‹ Mérimée et ses amisChapitre 132 sur 160 · LA LANGUE RUSSE · texte numérisé non relu

LA LANGUE RUSSE

bollc langue de rr^uropo, sans on excopter le grec. Ell(i est bien plus belle que rallcmand et d'une clarté merveilleuse. Vous savez qu'on peut comprendre tous les mots d'une phrase allemande sans se douter de ce que l'auteur a voulu dire. Mon ami Molil, Wurlembergeois de naissance, s'excusait de ne pouvoir me traduire une phrase d'un de ses compatriotes, parce que cette phrase était dans la préface et qu'il aurait fallu lire les douze volumes pour en bien pénétrer le sens. Cela n'arrive pas en russe \ » Il ajoute que « la langue est jeune; les pédants n'ayant pas encore eu le temps de la gâter, elle est admirablement propre à la poésie '" ». C'est cette idée qu'il développa dans un article très étudié sur Pouchkine. Il traduisit, comme il savait traduire, deux nouvelles saisissantes de l'écrivain russe, le Coup de pistolet et la Dame dépique; il y mêla sa fine raillerie à l'angoisse sans nom qui plane sur ces deux récits. Il fit connaître aussi au public V Inspecteur général^ la

1. Correspondance avec Albert Stapfer. Cannes, 10 février 1869.

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