‹ Meres et fils. --Chapitre 40 sur 84 · I. Rivarol, Vers à une jeune ignui-aïUe · texte numérisé non relu

I. Rivarol, Vers à une jeune ignui-aïUe

fils, pour nous relever nous-mêmes, pour ennoblir la famille?

Les mères dignes de leur mission, résolues à se consacrer à celle première éducation qui sera le viatique le plus précieux quand de la maison paternelle l'enfant partira pour le collège, ces mères trouveront un programme complet et toujours actuel dans cette ligne si souvent citée, si vieille soil-elle : mens sana in corpore sano ; et qu'on peut rendre par cette libre traduction : santé, intelligence, vertu.

Voilà en effet les trois biens dont toutes les mères ont l'oblig-ation de doter leur fds. A partir de quel moment? à partir de la naissance. En suivant quel ordre? peu importe. Voilà le devoir des mères, car fortifier la santé, c'est accroître rinlelligcnce et tremper la volonté; développer l'intelligence, c'est rendre plus aisés l'entretien du corps et la pratique du devoir; et affermir la conscience, c'est sauvegarder la santé, épurer, élever l'esprit.

Disons l'essentiel sur cette éducation des premières années.

Est-il un seul moment de la vie où l'éducation se sépare de l'hvgiène et se passe de son secours? Il

est permis d'eti douter. Ce qui est sûr, c'est que,, durant les premières semaines, l'éducation n'est autrp chose que de l'hygiène, une intelligente application à soigner le corps, le jeu des organes et le développement physique.

En parlant ainsi, nous n'entendons point rabaisser le nouveau-né, ni l'éducatrice. Il y a des gens qui appellent le nouveau-né « un paquet de chair ». Ils ont beau ajouter « rose », l'expression est aussi déplaisante que fausse. Il y en a qui, dans les soins qu'exige le premier âge, ne voient qu'une besogne subalterne dont la première venue peut s'acquitter. Ce sont deux erreurs. L'intelligence n'est point une hôtesse tardive. Au dire de M. Perez,. Tiedmann rap[)orle que son fils, à peine âgé de treize jours, laissait apercevoir dans ses yeux et dans sa mine des expi"essions de douleur et de plaisir à la vue de certains objets et portait une attention soutenue aux gestes de ceux qui lui parlaient'. Faisons la part de l'exagération, mais n'admettons pas que nulle pensée ne tra- \aille dans le cerveau du nouveau-né. Supposons que nous fassions erreur. Y a-t-il un danger à croire présentes l'intelligence et l'âme? Soignejions-nous plus négligemment et avec moins d'a-

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