DEHNIKR MOT SUR MÉRIMÉE DIPLOMATE
de lettres, nerveuse, pessimiste jusqu'au dégoût, trop subtile ou trop indolente pour se plier à un joug régulier, pour s'appliquer à la fastidieuse continuité des afiaires. Encore une fois, Mérimée ne fut pas déçu, parce qu'il n'avait rien souhaité. Le rôle qui lui convenait le mieux était celui de spectateur à 30 000 francs l'an. On trouvie peutêtre que c'est payer cher un spectateur; mais il s'est acquitté, je pense, envers la France en lui laissant ces fins portraits à la plume, ces pages de bon sens et d'ironie qui ont leur place, à la fois, dans notre littérature et dans notre histoire.
Travaux sur la littérature russe. — Articles sur Pouchkine, Gogol, Tourguénef. — Les épreuves de Fumée. — Les Cosaques d'autrefois et le Faux Démétrius. — La CJiamhre bleue. — Composition et lecture de Lokis à Saint-Cloud. — Opinion de Mérimée sur les écrivains du second Empire.
Mérimée n'était pas perdu pour la littérature. On a vu par quelles raisons il se fît l'éditeur des œuvres de Beyle et de Jacquemont. Il donna aussi au public une édition de Brantôme et en prépara une d'Agrippa d'Aubigné. Il sema de nombreux articles dans la Revue des Deux Mondes, dans le Momteur, dans le Journal des Savants, principalement sur des auteurs ou sur des sujets étrangers. Mais le meilleur de son temps, il le donna à la littérature russe, dont il a commencé chez nous la popularitéMl écrivait à Albert Stapfer : « La langue russe est la plus
1. C'est Mme de Lagrené, paraît-il, qui lui avait enseigné le russe.