I. Locke, Quelques pensées sur l'éducation, p. iSr», trad
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de jeunes hommes ég"oïstes et durs. Cette méchanceté, dont les parents ne savent à quoi faire remonter l'orig-ine, nous nous sommes parfois demandé si elle ne viendrait point de ceci : le climat rendait la mère nonchalante, la retenait sur la chaiselong-ue; les enfants demeuraient en liberté au jardin, le plus g-rand excitant les plus jeunes, tous saccag^eant les fleurs, et, avec des rires, tourmentant, démembrant les bestioles, jouant au palet avec des tortues naines, plongeant sous l'eau du bassin les caméléons...
Nous devrions méditer cette jolie pag-e de Jean- Paul, y prendre une règ-le de conduite : « Ouvrez le cœur de l'enfant à tous les sentiments affectueux. Ouvrez son cœur à la vie d'autri:i, et enseignez-lui à respecter la vie en général. Il y a des individus, des peuples même, qui passent sans s'être jamais mis à la place d'autrui... n Pour faire sortir l'enfant d-e lui-même, pour élargir et attendrir son cœur, Jean-Paul ne connaît pas de meilleur moyen que de lui rendre sacrée la vie des animaux. « Qu'on lui donne le cœur d'un Hindou plutôt que celui d'un philosophe cartésien. Il s'agit ici de quelque chose de supérieur à la compassion pour les animaux. Que toute vie, même celle des êtres privés de raison, soit sacrée pour l'enfant; qu'oH lui inspire l'amour des animaux ! qu'on les lui
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représente comme les anagrammes de l'homme ! Qu'il voie dans le chien un vieil ' homme barbu. Que les infiniment petits soient rapprochés de son œil et de son cœur par le microscope. Si l'on estimait la vie selon la mesure du recrutement, l'éléphant et la baleine seraient supérieurs à nous. Ce préjugé disparaît dans l'infinitude qui est la même dans toute vie. Leibnitz replaça sur une feuille, sans le tuer, l'insecte qu'il venait d'étudier; que ce soit là pour l'enfant une loi. L'école stoïcienne disait : « Quiconque tue un coq sans nécessité est « capable de tuer son père » ; et le prêtre égyptien reg'ardait comme une impiété de tuer un animal, à moins que ce ne fut pour le sacrifice. Nous voyons dans ces faits le respect de la vie. Rattachez pour l'enfant toute vie à l'humanité, et les grandes choses lui révéleront les petites. Animez toutes les choses, même les fleurs qu'il détruit inutilement... L'amour des animaux a encore, comme l'amour maternel, cet avantage qu'il" n'est pas ég'oïste, qu'il n'attend rien en retour. Le temps viendra certainement où les brahmines, amis des animaux, apparaîtront aussi dans le nord, où le cœur, après s'être dépouillé des péchés grossiers, renoncera aussi aux péchés les plus subtils '. »