I. Jean-Paul Richter, Sur l'éducation, p. 92, Delagrave
fants sont plus sag-es que les hommes; ils ne demandent pas du faste et du grandiose. Si les hommes en mettent dans la demeure des enfants, nous en avons indiqué quelques raisons : les hommes manquent de goût; ils voient rarement que le beau est plus proche parent de la simplicité que de la magnificence ; puis, ils ont deux mesures, ils bâtissent leur maison sur des devis de pères de famille, s'ils construisent pour la commune ou l'Etat c'est la prodigalité folle, le gaspillage.
Voyez combien un enfant est plus modeste : « C'est dans l'automne de 1817, écrit Edgar Ouinet', que j'entrai au collège de Lyon : bâtiments noirs, voûtes ténébreuses, portes verrouillées, et grillées, chapelles humides, hautes murailles qui cachaient le soleil. J'y passai trois ans. J'aurais dû y mourir d'ennui; et ce fut tout le contraire. C'est là que je retrouvai la solitude d'abord, et, qui l'eût cru? la liberté.
« Ce grand bien, je le dus à la musique. On s'ingénia à me trouver un réduit où je pusse prendre mes leçons. On finit par découvrir dans l'épaisseur d'un mur un coin étroit, obscur, méprisé de tout le monde, qui servait aux ouvriers pour y déposer leurs outils.