‹ MéropeChapitre 52 sur 80 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MÉROPE, ÉGISTHE, NARBAS, EURYCLÈS, suiTk MÉROPE.

Le tyran m'ose envoyer vers toi :

Ne crois pas que je vive après cet hyménée ; Mais cette honte horrible où je suis entraînée, Je la subis pour toi, je me fais cet effort : Fais-toi celui de vivre, et commande à ton sort. Cher objet des terreurs dont mon âme est atteinte, Toi pour qui je connais et la honte et la crainte, Fils des rois et des dieux, mon fils, il faut servir. Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir. Je sens que ma faiblesse et t'indigne et t'outrage ; Je t'en aime encor plus, et je crains davantage. Mon fils...

ÉGISTHE

Osez me suivre.

Arrête. Que fais-tu ?

Dieux ! je me plains à vous de son trop de vertu.

ÉGISTHE

Voyez-vous en ces lieux le tombeau de mon père r Entendez-vous sa voix ? Etes-vous reine et mère j Si vous l'êtes, venez.

Il semble que le ciel T'élève en ce moment au-dessus d'un mortel.* Je respecte mon sang ; je vois le sang d'Alcide 1 Ah ! parle; remplis-moi de ce dieu qui te guide. Il te presse, il t'inspire. O mon fils, mon cher fils I Achève, et rends la force à mes faibles esprits.

* " Mérope a raison et le spectateur pense comme elle. Mais la conscience d Egisthe n'est pas un fol oubli de tout danger : le dialogue qui suit prouve qu'il est capable d'examiner avant d'entreprendre."— (La Harpe.)

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