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m MËULIN L'ENGHÂNTEUn.
avait perdue sur la terre et dans le ciel. Qn se i*cprochail d'avoir douté de lui. a Quelle injustice, grand Dieu! murmurait-on de toutes parts. 11 est donc vrai que les meilleurs seront toujours les plus méconnus I » Ce retour subit du monde vers Merlin profita aussi n Jacques. Il n'était plus regardé avec pitié, quand il passait, comme un simple d'esprit. Loin de là ; on admirait qu'il eût lui seul conservé si longtemps le vague espoir en dépit des apparences. Sa crédulité passée parut un avertissement du ciel. Pourtant, même alors, il restait encore des incrédules, ainsi qu'on le verra dans l'un des chapitres suivants, où l'on apprendra aussi combien les nations mortes ont de peine à ressusciter.
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Cheminant dans les bois, Jacques trouva couchée, au pied d'une tour emmautelée de lierre, la Belle au Bois dormant ; la tête sur son bras, elle rêvait d'amour. A ses côtés, sur la même Rerbe vierge, dormait aussi, comme elle, celui que les dieux autrefois avaient plongé dans un même sommeil divin. C'est le bel Endymion.
Au bruit des sabots de Jacques sur le sentier pierreux, tous deux ouvrent à demi la paupière et se retournent sur le flanc. Sans le savoir, ils s'enlacent en rêvant, comme l'orme et la vigne, de leurs bras cridor-
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mis. Jacques les voit : il s'en dépite ; il les secoue, Tune par son manteau ducal de martre zibeline et son chaperon, Tautre par sa tunique de pourpre de Tyr.
Tous deux, enfin, ouvrent les yeux; tous deux se lèvent sur leur séant, puis sur leurs pieds. Ils s étonnent lun Tautre de se trouver si beaux;. ils s'étonnent davantage d'avoir été si longtemps couchés et endormis l'un près de Taulre. La Belle en rougissait, pleine encore d'une langueur^ amoureuse qui doublait sa beauté.
« Je rêvais de toi, lui dit Endymion.
— Et moi, seigneur, je vous voyais en songe, dans mon manoir gothique.
— N*es-tu pas Cinlhie, la lune au moite front d'argent?
— Moi, Cinthie! Vous rêvez encore, monseigneur. N'êtes-vous pas mon fiancé, le prii ce des Ardennes?
— Moi, prince des Ardennes! Mais ouvre donc les yeux. Je suis Endymion. i
— Ne jouons pas ce jeu, seigneur; que diraient les barons? V^nez, rentrons au vieux château» Déjà j'ai tardé trop longtemps dans ce bois ombreux.
— Allons plutôt d'abord dans ma grotte de Latmos, tapissée de jacinthes. Depuis trop longtemps je n'ai mené mes chèvres à l'abreuvoir, elles périront de soif.
— Écoutez, monseigneur ! Oyez le son des cloches. Le chapelain nous appelle pour nous marier à l'autel, dans la cliapelle dorée*
— Écoute, écoute la cornetnuse ! Les nymphes nous
appellent dans ma caverne pour chanter : Hymen ! ô Hyménée I
— Vous êtes donc païen, mon doux seigneur? Depuis quand et comment? Mais qu'importe? Venez! je vous convertirai. »
Pendant qu'ils parlaient ainsi, Jacques, sans les écouler, les conduisit en droiture auprès de madame Viviane, qui fit monter près d'elle la Dormeuse, sous un auvent de rubis.
« Où donc est mon amant? dit-elle en s'assevant.
— Madame, ayez patience. Votre amant est sur le seuil, il prend ses babils de carmin.
— Et mes courtisans?
— Madame, ils vont venir ; ils mettent leur livrée.
— Et mes dons du matin?
— Madame, les voici, » répondit Viviane en lui présentant un coffret rempli de perles de rosée; et, riant de leur surprise, elle les hébergea ainsi tous deux, lant que dura Taurore.
Arlhus éveillé, Merlin voulut en instruire sur-lechamp les nations mortes, ensevelies à ses côtés dans son propre tombeau. Il envoya son serviteur leur porter du dehors son message et les appeler par leurs noms, au bruit puissant du cor des Alpes. Jacques, ne recevant