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3o6 * MÈRES ET FILS.
les âges pour un divertissement, c'est comme quand on verse plusieurs liquides dans le même vase : d'abord tout se mêle, puis les forces naturelles agissant, chaque liquide prend le niveau de sa densité. Aussi, lorsque j'entends parler d'associer les professeurs aux jeux des élèves, j'ai des inquiétudes sur les résultats. Ouc des surveillants de ving-t ans jouent avec des rhétoriciens et des philosophes, d'accord. Mais ne poussons point l'expérience par delà cet âge. Je remarque d'ailleurs que les écoles libres, où l'on parle de jeux entre maîtres et élèves, pratiquent — ce 'qui est très prudent — des jeux tout à fait particuliers, canotage, tennis, abattage d'arbres, construction de huttes, ponts, etc. ; tous ces prétendus jeux sont des occupations, des sports ou des travaux manuels. C'est cela qu'il faut souligner. De tels travaux qui ne sont point des jeux, comme les barres, l'ours, le cheval fondu, etc., sont éminemment propres à intéresser la jeunesse et à la former. La vie du lycée ne les favorise pas ; la vie de la maison au contraire est des plus propices pour les multiplier, les varier; ce sont ces jeux-occupations que je signale aux mères en les priant de méditer ces paroles, que nous avons déjà citées, de M™*^ Necker de Saussure : « Dans les familles pauvres, où la mère a du bon sens et de la douceur, les petits enfants sont peut-être plus
îaisonnables et plus avancés que dans les autres ; aussi jouissent-ils d'un avantage plus particulier. Ils s'intéressent à tout ce qu'ils voient, ils le conçoivent et j prennent part. Toutes occupations du ménage sont à leur portée; souvent ils peuvent s'y dissocier. Laver, étendre du linge, éplucher, cuire •des légumes, cette suite de travaux variés dont ils sont témoins, qu'ils aident même à exécuter, donnent de l'exercice à leur esprit, leur inspirent le g-oùt de se rendre utiles, tout en les amusant beaucoup. Occupés sans qu'on s'occupe d'eux, leur vie n'est pas en eux-mêmes, et ils ont le sentiment ■(.l'un intérêt commun au([ucl chacun doit concourir selon ses forces. Que peut-il y avoir de mieux pour un petit enfant' ? »
Que peut-il y avoir de mieux pour un grand garçon? Dans les familles riches, si la mère avait <\u bon sens, ne prendrait-elle pas justement cette méthode des pauvres gens? Les enfants capricieux, ■exig-eanls, maussades, les paresseux, les incapables qu'on envoie si fréquemment au lycée, ne seraient-ils pas ces petits garçons que la vanité des anères a condamnés à s'amuser toujours? Nous, parents, nous sommes de merveilleux professeurs