Voir aux appendices la lettre de M. Bœswillwald
sion des monuments historiques, on aurait rasé tous nos vieux édifices pour construire des Madeleines et des Bourses *. »
Ainsi Mérimée a fait mieux que comprendre nos cathédrales gothiques : il les a sauvées. Aussi bien, il faut se méfier des gens qui comprennent tout. Mérimée n'était point de ceuxlà. 11 connaissait les frontières de son propre esprit et ne les eût jamais dépassées, si son métier ne l'y eût en quelque sorte obligé.
S'il goûtait imparfaitement l'art chrétien du moyen âge, il n'en était que plus apte à sentir l'art païen de l'antiquité. On en trouvera des témoignages certains dans l'étude sur le « tombeau découvert à Tarragone » et dans quelques autres morceaux du même genre qui sont d'assez bons modèles de la critique technique et directe. Mérimée était surtout sensible à la difficulté vaincue. 11 aimait le bas-relief, parce qu'avec une profondeur presque nulle il doit donner l'illusion des plus lointaines perspectives; il aimait la médaille parce que c'est le bas-relief réduit à des proportions microscopiques. Il s'intéressait