‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 66 sur 86 · EXERGUES · texte numérisé non relu

EXERGUES

1 Appartient h Madame de Bonnièreàl

L'An qui s'éveille ouvre lés portes de l'Année ! En son manteau tissé de songes et de jours Il voit,- fils déjà las de l'antique Toujours, ■ . Que le jardin du Temps fleurit sous l'aube née.

Chacun y va cueillir sa propre destinée

Sous Tétoile propice ou sous rastre en décqurs

Et moissonner avec des doigts subtils où lourds

La fleur du.népenthès où de la solanée. " ■ '.--'. >.

L'aurore sur vos pas aura de nobles soirs ;

Les Heures, à vous même, en leurs calmes miroirs,

Vous montreront, tenant une fleur et sourire.

Car vous avez, au lieu dés bouquets éclatants Que fait leur vil parfum ensuite les maudire, Cueilli la fleur du Songe en les jardins du Temps !

Appartient a Madame. VieïérGriffin-. . ' .

L'An qui passe s'assied à vos pieds, dans les fleurs Dont votre main moissonne un gai bouquet de joie; Il regarde, en. chantant, votre joue où rougeoie Une rose qu encore il n^a point vue ailleurs. -

Le Printemps et l'Eté l'accompagnent et ieurs Beaux gestes où toute leur science s'emploie Vous vêtent tour à tour de gazes et de soie ; . L'Automne vous sourit au travers de ses pleurs.

L'Hiver est là, Madame, et la nouvelle Année,. Vous voyant ainsi' telfe et d'un or couronnée, .. Prend la place à vos pieds qu'y tenait l'An qui fuit

Non sans dire en- partant à sa Sœuûc. qu'il vous laissé De s'asseoir près de vous et d'aimer comme lui La rose que fleurit votre lente jeunesse.

-AVRIL 1893 ■..<■:. :...'.. .;. ; 34i-,

.. Appartient ,.k M.- Pierre 'Louis.

La maïs on; du passé chancelle oùTâère mort , De tes espoirs et- de tes jours -fit une cendre— . Le tentateur .trophée au mur est las/de pendre, " Pirënds-y la clef magique et la bagué et le çpr*

Pars.- 1 — Dans ïa pue au. ciel s 1 amalgame et se tord .Avec là Nuit la Chimère qiïiya descendre Et bsûgnée au lac clair de la forêt t'attèndre, Sa face qui sourit stms -son masque qui mord !

Loin du décomhre^ hélas ! et de Vâtre éteint,. pour

Le geste de ta. mainvërs.lè trophée, un jour,

Te voici, parmi l'ombre, Errant ^- .0 pâle gloire!

, ^ Destin mystérieux que hante .un songe où luit : * L'inoubliable aspect dé la face illusoire '■

Qui se fronce aux, confins du Ciel, et dé la Nuit. .

" ..'.' : ;•'.■ , ■;IV ,.■ /■■.; . -, .■■. ■'

Appartient à M m . Claude Achille, Debussy*

Les pierres ont. usé Tor tèrhi du cothurne, '■:*■" . Là crosse du bâton a crispé ta main lasse, Sôirsur soirïét tes- pas ont erré sur la trace Du 'seuil de la rtiaisoii jusqu'au bois taciturne. . .

N'as-tu cueilli les pâles fleurs pour orner 1-urne, Où la cendre; des jours .se résout et s'amasse?. Le sort miséricordieux t'a fait là grâce De voir l'Etoile enfin levée au ciel no ctiirne ! :

Ecoute — leau, lé vent, l'ombre' — toute ton âme . Frisspnnëv s'assimile, végète et ^exclame Par les cuivres puissants et les cordes magiques,

Et là :Musique T au fond des. soirs où tû té. songes, Dominateur enfin. des destins léthargiques,*. Tisse de tes Passés la tramé de tes Songes I -. .

■';■■■"■.: Hêkri be Régnier. ■■ " . ■

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