PRÉDICTIONS POLITIQUES
Il suivait les événements politiques, mais d'un peu loin et sans bien connaître les hommes. Dans le conflit entre l'Assemblée et le président, il n'eût voulu parier pour personne et se ligurail volontiers que le pays partageait son indifférence. C'est tout au plus s'il consent à reconnaître que le peuple « semble « préférer le président. Il n'en est même pas sûr et recueille sans trop de déplaisir les petits cancans avec lesquels les vaincus de la veille et du lendemain entretenaient leurs illusions et pansaient leurs blessures. « Il paraît que notre pauvre président a été indignement reçu à Dijon; je crains qu'il ne le soit plus mal encore à Strasbourg, sans parler de la chance possible d'un coup de pistolet.* Avant de partir, il a donné un banquet aux troupes, qui ont crié : Vive Changarnier! * » Le sabre de Changarnier, voilà la dernière ressource de la France contre les rouges. Quand Louis-Napoléon congédie le général, Mérimée pense qu'il « a coupé sa main droite avec sa main gauche ». Et il répète que la France « s'en