HISTORIQUE
I. 'emploi de la Mercuriale remonte à une époque fort reculée. Nous la trouvons mentionnée, avec des propriétés merveilleuses, dans les écrits d'Hippocrate et de Galien. Les Grecs, d’après Dioscoride (1), l’appelaient Aivolosru, rapüevicy ou bien encore Epuou roc. Le nom de maplero avait été donné à cette plante sans doute parce qu’on lui accordait la propriété ridicule de déterminer le sexe du fœtus. Quant à la dénomination de Eye roz, elle lui venait probablement de ce que la découverte de la plante était attribuée à Mercure. Les latins avaient transformé ce dernier terme en un mot nouveau, ils en avaient fait : Mercurialis. Les auteurs mo-
(t) Lib. 4 c. 191.
dernes ne sont guère d'accord sur l'étymologie du nom de la plante. D'après les uns, la Mercuriale devait son nom aux Romains, qui l’appelaient ainsi en l'honneur de leur dieu Mercure ; d’après quelques autres, la Mercuriale serait ainsi désignée à cause de se$ propriétés dangereuses rappelant la toxicité dun mercure. Au dire de plusieurs savants, Gessnér entreautres, la Mercuriale, comme ce dernier métal, procurerait une salivation abondante, d’où son nom.
De tout temps, les mercuriales ont été connues comme possédant de nombreuses espèces. Bauhin divise le genre Mercurialis en cinq classes bien distinctes (1).
Ï Mercurials teshculata, sive mas, Diosc. et Plin (2). Mercurialis, Brunf (cui Parthenu 6. species). Trag. Mercurialis mas, Ang. Matth.Fusch.Dod.Lac.Gef.hor.Lon.
Ad. Cast. Lugd. Tab. Ger. Cam.
Mercurialis mascula, Tur. Cord.
Mercurtalis fructum ferens, Cœs.
Phytllon arrhegonon, Theoph. Cord. in Diosce.
Il Mercurialis spica a, sive fæœmina, Diosc: et Plin.
Mercurials vulgaris, Trag.
Mercurials fœnuna, Ang. Matth. Fusch. Dod. Tur. Gef. hor. Lac. Cord. in Diosc. Ad. Lob. Cast. Lugd. Tab. Ger.
Mercurials florens. Cœs.
Phyllon theligonon, Theoph. Cord. in Diosc.
II Mercurialis montana testiculata.
Mercurials sylv. Trag. Lon. quæ Cynocrambe; Gef. hor.
(1) Bauhin.= [uvzé Lheatri Botanici. Lib. III, sect. V, pages 121-122.
(?) Les anciens avaient confondu la Mercuriale mâle avec la Mercuriale femelle et réciproquement. Leur erreur peut s'expliquer par la forme testiculaire du fruit et par l'aspect plus vigoureux de la plante femelle. Linné est le premier botaniste qui ait fait cesser cette confusion.
joe Mercurialis mascula sylv. Cord. hist. Thal. Cynocrambe, Matth. Fusch. Dod. Lac. Ad. Lob. Cast. Lagd. Cam. Mercurialis mas, Fusch. Cam. ep. Matth.
Mercurialis allera vel montana, Cœs Mercurialis canina mas. Colum.
IV Mercurialis montana spicata.
Cynocrambe sive Mercurialis fœm. sylv. cam.
Cynocrambe fœmina, Eiïd., ep. Matth.
Mercurialis canina fœmina, Colum.
Mercurialis syl. fœmina, Cord. hist. Thal. at Cordo. in Diose fœmina invenitur.
V Cynocrambe Dioscoridis (1).
A lsine, Ces. | Alsines facie planta nova, Colum.
Cynocrambe legittma, Bell! apud Ponam.
Cette classification ne saurait êtreadoptéeaujourd’hui. Nous trouvons en effet dans des groupes distincts des mercuriales de même espèce, ne différant entre elles que par la nature des fleurs. Ainsi le Mercurialis testiculata et le Mercurials spicata du premier et deuxième groupes formentprobablement aujourd’hui l'espèce M. annua (mâle et femelle). Le troisième et quatrième groupes de Bauhin sont devenus le M. perennis. Enfin le cinquième groupe, si l’on s’en rapporte à la description donnée par Matthiole, dans ses commentaires, constitue le M. {omentosa de la classification actuelle.
Tournetort (nstitutiones rei herbariæ p. 534, t. 1) reproduit la classification de Baubhin.
Wildenow, en rééditant l’œuvre de Linné (specres plantarum
(4) D'après Matth. (Commentaires de Diosc. p. 656), Ruellius semble avoir confondu le Cynocrambe avec l’arroche ; et ce que Galien désigne sous ce nom ne serait pas autre chose que l’apocyn, une plante vénéneuse. :
FAURE p.811,t. 4 pars. 2) est beaucoup plus complet et plus exact. Sa classification comprend :
I Mercurialis perennis.
