‹ Merlin, l'enchanteurChapitre 156 sur 177 · Livre xxiif · texte numérisé non relu

Livre xxiif

qui vous entoure, vous n avez jamais vu l'horreur de cet abime. Ah ! si vous Taviez vu face à face, comme nous, auriez-YOUs pu y vivre?

— Laissez-moi, répondit encore le souverain des ténèbres. Retirez- vous ! que je regarde une fois, seul à seul, le fond du gouffre. »

A ces mots, le troupeau des ténèbres se relira. Elles fuyaient lourdement, confusément, en rampant et se retournant sur elles-mêmes, car elles espéraient toujours que leur maître allait les rappeler. Mais il n'en fît rien.

Pour la première fois il vit, sans voile, face à face, l'abîme où il avait vécu. H en eut peur.

u Reviens, Merlin, reviens! j'ai peur, » hurla le roi dé Tenfer.

Merlin accourut près de son père; il le trouva écumant, la bouche béante, tremblant de tous ses membres.

« Les ténèbres savent où je suis, mon fils. Elles me dénonceront. Connais-tu un lieu plus désert que celuici? je m'-y retirerais.

— Il n'en est pas, hormis l'abbaye du prêtre Jean.

— Précisément. J'ai eu cent fois l'envie de m'y cloi- Irery moi aussi, pour une saison. Le préjugé seul m'a arrêté. )>

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