‹ Meres et fils. --Chapitre 71 sur 84 · I. Fromentin, Dominique, p. 05, Plon-Nourril · texte numérisé non relu

I. Fromentin, Dominique, p. 05, Plon-Nourril

SqA mères et fils.

avait l'air ennuyé, iiulifférent, et ne songeait déjà plus à ce qu'il m'avait dit. Je me rappelai la recommandation d'Augustin (son précepteur). Un éclair de stoïcisme el de décision me traversa l'esprit. (( Il a raison, pensai-je, je suis d'une demi-minute « en retard », et j'entrai'. »

C'est bien. Mais il y a mieux^ surtout pour les collégiens d'aujourd'hui. Le conseil d'Augustin est utile : au lieu de subir la discipline, on gagne à se l'imposer. Mais il n'est pas juste de dire que la soumission n'engage à rien pour l'avenir. Elle rend servile ou sournois ; elle empêche une ame d'être fi-anche et de s'ouvrir aux vertus civiques. La soumission volontaire de Dominique de Bray, malgré l'éclair de stoïcisme et de décision qui lui traverse l'esprit, n'est guère qu'une démarclie prudente. 11 sauvegarde sa fierté mais plus encore son repos ; il s'arrange pour traverser le collège sans ennuis ; il prend les devants, dédaigneusement, afin de s'épargner les remontrances d'un cuistre ou les coups de sa férule. Cela -fait penser à cette politesse sans cordialité qui servait à marquer les distances et à prévenir les familiarités ou les impertinences.

Avec ses élèves, l'LTniversité moderne a le droit et le devoir d'être plus exigeante.

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