‹ Meres et fils. --Chapitre 51 sur 84 · I. Essai sur l'édiicat. des femmes, p. i5i · texte numérisé non relu

I. Essai sur l'édiicat. des femmes, p. i5i

insiste : « Qu'importe que reiifant ait niai fait ce qu'il avait à faire: si cependant il a montré le désir de hien faire, s'il s'est manifestement appliqué, il faut le traiter comme si son attention eût produit un bon résultat. Dites-lui : « Vous avez été appli- « que, cela est bien; je suis contente de vous, vous « devez l'être. » Pais, ayez soin de le tenir dans un état prolongé de satisfaction, en rapportant les petites complaisances que vous aurez pour lui au bien-être dans lequel sa bonne volonté vous a mise aussi. »

Le bien-être, )a satisfaction, le contentement, celte force qui brille dans les jeux des enfants et qui éclate dans leurs chants, ont pour M™'' de Rémusat un prix inestimable. Elle n'est certes pas de ces parents rigoristes dont la dureté prend pour règle la maxime si mal comprise : « Oui aime bien châtie bien. » « Il suffit, écrit-elle, d'éviter que la crainte du châtiment excite seule le désir de bien faire. Que de gens au contraire ne comptent que sur cette crainte, professent qu'elle est le commencement de la sagesse et se réjouissent quand leurs enfants tremblent devant eux ! Au contraire. M'"" de Rémusat veut familiariser l'enfant avec l'idée que a bonne conduite donne la « joie du dedans ». Habilement entretenue, prolongée, de façon à en faire un état de l'âme, cette joie sera d'autant plus

efficace que la mère s'y associera : « Nous som- « mes contentes toi et moi. » Giwid mol, dans sa simplicité, dit M. Gréard. De cette communauté de jouissance entre la mère et l'enfant naîtra la pensée commune aussi du devoir', w

Celte application à louer l'enfant de ses efforts, même lorsqu'il n'est arrivé qu'à une réussite très médiocre, entraîne des résultats qu'il vaut la peine <le souligner. Elle fait naître la confiance et l'allégresse, deux principes de santé morale et d'énergie. Elle fait naître le goût de l'action et l'amour du bien. Au contraire, jugé avec une sévérité que rien ne satisfait, l'enfant se décourage; il perd l'habitude de s'appliquer. A quoi bon ? puisqu'il est sur de ne jamais bien faire. Il perd, ce qui est bien plus grave, le désir d'entreprendre : ne sait-il pas qu'il échoueia ? Si l'on veut donner à un enfant le viril conseil que tante Mary adressait à Emerson : « Ftiites toujours ce que vous avez peur de faire ^ )), il faut au préalable avoir gonflé son cœur par la louange méritée, il faut avoir inspiré à cet enfant une entière confiance en ceux qui le voient et qui le jugent, il faut aussi lui donner confiance en lui-même, et, sans

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