my atéfieuè '■ n'existe . pas pour foi; dans ton laboratoire, il n'y a pas de pieire dé touche pour distinguer ce qui est sâcïté de ce qui est , .vil'j Gë qui a : un but die ce qui n'en a pas ? ce qui est immortel de ce qui est caduc ^ et à causé de delà tû •ne les-* distingues, pas; Maisj a. l'ouïe de. ton rire ïmpi^ tbyable j j ? ai compris combien meë. aspirations et leë tiennes étaient inconciliables/ et le triste soupif du
" : chanteur ighprant mé parut cent fois plus humain et plu£ Vtaî que toiit.le tas de tes impassible^ vérités^ Et dé même- iqùe les enfants ressemblent à leurs pafehts^ de mêjçnè tés célèbres découvertes te ressème ,
blent et servent indifféremment le bien et le mal la vie et la destruction^ le labeur paisible et le .fléau de la guerre. Tes machinés aux mains de l'humanité sont le couteau tranchant aux mains d'un aveugle. Et en armant les mains des hommes ducouteau tranchant du savoir, tu as ravagé leur âme, tù as
ru lia cu F *ix ex xc naadxu aveugie et i' <u tmtémonstrueuse tu as poussé l'homme dans les bras de la sensualité et de la dépravation, et pour le récréer lui as jeté quelques ingénieux jouets. Toutes tes orgueilleuses inventions — gloire de notre époque — comme elles sont pitoyables au fond, et combien méprisables les buts auxquels elles servent I Pour proçlàcaer.le dieu d'amour pu les droits de l'homme, ni les apôtres, ni les philosophes n eurent besoin du télégraphe ; aujourd'hui, les ■ millions de fils d'archal tendus par toi servent aux fourberies de la.bours;é et au bavardage des gazettes. Parce que maintenant tu -éclaires les vflles, pendant, la nuit, de soleils électriques, l'ignominie des mœurs noc- . turnes et le commerce dans les rues du corps de la femme ne sont devenus ni plus pudiques, ni plus attrayants Que tu nous aies donné la possibilité d'imprimer pour des siècles éternels non seulement la phrase dite mais encore toutes les . nuances de ia voix : nous n avons rien à léguer aux générations futures que nos angoisses et nos incrédulités I Chaque jour, tu enrichis les hommes de nouveaux instruments plus parfaits mais le but auquel servent ces instruments apparaît chaque jour plus vain ; et, grâçeàtoï, l'humanité ressemble à un chasseur citadin qui, muni d'une arme perfectionnée, de gibecières et de poires à poudre, se rend dans la forêt suburbaine, où depuis longtemps il ny a plus de gibier; Si nous. nous tournons Vers toi pour chercher un réconfort, tu nous repousses avec raillerie, nous alléguant que l'immortalité et la foi, sans lesquelles nous périssons, ne se trouvent pas dans tes cornues. Comme un médecin, tu as prononcé sur le vrai la sentence dé mort, tu as rassemblé tes instruments et tu t'es tranquillement' éloigné. Mais comprends, comprendsl Le vrai, malade à mort, n'est pas un mot que l'on puisse biffer. Ce mot -^ tourbillon de vivant désespoir, ce mot est une force -, plus forte
que la vérité, qui est une demi-vérité aussi bien, que tout ce qui a; été découvert jusqu'à toi- Pourquoi. : àttëndrais-jè jusqu'à ce que tu aies résolu l'unité des forces. et. des éléments.:? Si là vie , est sans but,- la 'science, comme en étant uue partie, est aussi sans tuf .Je 11e puis briseir le sceau du mystère éternel, mais je puis briser et je brise mon impuissance devant ce mystère K.. ; . - '. ,;;" \. : V ,',- • '■'".■•, ■ ., ,',.'
Ainsi parià.la: conscience^ et le vieillard, comprenant la stérilité de ses prières, se retira tranquillement de côté, etj sans faire attention aux injures de la foule, se mit à exammefiafuméé des torches, redoutant leur terrible effet, mais redoutant encpre.plus, par amourr propre d'inventeur, leur inefficacité.
...-. Alors sortit de la foulé un homme dans la fleur delà force et de la beauté. : il tourna sur la 1 conscience son regard -distrait sous «es lourdes paupières^ et lentement commença: .
