‹ Meres et fils. --Chapitre 18 sur 84 · I. E. Quinet, Histoire de mes Idées, p. 98, Hachette · texte numérisé non relu

I. E. Quinet, Histoire de mes Idées, p. 98, Hachette

y6 MÈRES ET FILS.

iTormes, suivant les g-arde-chasses, mangeant dans <{uelque cabane de bûcheron, vivant de la vie du peuple des campagnes et ne revenant que le soir, harassés, hérissés, les habits déchirés, mais avec un luxe de santé sur le visage, qui disait à leur mère : Tu fais bien\ »

Cette éducation virile était-elle inspirée par le train même de l'époque, par la débordante activité qui depuis 1789 soulevait le pays? Etait-elle la suite naturelle des enseignements de Jean-Jacques, l'imitation d'Emile élevé parmi les laboureurs? Ou ■encore, comme le fait entendre E. Quinet, devonsnous y voir une prévision très sage et très tendre, qui armait la jeunesse en vue de l'existence que l'Empire lui réservait, qui n'osait assombrir par l'étude et la discipline les premières années de ces adolescents attendus sur tant de champs de bataille par la mort? « N'étions-nous pas destinés, en effet, à mourir prématurément au coin de quelque bois, d'une mort sanglante et ig-norée? Ne fallait-il pas avant tout nous aguerrir, nous tremper de fer? Et d'ailleurs^ pourquoi tourmenter par de vaines études des enfants qui auraient à peine quelques années de jeunesse, et qui n'arrivjeraient certainement pas à la virilité? Ne fallait-il pas au moins

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