I. L'édiicat. des fe/n/neS; p
î'enfant une puissance, elle amorce une qualité ou une vertu.
Mais M"'^ de Réinusat prend encore une précaution : elle sait que la louange la plus justifiée a ses ivresses et qu'elle ne sera salutaire que si •elle vient consacrer une satisfaction intérieure. « C'est moins sur ses actions, au surplus, que sur ses sentiments, — M"^'' de Rémusat revient à cette •observation, — qu'il faut lui apprendre à se juger; moins sur « le bien faire que sur le vouloir bien faire ». De là le devoir pour la mère de lui épargner les petites obligations toutes mécaniques qui, •extériorisant et dispersant son effort, énervent sa volonté. Rien de plus contraire à Téveil de la cons- <:ience que cette discipline de précautions artificielles avec laquelle on « dresse les enfants sages », et qui laisse s'amasser en eux les germes des vices •que fait éclater le premier souffle de liberté ' ».
Abordons un dernier point qui heurtera les con- •ceptions de plus d'une personne. On admet volontiers le dogme de la supériorité des parents, de leur infaillibilité, de leur perfection absolue et surtout de leurs droits. L'enfant, qui n'a que des •devoirs, est tenu à obéir sans discuter. Fort bien. A^ous proclamez qu'il ne doit pas juger ses parents;