GARDES DE POLYPHONTE
ÉROX.
Madame, par ma voix, permettez que mon maître. Trop dédaigné de vous, trop méconnu peut-être, Dans ces cruels moments vous offre son secours. Il a su que d'Egisthe on a tranché les jours ; Et cette part qu'il prend aux malheurs de la reine..,
Il y prend part, Érox, et je le crois sans peine; Il en jouit du moins ; et les destins l'ont mis Au trône de Cresphonte, au trône de mon fils.
ÉROX.
Il vous offre ce trône; agréez qu'il partage De ce fils, qui n'est plus, le sanglant héritage : Et que, dans vos malheurs, il mette à vos genoux Un front que la couronne a fait digne de vous Mais il faut dans mes mains remettre le coupable ; Le droit de le punir est un droit respectable ;* C'est le devoir des rois : le glaive de Thémis, Ce grand soutien du trône, à lui seul est commis : A vous., comme à son peuple, il veut rendre justice. Le sang des assassins est le vrai sacrifice Qui doit de votre hymen ensanglanter l'autel.
Non ; je veux que ma main porte le coup mortel. Si Polyphonte est roi, je veux que sa puissance Laisse à mon désespoir le soin de ma vengeance.
* On sent combien cette expression est un droit respectable manque d'énergie et d'élégance, et quelle est la faiblesse de ce vers prosaïque.,
Qu'il rè;ne, qu'il possè le et mes biens et mon rang ;
Tout l'honneur qne je veux, c'est de venger mon sang.
Ma main est à ce prix ; allez, qu'il s'y prépare :
Je la retirerai du sein de ce barbare,
Pour la porter fumante aux autels de nos dieux.
ÉROX.
Le roi, n'en doutez point, va remplir tous vos vœux. Croyez qu'à vos regrets son cœur sera sensible.