— Maintenant, à cette heure, je ne pourrais pas te. , dire pourquoi la vie; est réconfortante : et. désirable. ï, 1 angoisse jîë dégoût, Tennui me rongent. Mais tandis . que je;";suis chargé de la vie, dans mon âme, ; à son insu,. s 1 amoncellent les impressions de cette vie lassante, comme dans les cieux sombres s'amassent ; imperceptiblement les vapeurs de la terre et' des mers. . Et de même que : les nuages saturés ne peuvent pas ne -pas rençhe à la terre son humidité, de même mon âme doit renvoyer au monde les impressions .reçues de lui ; mais elle les renvoie illuminée de réclair de .Finspiration et tremblante de passion. Et comme une femmèdans la pâmoison amoureuse a soif de l'attouchement grossier^ ainsi, aux minutes d'inspiration, je recherche là matière grossière ™~ là terre glaise, les -, couleurs» les cordes, les vulgaires mots humains, encore plus grossiers que la matière, .— et je crée, je crée quelque chose, quelque chose de semblable à la réalité, mais mieux fait et plus durable, je souffle, .moi-même je. ne sais comment, dans cette création, . mon extase, qui yivra en elle, comme l'arôme dans ; une fleur, enivrant tous ceux qui. s*en approchent. Oh ! en de telles minutes, l'immortalité et là sainteté me .sont; compréhensibles et proches, plus --proches que .. : maintenant cette foule. Alors, j'aime passionnément — \quoi ? Et j'aime l'homme juste,- et le malfaiteur > et la tige qui croît solitaire sur la, poitrine d'une pierre- et même i'aimë la mort, ses doigts froids et humides;
3*8 MERCVRB 1>M FRANCE
J 'éprouve tout ©a quç doit éprouver le royal exilé, lorsqu'il "entend â l'étranger les sons .dê.rhymn£ de son pay§, 4e l'hymne doût ses sujets le saluaient autrefois. U me semble alors que chaque arbuste, chaque pierre sont, comme- moi, des. exilés pouronués ? - ; que UQUS devons, jusqu'à nouvet ordre, cacher UQtfe royale origine, nous feindre étrangers, mais que, eu .silence, nous nous comprenons l'un l'autre et que nous.écbanr ' geon§ 4è loin en Joiu. un signe mystérieux, qui est Tait, conscience, je né sais pas d'où viemVçt quelle est t£ force, mais je. te dïF£Ù quelle ept la force de Ja création,. Je me représente le créateur,: décidant de : créer le monde, Pensif, jl s'eçt arrêté sur l'abîme du chaos, il prend les grossiers morceaux 4e la masse informe et crèç d'abord les é}#Jïe5 mortes qu'il disperse dans l'étendue j comme Je semeur jette les gf aines, ensuite -^ tout ce qui est £oué deyje, m.ais. ept sujet â la mort — les poissons, les oiseaux, les^animaux avec l'homme Intelligent à leur tête. Mais Ja vue dç. l'âme. humaine, saiiQ ailê§, avec le sceau de ja. chuté, jjâle" et craintive, comme un rayon de lune, ne \e satisfait point. Enflammé parla pensée créatrice, il saisit de nouveau^ monceaux de chaos et crée les, légions des anges, doux etimmortels, chacun avec d^u* aijes, brillantes comme l'éclat du soleil. Et les âu^s humaines s'obscurcissent, s^éloignentj disparaissent,.. M^|s la beauté des anges ne satisfait pas encore je créateur. Dans un coup de. vent passionné, îl crée le$ séraphins à six ailes, triomphants, ijluniinés *d T Ùne éblouissante lumière, et les. légions des anges, les voyant, p^lj^sent et tombent le vi$age contre terre... Et le créateur, déjà dans l'enivrement, dans, l'extase de Inspiration créatrice, encore une fois pren<i des monceau^ de chaos et orée —r l'idéal I Et considérant sa dernière ceuyre, le créateur voit qu'elle est merveilleuse £t
dessus lui tout, ce qui restait dû chaos et -dit aux anges et aux séraphins : Garderie l Qu'il languisse là éternellement, jusqu'aux temps ou s^àçcomplira l'impossible; où le plus imparfait des êtres intelligents pro~ duits par jupi, où ~ l'homme créera une image pareille en. beauté àt, ce prisonnier. '.
