‹ Meres et fils. --Chapitre 76 sur 84 · I. Manuel (jénéral de l'insti-. primaire, lo avril · texte numérisé non relu

I. Manuel (jénéral de l'insti-. primaire, lo avril

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mais non pas celles de l'iioinme lui-même'.» El M, Hanolaux conseille aux parents d'étudier leur «nfant, et, pour s'éclairer sur ses aptitudes, de faire un examen attentif de son écriture, de consulter tour à tour ses maîtres et le médecin.

11 y a là de bons conseils. Il est sûr que, sans •exagérer les services de la graphologie, l'aspect <rune page d'écriture, la forme générale des lettres et des mots fournissent des indications sur le caractère et la volonté'. Il est sûr aussi que professeurs et médecins peuvent donner d'utiles conseils. Cependant, faisons quelques réserves. Premièrement, est-il prudent de dire à l'enfant quels défauts, dangereux pour telle ou telle carrière, on croit apercevoir dans son écriture? Je craindrais de les lui donner par suggestion. Ne lui parlons que des qualités : nous les lui inspirerons peut-être. En second lieu, si nous consultons les professeurs, prenons garde; malgré lui, le professeur met audessus de tout l'intelligence et le savoir; or, dans toute carrière ce qui assure le succès, c'est le vpu-

\. Du choi.r d'une carrière, p. 45, Flammarion. Voir : Bastieu, Les Carrières ; i»c([utn\avà, \e Dictionnaire des professions ; Vuiljert, V Annuaire de la jeunesse, et surtout l'ouvrage de Valran, Préjugés d'autrefois et Carrières d'aujourd'hui. Bibliothèque des Parents et des Maîtres.

2. Voir Pellat , L'Educat. aidée par la graphologie^ Hachette.

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lûlr. Un élès'e est médiocrement doué, il ne réussit guère les exercices de la classe; ses maîtres le jugent sévèrement, prophétisant que jamais il ne fera rien. Attendez quelques années ; il s'échauffera pour une carrière, il s'y donnera de tout son cœur, il y sera excellent. De même, le médecin risque de nous mal diriger. Assurément, s'il nous signale une faiblesse de la vue, de l'ouïe, dont ni l'enfant, ni nous-mêmes ne nous étions aperçus, tenons-en compte, ne deslinons pas notre fils à l'Ecole navale ou à Saint-Cyr... Quand il aurait l'âge de se présenter à ces écoles, l'examen médical l'en écarteterait ; ce serait une déception. Mais s'il s'agit de la santé générale, du tempérament, le médecin peut déconseiller une carrière, en réalité pénible, mais où un jeune homme de petite santé et de caractère énergique, par la sagesse, la surveillance de son régime, la méthode dans le travail, arrivera à supporter les fatigues cent fois mieux que les plus robustes. On oublie trop que la volonté est une faiseuse de miracles. Les grands hommes deviennent tels moins par le don, par le talent que par Je caractère. Qui veut, dans son [métier,- égale les maîtres et les dépasse. Lisez la biographie des grands hommes, écoutez leurs conseils ou leurs leçons : « A vingt ans, dit Cl. Bernard, l'homme doit se dire : « Voilà ce que je veux être ». Il faut

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qu'il ait devant les yeux un idéal et qu'il le fasse le plus grand, le plus beau, le plus haut possible. » \ . Hug-o, écolier, écrit sur ses cahiers : « Je serai Chateaubriand ou rien. » Et un petit livre, rempli de grandes choses, V Imitation, dit : « Vous ne ferez de progrès qu'autant que vous vous ferez violence. »

En résumé, à l'ég'ard de la vocation, voici ce qu'il y aurait de mieux à faire.

Du côté des parents, offrir aux enfants occasion et moyens d'entrer en contact avec le plus g-rand nombre possible des formes de l'activité humaine ; lui permettre d'apprendre tout ce qui s'enseig-ne au collège, lettres, sciences, lang-ues, musique, beauxarts , sports...; durant les vacances, s'ing-énier à le rapprocher de la ferme, de l'atelier, de l'usine, des métiers.

Du côté des enfants, être avide d'apprendre; s'ouvrir à tout ; se faire une àme hospitalière et vibrante, inquiète, ardente, assoiffée de connaître, d'approfondir, d'aimer... C'est sur ce chemin de la curiosité, de l'enthousiasme et de l'amour que se rencontrent les vraies vocations, celles qui sont une passion. Méthodique, volontaire et passionné, s'il conçoit de très bonne heure un haut idéal, et s'il le poursuit, un jeune homme est assuré de faire honneur à sa famille et d'être utile à son

pays ; et il trouvera par surcroît le bonheur, je parle du bonheur qui est la récompense de l'ambition, de rambition bonne, de celle « qui nous porte à nous élever sans cesse au-dessus de notre situation présente, non pour assouvir nos passions mais pour pouvoir faire plus de bien' ».

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