Voir à l'appendice V
terrain, il ne devait avoir à lutter ni avec un Salluste, ni avec un Froissart. Il redresserait une vieille erreur en montrant un roi réformateur et organisateur dans un personnage que la fausse histoire, déclamatoire et menteuse, avait stéréotypé sous les traits d'un tyran cruel. Comme César son favori, le Justicier avait aimé, et la figure de Maria Padilla illuminait cette sombre histoire d'une œuvre de raison poursuivie par des moyens atroces.
Mérimée se mit à l'œuvre. Il ne se laissa rebuter ni par les aridités d'Ayala, ni par les extravagances de Conde « qui était devenu Musulman, à force d'étudier les choses arabes * ». Par moments, le courage lui manque et la conviction l'abandonne : « Je m'efforce de justifier don Pèdre pour vous faire plaisir, mais j'aurai de la peine à en faire un aimable homme ». Tantôt c'est « un pauvre diable de roi qui a eu le tort de naître un siècle trop tôt » ; tantôt c'est « son ennemi don Pèdre », et il l'invective comme il invectivait tout à l'heure Charles