‹ Mérimée et ses amisChapitre 61 sur 160 · Correspondance avec la comtesse de Montijo, avril · texte numérisé non relu

Correspondance avec la comtesse de Montijo, avril

celle-ci, qui ne pouvait guère trouver place dans son éloge funèbre et dont il amusa Mme de Montijo : « Charles Nodier, à neuf ans, tomba, amoureux d'une femme de Besançon et lui donna rendez-vous dans un lieu écarté. Elle y vint et lui donna le fouet, dont il pensa crever de rage et de honte ^ » Mérimée, pendant l'été, se rendit à Besançon où « on lui dit pis que pendre de son héros ». Il se consola en découvrant au musée de la ville un admirable portrait de Simon Renard, le célèbre diplomate flamandespagnol, agent de Philippe II. Il se mit à copier ce précieux portrait, mais l'éloge de Charles Nodier n'avançait pas. Il s'exaspérait contre son sujet, le prenait en haine. Parfois, il lui poussait une envie irrésistible de changer le panégyrique en satire et de fouetter Nodier au lieu de le caresser, comme avait fait la cruelle dame de Besançon.

La mauvaise humeur naturelle à un homme qui a été forcé de lire Jean Sbogar ne suffirait pas à expliquer cet étrange état d'esprit. La

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