Alors commença la vie dé l'univers, Jl.es constella^ lions roulèrent , le soieil répandit des ppéans de Fuyons,. les me?§et les forêts mugirent. et jLa vo&.àe
Ayiït 1891- 3M>
Homme retentit, ypkl méusengèrê et dàus la joie b% dans la douleur. Mais que mê : sont I4 joig et te peine des hommes l Que me : -s^ntleùrs ; désirs et leurs luttes J Au milieu detouis les &w&vë spns'îérrestres et célestes,. . j'entends d© foiritains»;; de faibles soupirs. C'est te.soupir de l'idéal ëmprispnné,..le N cri qu'il pousse jus*- Iqu'à moi : Créé, délivre-moi 1 Comme ; fou, je me j^tte sur le -fouri»,. sur -la palette»: sur le clavier, sur Je papier ,™ et toujours plus distinct m'arxive îe lointain frémissement :.Qsè, §&$; mm libérateur [ Jecré# images sur images, toujpurB plus beîl§s $t plus parfaites-et mon âme s T élève bien au-dessytè ,4e îa terre, 4i je vois les anges reculer âvsô egxoï, le? masses de chaos se séparent, et déjà, à. travers les VPÎles déchirés de la nébulosité primitive resplendissent les : traits miraculeux du prisonnier 4m ressuscite, Mais £ peine l'ai-je entrevu de loin, que. le désespoir s'empare de moi,ei je comprends combien vâiuêff^t imparfaites vis^yis de lui sont mes fragiles, mes .mprtglleè {images, tes. montagnes se joignent* les. gages Rapprochent, avec des glaives, l'impuissance embrasse mou âme, et elle retombe comme morte sur la terre, haïe» Et de upu veau, autour de. moi, j'entends les vopç mensongères . des hommes' et les lointains soupirs du prisonnier.
Oh 1 si je pouvais, ne ftpm qu'une fois, créer l'image
■ parfaite L,. .-'
: L'artiste se tut. Sur sou visage foulaient des. larmes,
pas .personnages- éteignit sa -torche et s'éloigna de ms
compagnons,.
Wr L/artl L'art sacré! criait la foule. Pardon ne.noûis au nom deTart l Vois combien npus : avons d« galeries, de musées ! Nous 'dpuuons des sommés folles . pour, dés statues et des. tableau^ nous érigeons des monuments aux poètes, nous apprenons à jjap's enfants, la peinture et /la musique. Calcule, à conscience^ ce qu'en un 4h nous coûte Fart, et tu verras combien nous le déifions. Aie pitié en faveur de Fart }
Et la ^ cohseienee, jetant 3ÙrFartiste un regard navré,
' — : Situ savais comme je suis émue et troublée par tes paroles 1 Tandis que tu parlais,, il me semblait qu ? uu miracle allait s'accomplir, qtf une barrière devait tomber. Mais tu as fini 'w et l'enchantement s'est dissipé, et j'ai compris que iù me leurrais, que tu te
3 3 ° MERGVRE DE frRANCE
leurrais toi-même d'un conte auquel tune crois pas ! Tu ten retournes comme tu es venu: méprisant tout ! etchacun excepté tes propres .créatibnsf^moureuï seulement de ta gloire, faux amï, rival. envW mauvais citoyen, corrupteur de femmes, fainéantinqukt Et S1 ton art est incapable de te rendre bon eh' heu" ■reux, pourquoi rendrait-il bons et heureux les autS Notant qu'un reflet de la réalité,. comment poSStf être plus divin, et moins yain que la réalité efie-même?
Sl^LoV^.r/^ lart H> en jouit ?q^Su.
rage ? Lorsque, dans une salle magnifique- â l'értat des lustres, naissent et se meurent ifs soSela sS phonie, — qui les écoute en réel connaisseur, de ouï ' proviennent les app audissements - la phis hâte récompense pour l'artiste ?. Devant, qui" vous inclinez! vous servilement, prêtres de l'art libre ? Des marchands, qui ont passé toute la matinée à combiner les
^SS^ FOfit ' l-Jouméeentière^ïSre des traquenard^ a ceux qui travaillent,., s'en vont, le
. soir, après un dîner substantiel. arraché : aux Sedreux, régaler leurs nerfs rassasiés des sônï d'une symphonie, au lieu de déguster à la maison une
; hqueur douce. Dès l'enfance, ils ont habitua S ouïe et leur vue aux plus fines nuances des sons S : .
