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BOTANIQUE GÉNÉRALE ET MORPHOLOGIE EXTERNE

Les Mercuriales sont des Euphorbiacées dépourvues de laticifères. Leur taille est petite, leur couleur verdâtre. Ces plantes sont dioïques ou monoïques, annuelles ou vivaces. Les feuilles sont opposées. Les fleurs à l’aisselle des feuilles. Lesfleurs des mercuriales ne possèdent qu’un seul périanthe.

Les fleurs mâles sont petites, verdâtres, disposées en épis allongés et interrompus ; elles sont formées d’un calice vert ayant trois, quatre ou même cinq sépales profonds, ovales, aigus, soudés à la base et à préfloraison valvaire. Les étamines sont au nombre de dix à vingt, dressées, à filet flexueux portant des anthères extrorses, bilobées à la façon d’un fléau de balance. Au centre, se trouve un rudiment d’ovaire.

Les fleurs femelles sont un peu plus grandes, solitaires où géminées à l’aisselle des feuilles, sessiles ou longuement pédonculées. Calice à trois, quatre ou même cinq divisions profondes, obtuses. L'orientation des pièces périanthiques par rapport aux carpelles varie beaucoup. (Travaux de Dôüll sur la fleur (F) du AZ. annua). En effet, les divisions du périanthe sont tantôt opposées et tantôt alternes avec les divisions de l’ovaire; ou bien l’une des feuilles carpellaires avorte, et l’on a deux carpelles verticaux ou transversaux.

L'ovaire est libre, arrondi, didyme, entouré de deux filaments stériles représentant les étamines avortées ; il est hérissé de petites pointes et possède deux ou trois loges uniovulées. Chacune de ces loges est munie à l’angle interne

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d’un ovule à micropyle supérieur et extérieur coiffé d’un obturateur (1). Les loges de l'ovaire, avec lesquelles alternent des glandes subulées et allongées, représentant le disque, sont surmontées d’un style à deux branches papilleuses. Le fruit est capsulaite, ordinairement didyme (2), et ses deux coques, se séparant d’une columelle centrale, s’ouvrent ensuite pour laisser échapper chacune une graine rugueuse, brune, globuleuse, à arille micropyllaire et à embryon entouré d’un albumen charnu et haileux. Les cotylédons sont plans, beaucoup plus larges que la radicale et d'une longueur presque égale à celle de l’albumen.

Au dire de Charles Darwin (3), la fécondation des mercur'ales se ferait par l'intermédiaire des insectes. «Je vis une fois, dit-il, plusieurs petits papillons (le Lampronia (Tinœa) Cacthella, je crois) dévorant obstensiblement le pollen du Mercurialis annua ; ils avaient toute la partie antérieure du corps recouverte de ce pollen. Je vins alors à nne plante femelle, éloignée d’un mètre environ, et je vis, dans l’espace de dix minutes, trois de ces papillons voler sur les stigmates.»

Habitat.— Les mercuriales croissent abondamment en Europe, surtout dans les contrées australes, et se moutrent rarement dans l’Asie et l'Afrique tropicale.

Après ces généralités sur les mercuriales en général, nous allons passer en revue les différentes espècrs que nous nous sommes proposé d'étudier.

‘4) Voir Baïllon. Botanique médicale, p. 937-938.

(2) M. G. Planchon a trouvé sur la mercuriale un ovaire à trois loges et à trois styles. Le fruit, dans ce cas, ressemble à celui du ricin, et la position de la plante parmi les Tricoccées est nettement indiquée. ;

(3) Des effets de la fécondation croisée et de la fécondation directe dans le règne végétal, par Charles Darwin ; traduit par Heckel, p. 428.

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