‹ Mérimée et ses amisChapitre 66 sur 160 · PUBMCATION ET DEDICACE. ICI · texte numérisé non relu

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parut enfin dans la livraison de la Revue du 1" décemhrc 1847, avec une dédicace à la comtesse de Montijo, « camarera mayor de S. M. C. ». Et cette dédicace fut reproduite en tète du volume, Tannée suivante ^ Je crois avoir prouvé combien elle était méritée. La révolution de 1848 tua V Histoire de don Pèdre /", qui ne s'en est pas relevée. M. de Loménie, dans son discours de réception, incline à croire que c'était le chefd'œuvre historique de Mérimée. Je n'ai pas la compétence nécessaire pour en décider. C'est, de tous ses ouvrages, celui qui a coûté le plus de travail, et, à certains égards, c'est un tour de force. Mais le public ne veut rien savoir de la difficulté vaincue, pas plus qu'il ne juge un homme d'après le nombre d'heures que sa mère a souffert pour le jeter dans le monde. Elle seule le sait et l'aime d'autant.

Pendant cette période de sa vie, Mérimée passa plusieurs fois les Pyrénées, soit pour aller voir ses amis, soit pour chercher des documents,

1. La dédicace du livre, publiéchez Charpentier, est adressée à la comtesse de Montijo, duchesse de Penaranda. La comtesse avait résigné ses fonctions auprès d'Isabelle IL

se retremper dans Fétude de cette langue et de cette civilisation qu'il comprenait et goûtait si bien. Je le dirai ici en passant : il savait l'espagnol, par principes et à fond, comme il savait tout ce qu'il se mêlait d'apprendre, comme il savait le latin, le grec ancien et le grec moderne, comme il savait l'anglais, où il improvisait des discours, comme il sut plus tard le russe. J'ai demandé un jour à l'impératrice si Mérimée parlait bien l'espagnol. Il le parlait, m'a-t-elle répondu, purement et noblement, dans la langue vieillie, mais charmante, de Cervantes et de Lope de Yéga qui avait fait l'objet de ses premières études • il le parlait de façon à faire sourire quelquefois, Jamais à faire rire. On eût dit quelque diplomate du temps d'Henri IV, familiarisé par un long séjour à la cour d'Espagne et soudainement ressuscité.

En 1840, Mérimée revit l'Espagne après dix ans. Cette seconde expérience fut très intéressante. Il assista à une révolution ; c'est un spectacle que l'Espagne, en ce temps-là, ne refusait guère aux étrangers. Le palais où résidait îa comtesse de Montijo, était, paraît-il, une posi-

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