‹ Meres et fils. --Chapitre 80 sur 84 · I. Miohelet, Jld Jeunesse, p. 162, Flanimariou · texte numérisé non relu

I. Miohelet, Jld Jeunesse, p. 162, Flanimariou

côtés , mais pour vivre avec lui une noble, une pure vie, la vraie vie.

Une veuve, pour qui se séparer de son enfant est à la fois une épreuve morale et un sacrifice d'argent, prendra bravement le parti de clianger sa résidence, de transporter son mobilier, d'ouvrir une petite pension où elle hospitalisera deux, trois camarades du jeune étudiant. Du même coup, elle donnera à son fils une bonne leçon, elle fera une bonne affaire et une bonne action. Le jeune homme sentira la vaillance d'une telle résolution, qui soudain rompt la chaîne des habitudes et des souvenirs, prend le parti, qui coûte tant à l'âge mûr, de s'expatrier, d'aller vers l'inconnu. Et la mère, en augmentant les ressources de son budget, rendra un service inap[)réciable à ses pensionnaires, à ces jeunes g"ens qui, en elle, retrouveront une autre mère, non pas moins respectée, mais moins intimidante, à laquelle ils oseraient se confier et dont ils écouteraient les avis. Crovons-en Michclet, qui en fit l'expérience : « Le jeune homme qui a trop de choses à dire et qui hésiterait à parler devant sa vraie mère, pour avoir été tant de fois morigéné par elle, châtié même, petit garçon, trouve délicieux de pouvoir se livrer, cacher ses faiblesses dans ce cœur tendre et indulgent. Qu'il aille jusqu'à lui confier ses vains rêves, même les mauvaises tenta-

lions qui lui viennent, et j'affirme, sans crainte d'être contredit, que ce jeune homme est sauvé '. »

l'ne tante^ une graiid'mère, une sœur comme la sœur aînée de Renan, une parente âgée trouveraient dans une telle assistance un de ces mille emplois, trop né^^li^és par l'insouciance, la paresse, l'ég^oïsme, où la collaboration de la femme serait si profitable aii bonheur des individus et à l'amélioration des mœurs publiques.

Ce que pourraient ces secondes mères pour remplacer la mère disparue ou absente et poursuivre l'œuvre arrêtée ou suspendue, ce n'est point notre fantaisie qui l'invente. Que d'exemples l'histoire fournit! Citons-en quelques-uns.

Miclielet a dit lui-même sa reconnaissance pour celle qu'il appelait sa marraine : « Toujours occupée de raffermir l'homme chez l'adolescent, elle me donna comme abri toutes les douceurs de l'aile maternelle et une part de son àme. Cette àme, qui 'me nourrit du meilleur de la sienne, que d'années j'en ai vécu ! C'est ce qui m'est resté de plus délicat, de plus fécond des imj)ressions de ma jeunesse. Cela m'a fait pour longtemps ce q'ue j'ai été dans la vie éveillée et dans le rêve. Et toujours ([uelque chose m'en est resté, comme un

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