‹ Mère Catherine AurélieChapitre 14 sur 31 · DE LA FOND. DE N.-D. -DE-GRÂCE AUX ÉLECTIONS HE · texte numérisé non relu

DE LA FOND. DE N.-D. -DE-GRÂCE AUX ÉLECTIONS HE

Moreau, on acquiesça à sa généreuse proposition. Sans tarder, il se mit à l'œuvre. " Homme d'initiative et de ressources remarquables, lisons-nous au Livre d'or, architecte, peintre, décorateur, artiste en tous les genres, l'abbé de la Croix engagea un certain nombre de menuisiers et de maçons, dont il dirigeait lui-même les travaux. En quelques jours, une grande partie du plancher et de la voûte était terminée, ainsi que la grille du chœur, la balustrade et un autel romain fort convenable." Toujours est-il que, le 19 juillet, l'exercice public du mois du Précieux Sang se faisait dans la nouvelle chapelle et que, le 28, pour la première fois, on y disait la messe. Les travaux avaient été interrompus pendant quatre ans, mais le nouveau Joseph se montrait expéditif. " Pour la circonstance (celle de la première messe), raconte encore le Livre d'or, le temple, pauvre et nu, avait été décoré le mieux qu'on avait pu. Nos annales précisent que tout y était rouge et blanc. Sept autels temporaires avaient été érigés dans la vaste enceinte en l'honneur des sept effusions du Précieux Sang. Sur cinq de ces autels, le saint sacrifice fut offert simultanément. Les cinq officiants étaient Mgr Moreau, Mgr de Germanicopolis, M. le grand-vicaire Raymond, M. Desmazures, sulpicien de Montréal, et un jeune prêtre, qui disait ce matin-là sa deuxième messe, M. l'abbé Saiil Gendron . . . Quel délicieux et émouvant spectacle pour, nos cœurs que celui que présentaient à nos yeux ces cinq ministres du Seigneur, tous revêtus de chasubles rouges, célébrant, pour la première fois, dans notre nouveau sanctuaire, la messe votive du Précieux Sang! "

Ce n'était cependant qu'une sorte de prise de possession temporaire. Pendant plusieurs mois, on dut poursuivre les travaux, et, chaque fois qu'on faisait là un exercice, et c'était plutôt rarement, il fallait, tout de suite après, reporter le saint Sacrement au tabernacle de la maison blanche. Enfin, le 8 décembre 1876, en la fête de l'Immaculée Comception, Notre-Seigneur prenait

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possession de la nouvelle chapelle, et, les religieuses, de leur chœur. La communauté quittait pour toujours le petit sanctuaire aimé, où, depuis le 14 septembre 1863, s'étaient faites toutes les vêtures et toutes les professions, et où, depuis treize ans, on avait vécu en adorant et en expiant. H y a quelque chose de triste dans tout ce qui finit. Les adieux à la modeste chapelle ne se firent pas sans serrement de cœur et sans quelques larmes. Au dernier exercice, le soir de la veille du 8 décembre, Mgr Joseph rappela en termes émus les jours écoulés dans ce lieu béni, les prières et les sacrifices offerts à Jésus, les grâces qu'on y avait reçues. Sentant le besoin de rendre un hommage de gratitude aux deux généreux pères nourriciers que la Providence avait suscités, il ajouta ; " A peu près vers l'époque où se fondait votre institut, il y avait, en France, un cœur de jeune homme qui se trouva épris d'une vive dévotion envers le Précieux Sang. Devenu un prêtre fervent, ce jeune homme est venu au Canada. Il a connu et aimé votre œuvre. Avec quelle générosité et quelle activité il s'y dévoue, vous le savez. Je suis heureux de vous le dire, mes chères filles, et je vous le dis avec un sentiment de vive gratitude, sans le premier bienfaiteur que fut M. Lecours, nous n'aurions pas pu commencer nos constructions, et, sans le généreux M. de la Croix, nous n'aurions pas pu les continuer." Et l'on chanta le Te Deum.

Le 16 janvier 1877, la nouvelle chapelle fut solennellement bénite. C'était au premier anniversaire de la consécration de Mgr Moreau. Une délicate attention du digne évêque avait fixé ce jour, qui devait naturellement réunir à Saint-Hyacinthe nombre de prêtres et même y amener quelques évêques, pour la pieuse cérémonie. Elle fut consolante, pour Mère Catherine-Aurélie et pour ses filles, autant qu'elle fut imposante. Mgr Fabre, le nouvel évêque de Montréal, la présida. Le 8 septembre 1876, Mgr Bourget, chargé d'ans et de mérites, annonçait, en effet, dans une JLettre 'pastorale remarquable de dignité et d'humilité personnelle, que le

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