ma
terrible satire de Nicolas Gogol, et analysa, dans un article, les Ames mortes^ mais je ne pense pas qu'il ait vu jusqu'au fond de Gogol. Dans l'amertume du conteur slave, il critiquait, un peu mesquinement, l'abus d'un procédé littéraire, au lieu d'y voir l'incurable tristesse d'une race et le mal religieux qui torture, là-bas, jusqu'aux incroyants. Son étude sur Tourguénef manque aussi d'ampleur. Pourtant, il connaissait et aimait l'auteur de Peines et Enfants, avec lequel il se lia dès le premier séjour de Tourguénef en France, peu après la paix de Paris et l'émancipation des serfs. Dans l'automne de 1867, il revisait les épreuves de Fumée, que traduisait, pour le Correspondant, le prince Auguste Galitzine. Une lutte très amusante s'engagea entre le traducteur et le reviseur. A mesure que la pudeur du premier supprimait un passage, la malice du second le rétablissait. Mais le prince revisait à son tour, supprimait encore, et, de nouveau, Mérimée réclamait. Je crois que le prince eut le dernier mot : ce qui gâta quelque peu l'œuvre du grand charmeur.