Correspondance avec la comtesse de Montijo, 8 septembre
Français, je pleure de leurs humiliations, et, quelque ingrats et absurdes qu'ils soient, je les aime toujours.... » C'est le 13 septembre qu'il écrivait ces lignes à Mme de Beaulaincourt. Par elles, Mérimée conclut lui-même l'étude de sa vie et avoue une âme qu'il avait cachée pendant soixante ans. Ce fut sa dernière ou, si l'on veut, son avant-dernière pensée. Jenny Dacquin reçut la lettre que sa main traçait deux heures avant la mort, et elle avait droit à ce triste bonheur. Il expira le 23 septembre, presque subitement, si un tel mot ne surprend pas, appliqué à un homme que la maladie avait ruiné jusqu'au fond. Deux jours après, il fut enterré au cimetière de Cannes, où il repose encore*. Les rares spectateurs qui assistaient à cette cérémonie funèbre — toutes les pensées étant tournées ailleurs — furent surpris de voir s'approcher de la fosse un pasteur protestant qui dit un service et prononça un discours. Ce pasteur, M. Napoléon Roussel, se trouvait être un fougueux, un militant. Ses paroles agressives, en prenant possession du corps et de l'âme de Mérimée, ajoutèrent, si j'en