M. caule simplicissimo, follis scabris. Hort. Cliff. 461. FI. succ. 823 ; 913. Roy. Lugbd. 203. Dalib. paris. 302.— Mill. dict. N°2.— Pollich. pal. n. 931, Flor. dan. t. 400. — Knipb. cent. 1.n. 57 mas Hoffm. germ 348.—- Roth. germ. I. 424. IL. 534.
* M. caule perenni, incviso, folus hirsukis ovato- lanceolatis Hall. helo. n. 1601.
M. montana lesticulata. Bauh. pin. 122.
Cynocrambe mas. Cam. épit. 999.
Mercurialis montana spicata. Baub. pin. 122.
Cynocrambe fœmina. Cam. epit: 999. Houttuyn Lin. Pst. syst. 10. p. 290.
Perennirendes Bingelkrant. W.
IL Mercuriahs ambigua .
M. caule Da he folus & bain floribus vericillats ; fœmineo masculisque. Lin. dec. 1. p.15. t. 8.— Brot. Lus. 2. p. 52. Houttuyn Lin. Pst. syst. 10.p 292.
IT Mercurialis annua.
M. caule brachiato, folus glabris, floribus spicats. Hort. Cliff. 461. Hort. ups. 298. Mat. med. 216.— Roy. Lugdb. 263. Dalib. paris. 302. Mill. dict. n. 1. Scop. carn. n. 1226. Pollich. pal. n. 932. Blackw. t. 162. femina. Hoffin. germ. 348. Roth. germ. I. 424. II. 535.
M. caule annuo brachalo, folus glabris, conjugatis, ovololanceolatis. Hall: hely. n. 1600.
M. lesliculata f. mas. Bauh. pin. 121 (F).
M. mas. Dod. pempt. 658 (F).
M. spicata f. fœmina. Dod pempt. 658.
Feet ere Houttuyn. Lin. Pst. syst.
Jähriges Bingelkrant.
IV Mercurialis elliptica.
M. dioïca suffruticosa, brachiata, glaberrima, foliis ellipticis senalts dentibus glandulosis, du Vent. hort.
Célia irte 10:
M. fruticosa brachiala glaberrima, folis ellipticis crena- Us, shpulis patentibus. Lam. encyclop. 4. p. 115. Brot. Eusif..2. p.52.
M. Lusitanica fruticosa amy gdali folo testiculata et spicata. Tournef. inst. 534.
V Elhpusches Bingelkrant, W.
M. longifola.
M. branchata, folus oblongis, villosis, crenalo-serratis, viridbus, fructu lanato. Encycop. bot 4, p. 115. Langblaltriges Bingelkrant. W.
VI Mercurialis tomentosa.
M. caule suffruticoso, folus tomentosis. Hort. ups. 461. Roy. Lugdb. 203. Sauv. mANEps 123. Gouan monsp. 507. Mill. dict. n. 3.
Phyllon teshculatum. Bauh. pin. 122 (F).
Phyllon marificum. Clus. hist. 2. p. 48.
Phyllon spicatum. Bauh. pin. 122.
Phyllon semimiferum. Clus. hist. 2. p. 48.
Houttnyn Lin. Pst. syst. 10. p. 294.
Filziges Bingelkrant. W.
VII Mercurials alternifoha. (Encyclop. bot. 4. p. 116). Est sorle acalybhæ species.
Presque toutes les espèces de mercuriales indiquées par Wildenow se retrouvent avec le même nom dans nos classifications actuelles. Cependant, nous n’avons rencontré le
Mercurialis longifolia dans aucun autre auteur; peut-être n’était-ce qu'une forme du Mercurialis perennis où du Mercurialis lomentosa. Le Mercurialis ellibhca est une espèce parfaitement connue et fort répandue dans l’île de Corse. Quant au Mercurials alternifoha, ce serait une sorte d’ortie.
Endlicher (Genera plantarum, n° 5786) divise les mercuriales en Linozostis et Trismegista. Le 1° groupe comprend les plantes à capsules dicoques avec les feuilles opposées : ce sont les espèces européennes. Le 2° groupe renferme les mercuriales à capsules tricoques pourvues de feuilles alternes ; ce sont les espèces sénégaliennes et indiennes.
De Candolle et Duby (Botanicon gallicum, p. 147, t.1) admettent, dans la flore française, cinq espèces de mercuriales : |
Le Mercurials tomentosa, M. perennis, M. elhptica M. annua, M. ambigua. 5
Dans l’étude qui va suivre, nous nous bornerons à l’étude des trois espèces signalées par Loret et Barrandon, dans laflore de l'Hérault, savoir :
M. annua, M. perenns, M. tomentosa.