. des couleurs - pourquoi l'art divin n'a-t-il pas amolli leurs cœurs de pierre? Le riche dans son -cabinet^st
. ému aux larmes à la vue d'un tableau dé- prix S sentant le pauvre quémandeur dans une antichambre luxueuse - et au même, moment, le valet bien nourri . de ce riche écçnduit de son antichambre un pareil quémandeur^ celui-là non pas peint, mais bien en vie.
rn^K q ]f N ^ ron , n ^^ P^ rart ? Le 5 soties de marbre de ses palais ne lui disaient pas combien
d hommes avaient pleuré dans les canlères, avant que ce marbre se fût mis â sourire. Et aujourd'hui situ renconfres^ homme s'enthonsiasmant des pûtes créations de l'art, sache dès l'abord que tu as devant ft 1 ,,™ f^ 1Ste lmmond e ^ criminel. Jamais la foulé, 1 humanité, pour laquelle soi-disant Vous créez né reconnaîtra et ne comprendra vos œuvres : tandis 'aue vous vous livrez à l'inspiration, eUe peine, et sonore ata de payer votre luxe fou et vos appréciateurs • W d !- cett « â ; aude ^supportable,- assez joué avec 1 inspiration divine et les vices impudents, avec le mépris de la foule et l'extorsion chez elle d'une gloire rmmorteEe I Que la mort tranche le nœud formé oàr un séculaire mensonge ! ^ .
avril 1893 : '.;. &x
/ Et Partiste s'écarta; "L'effroi de la mort proche Popr pressait, et cependant il se plaisait au Jeu des révér-
lui-même ne savait pourquoi^ de se rappeler les moindres détails du. tragique spectacle. Il avaitimêmè remarqtLé t égaré dans la foule, un gros .Homme, qui. tout le temps, peignait soigneusement: ce qui lui ires* : ■bit de cheveux sur la tête. Le contrasté entre la grandeur, terrible -.de cette heure et cette grotesque figure procurait à Partiste. une véritable satisfaction,:
Et à peine était-il parti, que de la foule tetentït une jéunë„vok:' .
~r Pardonne nous au. nom de Pâvenîr! Oui, -nous, sommes aujourd'hui sauvages et hypocrites 1- Mais Pévolùtion; est infinie. Il viendra un temps ou nôtre époque Iparaîtra une époque de vieille barbarie. De la poussière de, notre' mensonge et de nos sôuffiràûces naîtra le vrai et le bien universel, .', " ". " \'->'
:MaiSj,d'uhe vois tremblante d'émotion, la conscience l'interrompit ; ' - ■"■'■"■ v ■". ' .'-.■■■■".-■. ,
— . Ne; -pàtle pas de Payehir, ri'èyoqtié pas le, fan- . tômé de Phumanité décrépite IX' avenir des hommes est impuissance, ténèbres,' .agonie ^Interroge lTris^ toire, et elle te dira, que tant que les: désirs sont violents dans Pâme et que les passions y frissonnent, comme dès cordes tendues roide, iï ■-■ est facile; de les vaîncréj facile d'être, sobre et vertueux. Hais quand . les désirs, s/aveulissènt et s'épuisent, iP n'y a plus de force , pouf les combattre . Vraiment né vois-tu , pas que déjà maintenant- une partie de là société, orgueilleuse de son développement, s'affole et s'effare, parce que la source des désirs s ; est tarie dans, leurs coeurs et qu ils ne. savent pas/ que demander âe la -vie ? Ëi dans l'avenir^ quand le. développement que tu vantés .; aura passé des villes dans les campagnes, l'humanité entière, comme nous 1 maintenant, deviendra la proie . de la .décrépitude et : du vice. Je vois -cés : hommes futurs rassasiés dès Penfahce de ces biens, dont nous i avons à peine goûté -^. la liberté et la raison, —^ fatigués, puimorbidenient excités, avec leurs yeux éteints ou brillants de fièvre, Pâme tantôt exaltée, tantôt impuissante et doWomreusey adBfolée; semblable à la flammé d ? une : bougie qui achève de se ëonsumen Les. '. siècles passés ne leur apparaîtront pas * conime des siècles de . barbarie,' mais comme une iheureuse jeûr
nesse, durant laquelle les hommes aspiraient et désir raient encore, tandis qu'eux,, ayant tout éprouvé et tout compris, ne désireront plus qu'une chose, avoir des désirs. L'homme qui aura conservé encore, quelque étincelle de sentiment sera entouré d'honn eurs. divins . Et "quand aura disparu ce dernier heureux, lès hommes ■ décrépits commenceront à déifier les animaux, construiront des temples à Farbre fleurissant, adoreront sur les montagnes les étoiles célestes. Oh 1 que ces pâles générations ne voient pas le jour! Qu en même - temps que nous, périsse dans cette nuit le fruit avorté de l'humanité décrépite !
