‹ Mérimée et ses amisChapitre 27 sur 160 · SÉ.JOUR A MADRID. SI · texte numérisé non relu

SÉ.JOUR A MADRID. SI

Madrid, j'ai été scandaleux. On nn'a dit que j'avais applaudi avec fureur — mais j'ai peine à le croire, — non le matador, mais le taureau au moment où il enlevait sur ses cornes cheval et homme. » L'élève de Stendhal est d'avis que ce cheval et ce taureau sont plus intéressants que les héros de nos tragédies. <( Cela tue l'art dramatique. » Aussi, sauf l'opéra, les théâtres lui ont-ils paru très faibles. Il a vu jouer le Mariage de raison^ de Scribe, avec des changements assez pitoyables. « Les acteurs sont détestables; les femmes, plus naturelles et très jolies. Les directeurs, comme chez nous, font banqueroute et se plaignent du mauvais goût de leur siècle \ »

A Madrid, Prosper Mérimée séjourna assez longtemps. En bon fils qu'il était, il prenait des notes pour Y Histoire de la peinture à Vhuile^ partageant son temps entre les Murillo et les Velasquez du musée et les agréables relations qu'il avait trouvées dans cette ville. Le plus intéressant de ces hôtes était le comte de Teba, dont il avait fait la connaissance en diligence.

Page 1