‹ Mérimée et ses amisChapitre 106 sur 160 · Correspondance inédile · texte numérisé non relu

Correspondance inédile

Napoléon n'était pas l'homme de paille, le figurant politique que ses amis avaient supposé. Qu'était-il donc? Mérimée se réservait.

Le mariage de l'empereur fut une révélation. Décidément, il se rapprochait de César, le héros favori de Mérimée. Lui aussi, il savait aimer, jouer sa popularité pour une femme. Et cela s'était fait franchement, brillamment, avec une bravoure et un élan superbe ! Mais je suppose qu'à ce moment les yeux de Mérimée tombèrent sur l'inscription grecque de sa bague, et il continua de se méfier.

Il paraît — c'est encore M. d'Haussonville qui nous Tassure — que, la veille du jour où sa nomination de sénateur fut insérée au Moniteur, Mérimée, sortant d'une soirée orléaniste, reconduisit un de ses amis et que, dans le cours de cette conversation, il s'exprima sur l'empereur avec beaucoup d'indépendance. Et pourquoi pas? Il entrait au Sénat à titre d'écrivain célèbre et comme le plus vieil ami de l'impératrice : il n'avait donc pas à payer son nouvel habit en bruyantes platitudes. Dans la correspondance avec la comtesse de Montijo, il

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