‹ Mère Catherine AurélieChapitre 12 sur 31 · DE LA FOND. DE N.-D. -DE-GRACE AUX ÉLECTIONS DE · texte numérisé non relu

DE LA FOND. DE N.-D. -DE-GRACE AUX ÉLECTIONS DE

spacieux et fort convenable. Les familles amies, que nous avons plus haut nommées, se chargèrent spontanément de pourvoir aux premières nécessités de la future communauté, et M. Maréchal put écrire aimablement : " Les contemplatives sont comme les petits oiseaux du ciel ! Elles ne sèment point, mais elles ont toujours du pain à manger et un nid pour se reposer."

Le mois de mai se passa en préparatifs de toutes sortes, à Saint-Hyacinthe et à Notre-Dame-de-Grâce. Le 4 juin, jour de la Fête-Dieu cette année-là, Mère Catherine-Aurélie nomma les " missionnaires " qui partiraient pour Montréal. Cette fois encore, elle fit le sacrifice de son assistante — c'était alors Mère Marie-du-Saint-Esprit — qu'elle désigna comme supérieure de la notivelle mission. Les autres " élues " furent les Sœurs Saint- Alphonse, Marie-du-Crucifix, Marie-Réparatrice, Marie-de-Saint- Hyacinthe, Marie-de-l'Eucharistie, Saint-Louis-de-Gonzague, Saint-Jean-l'Évangéliste, Saint-Bernard et Sainte-Fébronie. La cérémonie, comme celle qui avait naguère précédé le départ pour Toronto, fut très solennelle. " Levez-vous et allez, disait, à la fin de son allocution, la fondatrice à ses filles. Allez accomplir la volonté de Dieu. En ce moment, les anges vous regardent avec complaisance et vos sœurs de la terre envient votre bonheur. Recevez l'assurance de ma constante afiFection et acceptez mes remerciements pour les services que vous avez rendus à la communauté . . . Pardonnez-nous, à vos sœurs et à moi, les manquements qui auraient pu vous faire de la peine. Oubliez tout ... Je vous lègue mon amour brûlant pour le Précieux Sang, ma soif du salut des âmes et l'esprit de mon cher institut. . ." Le 13 juin, après avoir été pieusement préparées au sacrifice par le dévoué M. Raymond, les partantes se mettaient en route. Le 14 enfin, elles étaient installées, dans leur modeste logis de Notre-Damede-Grâce, au cours d'une cérémonie à l'église, présidée par Mgr Bourget, qui fut d'un éclat indescriptible. " On n'aurait pu faire

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ni mieux, ni davantage, écrit l'annaliste, pour la réception d'un roi ! "

Mgr LaRocque et M. le grand-vicaire Raymond, les co-fonda-

teurs, et Mère Catherine-Aurélie, la fondatrice, celle-ci amenant avec elle sa nièce, la petite Marie, devenue novice sous le nom d'Aurélie-de-Jésus, avaient tenu à accompagner les missionnaires pour les installer dans leur " mission ". Ils assistaient, par conséquent, à la belle cérémonie du 14. L'église était comble. Les religieuses voisines de la Congrégation, les sœurs des anciennes maîtresses de Mère Catherine-Aurélie à Saint-Hyacinthe, qui se montrèrent très prévenantes pour les arrivantes, se trouvaient là également, comme aussi les principales dames de la paroisse. Les jeunes filles du célèbre couvent de Villa-Maria firent les frais du chant. M. Raymond prêcha, et, naturellement, il traita du Précieux Sang. M. le curé Maréchal prononça ensuite une jolie allocution de bienvenue. Puis, l'évêque-officiant, Mgr Bourget, procéda à la bénédiction de la cloche du monastère, à laquelle il donna les noms de la sainte Vierge, de Mgr LaRocque, de madame Chaput, femme du donateur, et de la fondatrice : Marie, Joseph, Hélène et Aurélie. Comme de juste, M. Maréchal ayant pensé à tout, il y avait quantité de parrains et de marraines, et la collecte fut fructueuse ! Elle se monta à mille piastres environ. Enfin, ce fut, au chant du Vent Creator, l'entrée des " miséionnaires " dans leur logis provisoire.

Immédiatement avant ce dernier acte de la cérémonie, Mgr Bourget voulut bien prendre la parole. Il avait alors 75 ans d'âge et il était évêque depuis près de 40 ans. Nombre de communautés, qu'il avait créées lui-même où qu'il avait fait venir de France depuis 1840, lui devaient la vie à Montréal, et, nous le savons, il n'avait pas peu contribué à la naissance même du Précieux- Sang de Saint-Hyacinthe. Son prestige,, non seulement à Montréal, mais dans tout le pays, était considérable. Son allocution à ses

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