‹ Meres et fils. --Chapitre 44 sur 84 · I. J.-P. Richter, Sur réducation, j). 83. Il ne faudrait · texte numérisé non relu

I. J.-P. Richter, Sur réducation, j). 83. Il ne faudrait

Relevons ce dernier mot; serrons-]e dans noire cœur, pères et mères; méditons-le; demandonsnous sans cesse si, avec nos enfants ou devant eux, nous ne commettons pas plusieurs fois le jour de ces « péchés subtils » qui ne sont tels que pour nous; la gravité en échappe à notre courte vue. Pour les petits, qui regardent, retiennent, imitent, ils sont semence du mal. Tôt ou tard, ces péchés subtils germeront et pousseront en péchés grossiers. L'enfant se heurte à un meuble; il pleure. « La vilaine table, crions-nous. Elle a fait du mal à bébé. Il faut la punir! Battons-la. » Et joignant le geste à la parole : « Pan, pan, à la vilaine table! » Le chien aboyant à l'improviste a ■effrayé l'enfant : « Vilain Médor, nous t'apprendrons à faire peur à bébé! Pan, pan, à Médor! » Nous prenons la petite main dans la nôtie et nous lui faisons faire le geste, — gentil, trouvons-nous, — mais regardons ce qui se cache sous la gentillesse. Nous enseignons un jeu : « Main morte, main morte... souffletons! » Nous faisons déchirer du papier, de l'étoffe, déchiqueter des fleurs... Péchés subtils, si subtils que nous n'y voyons pas le péché. Plus lard,' trop tard, nous le verrons.

même pas enseigner à l'enfant la répulsion, la haine pour les araignées, crapauds et autres bêtes laides et inoffensives. Voir V. Hug'O, Le Crapmid.

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De même qu'elle corrige l'insliiicl de destruction, de même qu'elle s'applique à tourner l'activité qui détériore, ou fait souffrir en attention qui ménage, rang-e, conserve, ou en tendresse qui choie et caresse, la mère, vivant avec l'enfant, cherche, sans se douter le plus souvent du bien qu'elle préparent de l'aide qu'elle apporte au prog-rès, à réprimer l'avidité instinctive; elle dévelo])pe la générosité; à l'égoïsme accapareur qui convoite tout, veut la table entière pour ses jeux, ou réclame tous les gâteaux du plat, elle fait petit à petit succéder l'esprit de justice, d'équitable partage et de désintéressement; elle enseigne le respect du bien d'autrui. « Voilà, dit-elle, la part de bébé, voilà la part de papa, voilà la part de maman, voilà celle du petit frère et celle de la grande sœur. )> De telles leçons la mère a l'occasion de les commencer beaucoup plus tôt qu'on ne pense. « A six mois, en général, l'enfant ne se laisse plus enlever sans criaillements d'impatience ses jouets, auxquels il parait tenir, soit en vertu d'un instinct inné de propriété, soit en raison des distraclions de plus en plus nombreuses qu'ils lui procurent ' . > Toutes les mères connaissent le secret que l'observation découvre à l'éducateur : si les

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