I. Fromentin, Dornini>iue, p. 71. Ce romau date Je 18O
Dans la pensée de l'Université, le collégien doit s'imposer la discipline, parce qu'il comprend la nécessité de l'ordre, du silence, de la règle. Il sait ce qu'il doit aux autres et ce que les autres lui doivent; il sait que la discipline du collège n'est point un code de capricieuses contraintes édictées par un maître despotique et tatillon, mais qu'elle est une forme de la justice, du respect et de l'amour.
Cette discipline ne se formule pas : « Obéis et taistoi », mais «Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît», ou mieux encore : «Aime ton prochain comme toi-même » . C'est là son unique commandement.
Aussi, tandis que l'ancienne discipline n'admettait que deux altitudes : la révolte ou la soumission, la colère ou le tremblement, la nouvelle veut être aimée, embrassée, vécue par ceux auxcjuels elle est proposée.
L'ancienne discipline ne pouvait se passer d'un corps d'agents à l'affût des manquements ; elle avait une police, un tribunal, des peines graduées,, un cachot ; une comptabilité ingénument odieuse de mauvais et de bons points, de délits et quasidélits que rachetaient, non le repentir du coupable,, mais ses exemptions.
La nouvelle discipline rejette ce malhonnête et.
puéril attirail. Elle n'a besoin que de vous, mes chers élèves !
Je lis dans le Relèvement social que à C, à la rentrée d'octobre 1 908, une vingtaine de g-rands élèves furent mis en possession d'une salle dite «étude libre», laquelle demeura sans surveillance toute l'année. Les résultats furent excellents'.
Le succès de cette tentative n'est point un accident. Quatre, cintj études, quatre, cinq classes et plus encore, dans chacun de nos collèges et lycées^ marchent ainsi, toutes seules. Le maître n'intervient guère, ni le professeur. Ni l'un ni l'autre ne «e croit là pour terroriser, punir, régenter, tenir en laisse. Leur rôle, pensent-ils, est de suggérer, d'inspirer, d'approuver. S'ils veulent quand même être très agissants, ils limitent leur activité à ceci : épier les causes de désordre et, d'un geste qui ne se fait pas remarquer, d'une parole qui ne sonne pas plus haut que les autres, les écarter. Peu d'ordres ; simplement des prévisions et de discrètes, d'insoupçonnables interventions. Survient-il un fait inattendu, ils ont l'art de le rendre inoffensif.
On dira : « Pour qui nous prenez-vous? X vous