‹ MéropeChapitre 28 sur 80 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

MEROPE, EURYCLÈS, ISMENIE.

Non, ne m'en croyez point ; non, cet hymen horrible, Cet hymen que je crains ne s'accomplira pas. Au sein du meurtrier j'enfoncerai mon bras; Mais ce bras à l'instant m'arrachera la vie.

EURYCLÈS.

Madame, au nom des dieux...

Ils m'ont trop poursuivie.

Irai-je à leurs autels, objet de leur courroux, Quand ils m'ô ent un fils, demander un époux. Joindre un sceptre étranger au sceptre de mes pères, Et les flambeaux d'hymen aux flambeaux funéraires ? Moi, vivre! moi, lever mes regards éperdus Vers ce ciel outragé qu.- mon fils ne voit plus ! Sous un mai re odieux dévorant ma tristesse, Attendre dans les pleurs une affreuse vieillesse ! Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, La vie est un opprobre, et la mort un devoir.*

* Mauvaise maxime qui court comme proverbe avec une légère teinte de ridicule, et qu'on a gaiement parodiée. C'est ce qu'on en peut faire de mieux.

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