‹ Mère Catherine AurélieChapitre 11 sur 31 · DE LA FOND. DE N.-D.-DE-GRÂCB AUX ELECTIONS DE · texte numérisé non relu

DE LA FOND. DE N.-D.-DE-GRÂCB AUX ELECTIONS DE

daient le faire, ce bien, par leurs moyens propres et avec une certaine pointe d'exclusivisme. Il est sûr, en tout cas, la suite de ce récit le montrera, que M. le curé de Notre-Dame-de-Grâce, qui fut pourtant très généreusement dévoué à l'œuvre du Précieux- Sang, ne le fut pas, révérence gardée, sans un peu d'accaparement, et que, en dépit de ses bonnes intentions, il fit souffrir. Cela toutefois n'empêche pas qu'il ait été vraiment, pour la fondation du monastère de Montréal, ainsi que nous avons dit, l'homme de Dieu désigné par la Providence.

La dévotion au Précieux Sang, qu*^ le Pape Pie IX avait tant recommandée à son retour de l'exil de Gaëte, en 1850, et à laquelle l'institut fondé en 1861 à Saint-Hyacinthe avait donné au Canada un si superbe élan, trouva en M. le curé Maréchal l'un de ses plus dévoués apôtres. Plusieurs familles de sa paroisse de Notre-Damede-Grâce, parmi les plus honorables, les Hudon,les Chaputetles Décarie, étaient, à son exemple, devenues des enthousiastes de l'œuvre de Mère Catherine-Aurélie. Le 19 mars 1874, jour de la fête de saint Joseph, madame Ephrem Hudon passait quelques heures au monastère de Saint-Hyacinthe pour satisfaire à sa dévotion. Saint Joseph, qu'on priait là si bien, l'inspira sans doute. A son retour à Montréal, elle persuada son mari et quelques parents ou amis, dont M. Chaput, que le moment était venu de tenter une première démarche auprès de Mgr Bourget en vue d'une fondation du Précieux-Sang à Montréal. On alla donc auprès du saint évêque en délégation, M. Maréchal en tête, afin de demander son autorisation pour l'érection d'un monastère à Notre-Dame-de-Grâce. Monseigneur accueillit les délégués avec une particulière bienveillance. Dès le 7 avril, M. le curé Maréchal se rendit à Saint-Hyacinthe pour les premières négociations. " Je souhaite, avait dit Mgr Bourget, que tout se fasse heureusement et promptement." Il en fut ainsi. D'après les conditions arrêtées alors, que nous trouvons formulées dans une lettre du

MEKE CATHERINE- ATTHELIE

15 avril de M. Maréchal à Mère Catherine-Aurélie, la future maison de Montréal, nous insistons pour qu'on le remarque bien, devait être absolument dépendante de celle de Saint-Hyacinthe. " Nous ne voulons pas fonder une nouvelle communauté du Précieux-Sang, écrivait-U, nous voulons une branche du petit arbre que le Seigneur a planté à Saint-Hyacinthe." Plus tard, nous aurons l'occasion de le voir, il voudrait autre chose, l'excellent curé ! Mais, à ce moment, il nous semble évident qu'il était sincère.

Grâce à son zèle, on pouvait dès lors disposer, à Xotre-Damede-Grâce, tout près de son église paroissiale, d'un logement provisoire pour l'installation des Sœurs. Mais il fallait en plus s'assurer la possession d'un terrain convenable pour la construction prévue d'un vrai monastère. M. le curé négocia. H écrivit d'abord à Saint- Hyacinthe qu'on lui demandait vingt-huit mille piastres pour un terrain qu'il avait en vue. C'était une grosse somme. Les religieuses supplièrent plus que jamais saint Joseph. Ce ne fut pas long ! Le 22 avril, un mercredi, M. Maréchal télégraphiait que l'affaire était conclue à des conditions avantageuses. En effet, le possesseur du terrain, M. Décarie, apprenant qu'il s'agissait de l'œuvre du Précieux-Sang, ne demandait plus que seize mille piastres, et encore avec des facilités de paiement toutes spéciales. Le jour même, Mgr Bourget approuvait la transaction projetée, et, le surlendemain, 24 a%Til, il écrivait à Mgr Charles LaRocque, ordinaire de Saint-Hyacinthf^, en résidence à Belœil, pour lui demander officiellement un groupe de ses Sœurs du Précieux- Sang. Mgr Charles s'empressa d'acquiescer à cette demande, et, à Saint-Hyacinthe, le pieux Mgr Joseph chanta avec ses filles le plus fervent des Te Deum. Le 27 avril. Mère Catherine-Aurélie visitait, à Xotre-Dame-de-Grâce, la maison provisoirement destinée aux Sœurs. M. Maréchal l'appelait une " étable de Bethléem ". mais la supérieure jugea que c'était un logement

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