ACTE IV. SCÈNE II
Le peuple, sous mes lois pour jdmais engagé, Croira son prince mort, et le croira vengé. Mais répondez : quel est ce vieillard téméraire Qu'on dérobe à ma vue avec tant de mystère ? Mérope allait verser le sang de l'assassin : Ce vieillard, dites-vous, a retenu sa main ; Que voulait-il ?
ÉROX.
Seigneur, chargé de sa misère, De ce jeune étranger ce vieillard e>t le père : Il venait implorer la grâce de son fils.
POLYPHONTE
Sa grâce ? Devant moi je veux qu'il soit admis. Ce vieillard me trahit, crois-moi, puisqu'il se cache. Ce secret m'importune, il faut que je l'arrache. Le meurtrier, surtout, excite mes soupçons. Pourquoi, par quel caprice, et par quelles raisons, La reine, qui tantôt pressait tant son supplice, N'ose-t-elle achever ce juste sacrifice ? La pitié paraissait adoucir ses fureurs ; Sa joie éclatait même à travers ses douleurs.
ÉROX.
Qu'importe sa pitié, sa joie, et sa vengeance?
POLYPHONTE
Tout m'importe, et de tout je suis en défiance. Elle vient: qu'on m'amène ici cet étranger.