‹ Merlin, l'enchanteurChapitre 173 sur 177 · LIVRE XXIY, 4iU · texte numérisé non relu

LIVRE XXIY, 4iU

Et le Iriomphe de Bacchus qu'on avait cru égaré et mort dans les Indes, ni celui d'Osiris englouti par Typhon, ni celui d'Adonis, dévoré par la dent du sanglier, ne furent rien, auprès du retour de Merlin échappé du long pèlerinage de la mort.

Sa joie de revoir tant d'anciens amis fut si grande qu'un peu plus il [allait défaillir. Il regardait dans la foule, tel qu'il croyait redevenu poussière et qui le sa*^ luait de la main. Tous ceux qu'il avait aimés l'acclamaient sur le seuil, où ils étaient venus le recevoir. Tous maintenant reconnaissaient sa puissance, sa sa* gesse, sa bonté.

oc Est-ce bien lui? criait la foule. » Alors, il se sentait troublé dans son âme jusqu'à mourir. *

Mais à ce moment, s'ouvraient les portes des hymnes; et l'écho en était si puissant que les sources de la vie renaissaient dans son cœur.

Venaient d'abord les peuples affranchis qui mar-> chaient, la tète droite, comme s'ils ne l'eussent jamais Tîourbée.

Puis Arthus couvert de sou bouclier blanc, où se mirait le soleil de justice.

Arthus étendait son bouclier autour de lui, et vingt nations en étaient protégées 4

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Puis vcuaienl les chars revêtus d'écarlatc el de pour pre, chargés des tributs du tombeau.

Puis venaient Merhn, Viviane et leur enfant, devant qui Jacques portait la harpe.

Après eux, les légions des esprits et Turpin marchait à leur tète.

Après eux, le peuple des exilés; et pour ce jour-là, ils avaient retrouvé leur robuste jeunesse.

A cet endroit, le cortège était formé de tous ceux qui avaient connu Merlin et qui figurent dans cette histoire, de tous ceux auxquels il a attaché un moment ou sa pensée, ou ses regards, de tous ceux qui Pont renié, injurié, ou haï. N'étaient exclus que les indifférents*

Après eux venaient, comme aux champs Olympiques, des quadriges fumants ; ceux-là étaient chargés des insignes arrachés à Penfer.

Et, comme à Naplcs, au jour des funérailles, une multitude s'avançait, portant des bannières ; sur chaque bannière flottante au vent, on lisait : a L'enfer est vaincu! »

Alors venaient tous les génies de Penfer, le front bas, comme des prisonniers, muets, couverts de sueur, désespérés, derrière le char de Merlin; car ils croyaient qu'ils allaient être immolés.

Du milieu d'eux sortait un sourd rugissement qui

était celui de Pabime. Us n'avaient point les mains liées

derrière le dos t ils étaient enchaînés par leur propre

terreur.

A leur tète marchait leur roi, qui les contenait d'un

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