‹ Meres et fils. --Chapitre 31 sur 84 · I. Berlhelot, Science et éducation, p. 77, I.ecène-Oudin · texte numérisé non relu

I. Berlhelot, Science et éducation, p. 77, I.ecène-Oudin

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captive, la rudesse, la surveillance hargneuse guettant les délits pour sévir, puisque, tant d'années après les généreuses paroles de Montaigne^, nous avons encore ces abominables pratiques dans nos demeures et dans nos écoles; puisque nous ne sommes pas encore tous convaincus que, dans nos demeures et au coUèg-e, c'est une atmosphère pure, chaude et claire qu'il faut entretenir autour des enfants. Nos préférences, malgré tout, vont aux formes « rugueuses » de l'éducation brutale; puisque encore pères et mères nous « fessons et refessons ' » et qu'on entend gémir tant de parents sur \à disparition du fouet, des verges, des pensums, sur la discipline trop paternelle, à leur gré, dont le collège se fait actuellement honneur. Apparemment nous croyons à la vertu de la brutalité, nous pensons que les plus rares qualités s'enseignent à l'aide de la terreur et des châtiments. Quelle erreur ! « Un peuple chez lequel l'éducation ne comporte que des moyens de douceur, le peuple japonais, a

I. Il y a encore des gens qui conservent quelques-unes des traditions que la grand'mère d'E. Quinet suivait dans la grande rigueur : « Deux fois par semaine, elle faisait venir chez elle un garde de ville pour fouetter les trois enfants. S'ils étaient sans reproche, le châtiment comptait pour les fautes à venir. A trois ans encore, au moindre pleur, elle enfermait mon père dans un tiroir de commode... » E. Quinet, Histoire de mes idées, p. 45, Hachette.

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montré que la virilité n'en retire aucun dommage, quoique les enfants ne soient pas « endurcis » par les coups et les corrections. Et ces moyens de douceur ne sont pas plus dépourvus d'influence quand il s'agit de faire naître l'empire sur soimême et le respect des autres. Ces vertus sont au contraire imprimées chez l'enfant dès l'âge le plus tendre à un tel degré qu'on comprend là seulement quel charme peut prêter à la vie une amabilité pleine d'égards. Là-bas, où les coups n'apparaissent jamais, le premier commandement de la vie est de ne pas gêner les autres '. »

Comme au chapitre où nous examinions les mœurs de la famille actuelle , nous arrivons à cette conclusion : la famille n'est pas assez souvent une puissance morale. Par quel' moyen agir sur elle? changer la conduite? retenir au logis le père et la mère? les décider à faire grandir dans la vertu, pour la vertu, ces enfants qui seront demain la société? Quelle loi peut cela, ou quelle prédication? M. Jules Lemaître conseillait de recourir à la mode. Elle peut, il est vrai, inspirer un caprice, lancer un prénom, multiplier pour un temps les « Françoise ». Est-elle assez puissante pour établir des habitudes et changer les cœurs? Au

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