Et la conscience se tourna vers ses compagnons : deux d'entre eux seulement ne l'avaient pas abandonnée et maintenaient leurs torches. Elle fit un geste impératif, mais, à ce moment, s'élança de la foule une femme, qui (portait d'un bras un petit enfant et de l'autre en conduisait un plus âgé ; et élevant l'enfant,
elle s'écria : ""' '
— Au nom de Famour maternel! ; . ■
Alors il se passa quelque chose, (^extraordinaire : Ce qui avait eu lieu jusqu'à présent, les discours sur Fart et la science, tout cela était demeuré hacompréhensible pour la majorité ; mais le cri de l'amour maternel retentit dans tous les cœurs, et un ouragan de clameurs et de sanglots s r éleva sur la place, roula de rue en rue et, sembla-t-il, ébranla; là terre et Te ciel.
Une obscurité presque complète , régna, car -des . deux torches Fune s était éteinte, et.il me semblait, comme en un rêve, que cette dernière torche, je la tenais, moi. Elle tremblait dans ma.raain, tandis que mon imagination me/ représentait Fîmage de ma mère,, sa triste fin loin de son fils qui l'oubliait, sa
tombe oubliée. . . ""';''• j- j- ■ i
Et je vis comme la conscience, descendit de la hauteur, cacha son visage dans le sein de là femme qui tenait Fenfant, et dit d'une voix sanglotante^ qui couvrit les gémissements de là foulé, comme le. tonnerre couvre le bruit dès flots : " ■
— Pourquoi Famour maternel endurcit -il le cœur de là mère pour tout ce. qui n'est pas son enfant ? Comme la tigresse devient féroce auprès de ses petits, ainsi l'homme devient féroce par amour pour, ses enfants; L'amour de la famille et. des enfants, a engendré la grande moitié du mal/et du crime..-. Les paroles de la conscience tombaient comme du
plomb fondu sur mon âme. je reconnaissais qu'elle disait la vérité ;la figure, de ma mère se ternit: ràu- *" réole -de son front s'évanouit..*
Mais la femme /souleva l'autre enfant — un ange , vermeiLaux boucles, claires, — et s'écria ;■'.-' '.rr Aie pitié de l'innocence !
Et de nouveau, dans .l'obscurité de la nuit, s'éleva un ouragan de clameurs et de sanglots.Et.de nouveau la voix sanglotante de la conscience les couvrit :
— Oh 1 si l'innocence était au soir et non au mâtin de la vie ! Qui, j'aurai pitié dé l'innocence et je lie lui donnerai pas à vivre ce que j'ai vécu moi-même i Qu elle; s endorme dans sa pure ignorance ! ï ■■ ■
Et alors, dans les ténèbres, j'entendis Tïmpérieux appel:-.- -, . -.-
t-- Jette: la torche et mets fin à cette torture ï Te. fis. un mouvement pour accompli la terrible volonté.La flamme ■ bondit et éclaira les visages ravagés par refifrôi, lés mains tendues et, devint tous, eue, ma. déesse.- EUe était tombée sur les genoux, . comme dans le délire dé ïa prière, une main pressée sur son front, Tautre levée vers le ciel. . .
Et soudain,, comme un éclair, jaillit eri moi une = censée ■.: :si tout est -mensonge et.égoïsme, sï nulle : .part il n Y a* rien dé sacré, alors, d'où es-,tu venue, toi, ' . race de mon âme, douloureuse conscience ? Ta ,sen~ ; . tënce de mort sur l'univers menteur -n'apparàît-elle" pas comme la justification de l'univers ?
Et ma maiii retomba inerte;.. , C'est ainsi que, dans la . nuit, obscure, je mè tenais sur, la hauteur, avec la torche de la. destruction, attentif aux sanglots dèl'humanité et à la sentence de la conscience, et ne me décidant ni à éteindre ma torche,^ni à la jeter sur la terre. „.
'■•."■ ; '. y;' N'. ; M.-MlNSKY, ■.
{Traduction de Lotrrs Dumùr.) '■ . . ,
$34 MERCVRE DE ÏRANCÉ